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Jeunesse et politique: Entretien avec le ministre Sanoussi Bantama Sow...

CONAKRY-Quel avenir pour les jeunes guinéens avec la gouvernance d'Alpha Condé?Que reste-il du gouvernement après le départ de deux ministres de Lansana Kouyaté?Pour le ministre de la jeunesse et de l'emploi des jeunes, l'occupation de la jeunesse est l'une des clés pour lutter contre les violences dans le pays.Sanoussi Bamtama Sow invite les jeunes à intégrer des projets pour sortir de la pauvreté.Dans cet entretien, ce ministre qui a défendu les couleurs du Rassemblement du peuple de Guinée(RPG) depuis les bancs de l'université, aborde certains sujets d'actualité nationale.Il s'est confié à notre rédaction...
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour monsieur le ministre !
SANOUSSY BANTAMA SOW : Bonjour monsieur Souaré !
AFRICAGUINEE.COM : Vous venez de demander à toutes les sociétés minières de prendre en compte le problème de l’emploi des jeunes. Pensez-vous que cela va résoudre le problème de chômage au niveau de la couche juvénile ?
SANOUSSY BANTAMA SOW : D’abord je vous remercie. Si vous avez remarqué ces deniers temps il y a eu des manifestations presque dans toutes les zones minières. À SEMAFO, à Simandou, à Lola, et récemment à Zogota. C’est parce que les gens ne tiennent vraiment pas compte de la jeunesse. On vient toujours en sapeurs pompiers. C’est pour cela que j’ai réfléchi avec un certain nombre de cadres de mon département pour voir la problématique de l’emploi des jeunes dans les sociétés minières. Donc nous allons organiser une très grande concertation avec les sociétés minières, nous allons nous asseoir parler carte sur table pour voir comment prévenir. Parce qu’il ne faut pas venir en pompier, mais il faut prévenir. Nous allons voir concrètement comment associer la jeunesse dans la gestion de ces sociétés minières. Pas gestion en tant que dirigeants de la société, mais les amener à être désormais les gardiens de ces sociétés. Cela nécessite qu’on tienne compte de tous les problèmes de la jeunesse. Si vous avez constaté dans la région de Bouré, la SAG, avec la CPD sont en train de réaliser des maisons de jeunes dans tous les villages. Puisque si la jeunesse n’a pas un cadre idéal de rapprochement pour faire des rencontres de concertation, les gens vont se retrouver dans la rue ou dans les maquis. Et s’il y a des emplois disponibles, par exemple les emplois de chauffeur, de manœuvre. Si les sociétés ne tiennent pas compte de la présence des jeunes originaires de la localité, on fait venir des gens d’autres régions ou d’autres pays, on ne pourra pas canaliser les jeunes. C’est pour cela très rapidement, je vais adresser des courriers à toutes ces sociétés, je vais organiser une tournée en partenariat avec le ministère des mines, le ministère d’Etat à l’énergie et à l’environnement, rencontrer toutes ces sociétés minières, discuter clairement et en finalité organiser une journée de concertation sur la problématique de l’emploi des jeunes dans les sociétés minières.
AFRICAGUINEE.COM : Quels genres de projets dispose par exemple, votre département pour aider les jeunes en difficulté ?
SANOUSSY BANTAMA SOW: Vous savez, il y a juste trois semaines, nous avons lancé le projet assainissement avec le fond national de consolidation de la paix des Nations-Unies, pour préparer les jeunes en période électorale. Donc, nous avons lancé le projet assainissement dans la ville de Conakry et dans 16 préfectures de la Guinée où les jeunes vont participer à l’assainissement de ces villes à partir de maintenant jusqu’après les élections. Ça leur permettra d’avoir des occupations. Cela concerne 2550 emplois permanents et 1550 emplois temporaires. Donc, c’est l’un des projets, et le Chef de l’Etat a octroyé dans le même cadre 160 tricycles à ce projet pour faciliter le ramassage des ordures dans ces différentes villes. C’est un projet que nous disposons maintenant à l’heure où je vous parle au sein du ministère de la Jeunesse.
AFRICAGUINEE.COM: Il y a aussi le fond national d’insertion de la jeunesse. Parlez-nous de ce fond...
