
CONAKRY- S’achemine t-on vers une nouvelle crise entre l’opposition guinéenne et le gouvernement ? Après une petite lueur d’espoir que la recomposition de la commission électorale nationale indépendante avait suscité auprès des populations quant au dénouement de la crise, la classe politique est confrontée aujourd’hui à la désignation de ses représentants au sein de la CENI.
Deux blocs de l’opposition ont récemment estimé qu’ils seront les seuls à se faire représenter à la CENI. Affirmation aussitôt démentie par d’autres alliances telles que le Front d’union pour la Démocratie et le Progrès de Mamadouba Badiko.
Dans une sortie médiatique ce matin, le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation a apporté quelques précisions sur les 10 places qui sont réservées à l’opposition. Selon le ministre Alhassane Condé, ces places sont réservées à « l’opposition plurielle ». Il a précisé par la suite que même le groupe des centristes sera considéré comme étant des membres de l’opposition puisque selon lui « tous ceux qui n’appartiennent pas à la mouvance sont de l’opposition ».
Interrogé par notre rédaction, le porte-parole du collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et de l’alliance pour la démocratie et le progrès a vigoureusement réagit face à cette position exprimée par le ministre Alhassane Condé.
Aboubacar Sylla a estimé que c’est le ministre lui-même qui alimente la confusion en tenant ces genres de propos « Comment voulez-vous qu’il (le ministre Condé, Ndlr) soit plus royaliste que le roi. Les partis politiques membres du centre ont dit plusieurs fois ici qu’ils ne sont pas de l’opposition. Jean Marie Doré (leader de l’UPG, membre du club des républicains, alliance du centre, Ndlr) a lui-même dit qu’il allait demander un amendement de la constitution pour exiger à ce qu’on prenne compte du centre » a entamé le porte-parole de l’ADP et du collectif.
« Nous n’accepterons pas que le quota réservé à l’opposition soit dilué par des partis politiques qui n’ont jamais exprimé une quelconque revendication vis-à -vis du pouvoir » a-t-il poursuivit.
Dans son discours du 2 octobre dernier, le président Alpha Condé a prévenu que « Le train va partir de la gare, le train des élections législatives. Ceux qui monteront dedans iront, ceux qui ne monteront pas resteront sur le quai. Personne n’arrêtera plus la Guinée dans sa marche en avant ».
Deux ans après l’installation du président Alpha Condé à la tête du pays, la Guinée peine encore à organiser ses élections législatives.
De son côté, la communauté internationale continue à appeler de tous ses vœux à l’organisation de ces élections pour mettre un terme à la transition qui a débuté depuis le mois de décembre 2008.
SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour AFRICAGUINEE.COM
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  Rubrique: Politique  date: 04-Oct-2012 ŕ 21:10:56  Partager:   :  |