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El-hadj Mamadou Sylla rompt le silence:"La vérité c'est qu'il y avait une guerre de clans et d'aucun


[IMG1]Objet de vives polĂ©miques en GuinĂ©e,le patron de Futurelec Holding,El-hadj Mamadou Sylla sort de son silence.Dans cet entretien , qu'il nous a accordĂ© dans sa rĂ©sidence Ă  Ngor, Elhadji Mamadou SYLLA retrace son parcours, ses dĂ©mĂȘlĂ©s au sein du patronat guinĂ©en et son emprisonnement avec l'ex- ministre FodĂ© SOUMAH, et aussi ses ambitions politiques en guinĂ©e...


NLS-GuinĂ©e-"La Voix":Elhadji Mamadou Sylla, vous ĂȘtes Ă  la tĂȘte du patronat guinĂ©en et d'un holding fort de neuf filiales. Pouvez-vous retracer Ă  l'intention de nos lecteurs, les points saillants de votre parcours pour le moins brillant ?

Elhadji Mamadou SYLLA : je vous remercie pour l'opportunité que vous m'offrez de m'exprimer à travers les colonnes de vos différents journaux. Je dois dire que, comme beaucoup d'opérateurs économiques, je suis parti du bas de l'échelle vers le sommet. J'ai débuté les affaires d'abord dans le secteur informel en faisant de l'import-export. Petit à petit, nous avons réussi à mettre en place une structure formelle une sàrl (Société à responsabilité limitée), puis une SA avant d'implanter un holding.
C'est ainsi que nous avons pratiquement tous les secteurs économiques en créant le maximum d'emplois avec l'aide de Dieu.

MalgrĂ© votre rĂ©ussite sociale et l'icĂŽne que vous reprĂ©sentez dans le monde des affaires en GuinĂ©e, l'unanimitĂ© ne semble pas ĂȘtre de mise autour de votre personne au sein du patronat guinĂ©en. En effet, en mai 2007, vous vous ĂȘtes retrouvĂ©, nez Ă  nez avec Elhadji Youssouf DIALLO lors d'une rĂ©union du Bureau International de Travail, (BIT) Ă  GenĂšve, et tous les deux sous la casquette de prĂ©sident du patronat guinĂ©en . . . ?

Vous savez, les gens parlent dĂšs fois de choses qu'ils ignorent manifestement, ce matin mĂȘme j'ai parlĂ© longuement avec mon homologue sĂ©nĂ©galais Baidy AGNE et nous discutions de nos expĂ©riences respectives. Le gars dont vous parlez est un dissident et il est libre de suivre sa propre voie. Seulement on ne peut pas ĂȘtre dissident et utiliser le label de ceux que vous contestez. Je crois qu'il faut ĂȘtre cohĂ©rent dans la vie.

Prenons le SĂ©nĂ©gal par exemple oĂč on compte plusieurs mouvements dans le patronat. Chaque mouvement fonctionne correctement et dans le strict respect des autres. Quand les intĂ©rĂȘts de patronat sont en jeu, tout le monde fait bloc autour de l'essentiel. C’est comme cela que je perçois les choses. Maintenant on peut comprendre qu'il y ait d'autres soubassements politiques dans l'action de cet homme. Il n'a qu'Ă  mettre en place sa propre structure et essayer de faire mieux que moi.

D'autre part, il vous aurait reproché d'avoir fait main basse sur 1'600'000.- dollars au préjudice de la caisse du patronat. Qu'en-est-il exactement ?

Encore une fois, je ne me laisse pas distraire par certaines contrevĂ©ritĂ©s. Je suis Ă  la tĂȘte du patronat guinĂ©en depuis sa crĂ©ation. Le siĂšge social est gratuitement logĂ© chez moi, j'ai personnellement Ă©quipĂ© les locaux et les salaires sont payĂ©s de ma propre poche. J'ai achetĂ© Ă©galement des vĂ©hicules de ma poche pour le bon fonctionnement de notre structure. A un certain moment mĂȘme, quand ce dissident dont vous parlez commissaire aux comptes et qu'un des vices prĂ©sidents avait profĂ©rĂ© des accusations en mon encontre, l'affaire Ă©tait enrĂŽlĂ©e devant la justice et j'ai eu gain de cause.

Vous avez Ă©tĂ© Ă©galement emprisonnĂ© en mĂȘme temps que FodĂ© Soumah (ex-ministre de la jeunesse) et libĂ©rĂ©s sur ordre du prĂ©sident Lansana ContĂ©. Comment avez-vous vĂ©cu cette Ă©preuve?