SANOUSSY BANTAMA SOW : Le fond national d’insertion de la jeunesse (FONIJ) qui existe je crois depuis 2008-2009, est un fond pour aider les jeunes à se prendre en charge. Je le dis très souvent, on reçoit beaucoup de projets de la part des gens parce qu’ils se croient jeunes. Tandis que l’âge du jeune varie entre 15 à 35 ans. Ensuite, il y a deux modalités de financement, il ya le financement individuel et le financement collectif. Le financement individuel varie entre 5 à 15 millions de francs guinéens. Et le financement collectif ne dépasse pas 50 millions de francs guinéens. Donc nous avons financé plein de projets, à Gaoual, à Labé, à Mamou, et nous avons terminé le projet ‘’vivre contre apprentissage’’ qui a concerné 1000 jeunes dans la ville de Conakry et qu’on a lancé l’extension de ce projet à l’intérieur du pays, cela concerne 500 jeunes. Tout ça avec le FONIJ. Ensuite il y a le projet ‘’Taxi moto’’, à l’heure où je vous parle, nous avons monté le projet pour les centres de couture dans les grandes villes de la Guinée. Par exemple Kissidougou, Nzérékoré, Siguiri, Mamou, Labé et Kindia, où nous allons donner au moins 200 machines à coudre pour les associations de jeunes filles. Tout cela, ce sont des projets montés par le département même, mais le fond est ouvert à tous les jeunes porteurs de projets. C’est pour cela partout où je passe je dis aux jeunes de monter leur projet, s’ils ne peuvent pas le faire, il y a des cadres au département, formés pour cela qui peut les aider à monter les projets qui vont être financés par le département pour un premier temps. Et pour un second temps, il y a le fond de solidarité national que le président a donné, qui s’évalue à 30milliards et qui est destiné à la jeunesse. Tous les projets que nous ne pourrons pas financer seront dirigés vers ce fonds parce qu’il est destiné aux jeunes et aux femmes. Donc les jeunes peuvent monter leurs projets, et ne pas dire seulement aidez-nous. L’administration, la fonction publique ne peut pas supporter tous les jeunes qui ont fini les études ou les jeunes qui n’ont pas été à l’école. Aussi, on vient de recruter 518 jeunes à la fonction publique qui vont être envoyés dans tous les services administratifs et financiers, dans les départements et dans les grandes entreprises nationales du pays.
AFRICAGUINEE.COM : Sur le plan politique, quel commentaire faites-vous sur la démission des deux ministres issus de l’opposition c'est-à -dire du PEDN ?
SANOUSSY BANTAMA SOW : Vous savez beaucoup de personnes ont dit que c’est un non-évènement. Mois je dis que c’est un grand évènement parce que beaucoup de personnes pensaient que c’est seul le RPG (parti au pouvoir, Ndlr) qui gérait ce pays. Les gens ne savaient pas que l’opposition était représentée. L’opposition est représentée pas seulement dans le gouvernement, il y a beaucoup de grands directeurs, de chefs de services qui sont là . Donc cela a permis aux gens de savoir qu’il y a des gens qui représentent l’opposition. Cela est le premier aspect. Le second, vous savez, vous ne pouvez pas être dans le gouvernement et être contre le gouvernement ! Vous vous rappelez que Kouyaté avait dit que le gouvernement a échoué. Alors si le gouvernement a échoué alors qu’il a deux éléments dans le gouvernement, cela veut dire que ce sont eux qui ont amené le gouvernement à échouer. Donc je remercie le bon Dieu du fait que ces deux éléments aient quitté. Il y a un homme politique ivoirien qui disait « un pied dedans, un pied dehors, c’est dehors ». Les gens ne peuvent pas être dans le gouvernement et avoir des idées contraires aux objectifs du président et du gouvernement. C’est une très bonne chose que tous ceux qui ne croient pas aux objectifs du président partent et qu’ils permettent au président de réaliser toutes les promesses qu’il a eu à prendre depuis plus de 20 ans au peuple de Guinée.
AFRICAGUINEE.COM : Récemment le comité de crise sur Zogota avait demandé la démission de cinq membres du gouvernement dont vous-même M. Bantama Sow. Quelle est votre réaction ?
SANOUSSY BANTAMA SOW : Je ne vais pas répondre à cette question puisque, les gens qui parlent, le font au nom de qui ? Qui ils sont ? On a entendu parler, les gens qui parlent et qui se réclament originaires de la Guinée forestière, le cas de Zaoro, on ne les a pas entendu parler. Honnêtement je ne réponds pas à ces gens. Et le gars qui se dit porte-parole (Dr Faya Millimono, Ndlr), il parle au nom de qui ? Il n’a même pas un parti politique, il n’a même pas une mouche derrière lui. Donc honnêtement je ne réponds pas à ces choses. Le président a décrété récemment une journée de recueillement et de prières pour tous ceux qui sont morts dans le naufrage de Téménétaye, et les morts de Zogota. Aujourd’hui, le message que nous sommes en train de faire passer, c’est un message de paix et de réconciliation nationale puisque la Guinée ne pourra pas se développer sans la paix et l’unité nationale. Donc je lance un appel à toutes les personnes qui sont en train aujourd’hui de tenir des discours qui divisent la population, je leur demande vraiment d’arrêter, ce pays n’a plus besoin de cela, il a plutôt besoin de décoller maintenant, parce depuis plus de cinquante ans, pas d’eau, pas d’électricité, pas de routes, pas de bonnes écoles, pas de centres de santé dignes de nom. Alors la Guinée n’a plus le droit de continuer à patiner. Donc je demande à tout le monde, opposition, gouvernement, donnons-nous la main, la Guinée ne mérite pas ça.
