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Massacres du 28 septembre 2009: Les victimes attendent ...





CONAKRY-A quand l'inculpation du Capitaine Dadis Camara et son ex aide de camp, le Lieutenant Aboubacar Toumba Diakité? Trois ans après les massacres du 28 septembre 2009 où 157 civils avaient péris, les plaies sont encore ouvertes.Les victimes de viols, et les proches des disparus continuent de réclamer justice!Le Président du collectif des associations des évènements du 28 septembre 2009, Ibrahima Barry s'est confié à notre rédaction...

AFRICAGUINEE.COM : Trois ans après ces douloureux évènements du 28 septembre 2009, peut on savoir quel est l’état d’âme des victimes et de leurs parents ?

IBRAHIMA BARRY :
Je vous remercie d’abord et je profite de l’occasion pour rendre hommage à nos martyrs qui sont tombés dans ce stade le 29 septembre 2009. A ce jour, les victimes continuent de souffrir, surtout les femmes qui ont été violées et les familles qui ont perdu leurs frères, leurs sœurs ou leurs mères, qui ont disparus dans ce stade et dont les corps n’ont pas été encore retrouvés. Vous comprendrez que c’est avec une grande difficulté et avec une douleur que nous organisons encore une fois cette triste commémoration à la mosquée « Fayçal ».

AFRICAGUINEE.COM : Peut-on connaître le nombre exact de victimes dont les corps n’ont pas été retrouvés ?

Nous avons recensé 90 corps qui ont disparu. Chaque année nous choisissons un thème. L’année dernière nous avons pris le thème portant sur les violences liées au genre et cette année ça va porter sur les disparitions.

AFRICAGUINEE.COM : Comment se fait la prise en charge des victimes notamment les femmes qui ont été violées ?

Aujourd’hui on a des structures qui s’en occupent mais je pense qu’elles ont un réel problème psychologique parce que la plupart d’entre elles ont des séquelles. Nous demandons vraiment l’assistance du ministère de la santé et des organismes internationaux de venir en aide à ces victimes.

AFRICAGUINEE.COM : A quel niveau se trouve le dossier judiciaire dans le cadre de cette affaire ?

A ce jour nous avons eu six inculpations. La dernière en date est celle du colonel Cherif Abdoulaye, ancien ministre de la santé du gouvernement du capitaine Moussa Dadis Camara. Donc nous notons quelques avancées dans le volet judiciaire mais nous pensons qu’il y a beaucoup à faire puisque à notre avis , pour l’instant c’est seulement les deuxièmes couteaux qui ont été inculpés. Les premiers couteaux qui ont été cités dans le rapport des nations unies sont là et qui n’ont pas été inquiétés jusqu’à ce jour.




AFRICAGUINEE.COM : Concrètement qui sont ce que vous appelez « premiers couteaux « ?

Je ne saurais le dire mais je veux dire par là que tous ceux qui ont été cités dans le rapport des nations unies doivent être entendus.

AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que vous avez des nouvelles du lieutenant Toumba Diakité qui est considéré comme l’un des cerveaux de ces massacres ?

Non ! On n’a pas de nouvelles de lui !

AFRICAGUINEE.COM : Avez-vous un appel à lancer à l’endroit des autorités guinéennes ?

Oui ! Nous lançons un appel de paix, d’apaisement et de réconciliation, surtout de dialogue. Nous appelons tous les guinéens à la table de dialogue, la Guinée est une et indivisible. Je pense qu’il faut faire en sorte d’éviter un deuxième 28 septembre, il faut éviter la création d’autres associations de victimes. Pour cela, nous lançons un vibrant appel au gouvernement, aux partis politiques, à la société civile, de s’assoir autour d’une table pour trouver des solutions idoines aux problèmes de la paix car les enfants de ce pays ont envie de grandir dans la paix et la quiétude.

AFRICAGUINEE.COM : Pensez-vous qu’il y a de l’espoir que la communauté internationale à travers la CPI se saisisse du dossier du 28 septembre ?

Evidemment oui ! A ce stade ils (les juges d’instruction de la justice guinéenne, Ndlr) ont entendu à peu près 240 victimes sur les 6000 en trois ans. Donc faites le calcul et voyez dans combien d’années ils vont pouvoir entendre toutes ces victimes. On a l’espoir que s’il n’y a pas de volonté réelle de la part de la justice guinéenne de régler ce problème, il y aura forcément une auto saisine de la CPI (Cour pénale internationale, Ndlr), cette promesse nous a d’ailleurs été faite par cette institution.

AFRICAGUINEE.COM : Pour terminer M. Barry, peut-on savoir d’où proviennent les fonds avec lesquels votre organisation fonctionne ?

Nous, personnellement on a pas reçu de fonds. Au niveau du collectif des associations des victimes, c’est du bénévolat que nous faisons. Pour l’instant donc, nous on a pas reçu de fonds et cela d’aucune structure pour entretenir ces victimes ou tout au moins les réinsérer.

INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33

  Rubrique: Dossier du Jour  date: 28-Sep-2012 ŕ 14:40:49  Partager:   :

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