C’était moralement trĂšs dur. Je pouvais penser Ă  tout sauf me retrouvez un jour en prison. Mais en tant que croyant, je m'en suis remis Ă  Dieu.Pour revenir maintenant Ă  l'origine de cette incarcĂ©ration, il faut dire tout simplement qu'il s'agissait d'un faux problĂšme. A preuve l'agent judiciaire de l'Etat dĂ©tient aujourd'hui les comptes qui ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par la juridiction compĂ©tente et qui sont crĂ©ditĂ©s de 105 milliards en ma faveur. C'est plus d'un million de dollars. Alors comment comprendre que quelqu'un qui doit deux millions ait des comptes crĂ©ditĂ©s de plus de trente millions? La vĂ©ritĂ© c'est qu'il y avait une guerre de clans et d'aucuns ont voulu en profiter pour me liquider. Aujourd'hui, la vĂ©ritĂ© commence Ă  sortir, il n'y a pas encore une semaine l'une des plus farouches ennemis de Elhadji Mamadou SYLLA, une certaine Chantal COLLE, vient d'ĂȘtre expulsĂ©e au sortir d'une confĂ©rence de presse dans laquelle elle dĂ©nonçait les gaspillages du premier ministre depuis son avĂšnement Ă  la primature.

Tout à l'heure, il est ressorti dans vos propos une implication de la politique partisane dans le monde des affaires en guinée. Quel est l'impact de la situation politique aujourd'hui dans l'économie guinéenne surtout quand on sait que les investisseurs, pour s'implanter dans un pays, regardent d'abord s'il présente des condition de stabilité sociale?

J'avoue que notre situation politique joue beaucoup sur l'économie nationale. A chaque fois qu'il y a un petit mouvement dans le pays, cela se fait ressentir au niveau de nos affaires. Au niveau du patronat, nous faisons des campagnes de sensibilisations, nous organisons des conférences et ne cessons, véritablement d'envoyer un signal aux politiciens pour une meilleure entente de la classe politique.

Quel est aujourd’hui l'apport du tissu industriel et de la production agricole dans l'Ă©conomie guinĂ©enne?

Pour ce qui est du tissu industriel, je crois qu'il faudrait d'abord penser Ă  rĂ©sorber certains manquements.C'est un secteur extrĂȘmement coĂ»teux et on a souvent des problĂšmes d'Ă©lectricitĂ© qui ralentissent la production. Et cela entraĂźne immanquablement des pertes sĂšches pour les opĂ©rateurs Ă©conomiques que nous sommes et pour l'Ă©conomie nationale. Maintenant pour ce qui est de la production agricole, elle est liĂ©e au climat. Nous devions avoir des banques de donnĂ©es pour tout cela. Malheureusement, il n'ya pas de coordination et c'est difficile de s'arrĂȘter Ă  des chiffres qui ne feront pas l'unanimitĂ©.

Comment appréciez-vous le débat sur les A P E (Accords de Partenariat Economiques voulus par l'Union Européenne?

Elhadji Mamadou SYLLA : Nous étions là à Dakar le 30 novembre passé pour débattre la question. Nous sommes pour un partenariat civilisé et avons fait savoir notre position.

Est-il difficile de créer une entreprise en guinée?

Mais pas du tout! Je suis le président du conseil d'administration de l'office de promotion des investisseurs privés et du centre de formation des entreprises. Aujourd'hui en 24 heures, on peut créer sa société en guinée et l'agrément ne va pas au-delà de 72 heures.

On vous dit trĂšs proche du prĂ©sident Lansana ContĂ©. D’aucuns disent que vous ĂȘtes l'argentier de la famille prĂ©sidentielle . . .

Avec le président Conté c'est Dieu qui a voulu que nous ayons de trÚs bons rapports. C'est une chance pour moi. Avant moi il a rencontré d'autres opérateurs économiques sans pour autant s'attacher à eux. Quand on s'est rencontrés, il m'a aussitÎt accepté et j'en rends encore grùce à Dieu.

Combien d'employés comptés-vous dans votre holding?

Plus de 1000 employés dont beaucoup de cadres notamment des anciens ministres, des anciens employés de la banque mondiale et j'en passe.

Avez-vous des ambitions politiques?

Les gens me demandent cela souvent. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Il ne faut pas précipiter les choses. Dieu reste seul maßtre de notre destin et s'il m'envoie demain explorer d'autres terrains, je demanderai tout simplement qu'il éclaire ma voie.

La Voix et www.nlsguinee.com vous remercie

C'est Ă  moi de vous remercier et bonne chance.

Interview réalisée par Sidimé Alpha Kabinet de www.nlsguinee.com
et Mr Diome du journal La Voix
Correspondant de www.nlsguinee.com au Sénégal.
BP: 28519 Médina-Dakar
Contact : alpha. sidime@gmail. com

Africaguinee.com

  Rubrique: Interview  date: 01-Apr-2008 à 14:17:18  Partager:   :

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