AFRICAGUINEE.COM: On sait que la période électorale est généralement très mouvementée. Comment comptez-vous vous y prendre pour éviter l’instrumentalisation des jeunes pendant cette période ?
SANOUSSY BANTAMA SOW : Comme je viens de dire tout à l’heure, on a lancé le projet d’assainissement à Conakry et à l’intérieur du pays. En plus de cela, nous allons continuer à faire passer le message à la jeunesse guinéenne d’être unie et d’être une jeunesse responsable, en refusant la manipulation. On nous utilise pour rien, les politiciens nous utilisent, quand ils ont ce qu’ils veulent, même quand tu les appelles au téléphone pour t’aider à acheter ton ordonnance, ils répondront qu’ils sont occupés. Et on dira que la jeunesse n’a pas d’expérience, on ne peut pas associer la jeunesse à la gestion du pays. Donc donnons-nous la main, puisqu’honnêtement ce n’est pas bon qu’un jeune guinéen aille devant une ambassade aujourd’hui pour demander un visa, si on a la bonne gouvernance dans ce pays. Ce pays a tout ce qu’il faut pour que les jeunes guinéens restent ici. La Guinée ne compte pas plus de 12 millions d’habitants, on a tout ce qu’il faut, donc battons-nous pour la bonne gouvernance et refusons la manipulation. Honnêtement, moi je le dis haut et fort, qu’une seule ethnie ne peut pas gouverner ce pays. Peulh, Soussou, Malinké, Forestier, nous sommes condamnés à vivre ensemble. Si des gens se battent derrière une ethnie croyant qu’ils auront le pouvoir, aucune ethnie ne peut avoir le pouvoir ici et gouverner seule. Moi je suis peulh, si Alpha Condé se battait seulement pour les malinkés, je ne serais jamais ministre. Et je n’avais jamais occupé un poste qui me permettait d’occuper le poste de ministre. C’est parce que le président sait que j’ai été un jeune responsable, je me suis battu, j’avais une conviction depuis le lycée jusqu’à l’université et j’ai défendu tout ce qu’il fallait pour que ce pays-là change. C’est pourquoi aujourd’hui, je suis toujours sur ce chemin. Donc je demande à tous les guinéens de se donner les mains, nous sommes condamnés à vivre ensemble. Vous avez vu en Sierra Léone, les gens se sont battus pendant plus de dix ans, ils ont fini par se réconcilier. Donc évitions la guerre dans ce pays.
AFRICAGUINEE.COM : Un mot sur la démission du président de la CENI ?
SANOUSSY BANTAMA SOW : Je ne vais vraiment pas m’aventurer très souvent dans les questions politiques. Parce qu’ici je parle en tant que ministre de la jeunesse. Maintenant si vous voulez que je me prononce sur les questions politiques, là je vais vous rencontrer au parti (le rassemblement du peuple de guinée-RPG-Arc-en-ciel, Ndlr) pour vous donner mon point de vue sur les questions concernant la politique.
AFRICAGUINEE.COM : Votre dernier mot, M. le ministre…
SANOUSSY BANTAMA SOW : Vraiment je vous remercie sincèrement, parce que les jeunes guinéens ont besoin de savoir ce que nous sommes en train de faire. Puisque depuis l’indépendance, c’est la première fois qu’on sépare le ministère de la jeunesse au ministère des Sports. Tout ce que les ministres faisaient ici concernaient le Sily national. Et je vous le dis ici que la plupart des ministres qui se sont passés ici ont été des ministres du Sily National, même pas du Sport. Puisqu’à chaque fois le Sily perdait les ministres étaient virés. Les gens ne faisaient pas des actes concrets dans l’organisation de la jeunesse. C’est pour cela, lors de la journée nationale de la jeunesse qui aura lieu du 24, 25 et 26 septembre à Dabola, nous allons discuter sur tous les textes organisationnels de la jeunesse. Là , nous allons adopter les textes sur la structure faitière de la jeunesse. Une fois de plus merci, et les portes du ministère de la jeunesse sont grandement ouvertes, à chaque fois qu’il y a des choses que vous ne comprenez pas, venez, nous serons disposés à vous à vous recevoir et à vous donner notre point de vue.
INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33
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  Rubrique: Société  date: 11-Sep-2012 à 09:53:18  Partager:   :  |
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