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Sortie de crise en Guinée: Ce qu'en pense Lansana Kouyaté du PEDN...





CONAKRY-L'opposition va répondre à l'appel du président Alpha Condé pour relancer le dialogue politique en Guinée. C'est en substance le message de Lansana Kouyaté du parti de l'espoir pour le développement national (PEDN) qui s'est entretenu ce weekend avec des délégués de la CEDEAO.Dans cet entretien, l'ancien premier ministre revient sur les priorités affichées par l'opposition pour la tenue des législatives en Guinée.Exclusif...

AFRICAGUINEE.COM: Bonjour M. Kouyaté!

LANSANA KOUYATE:
Bonjour M. Diallo !

AFRICAGUINEE.COM: Vous venez d’avoir un tête-à-tête avec le président de la Commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo. Dites-nous quelles ont été les grandes lignes des points que vous avez abordés avec lui ?

LANSANA KOUYATE:
Ce matin je n’ai pas pu être là avec les autres partis. Et aussi mon cher ami Ouédraogo m’a demandé de venir le rencontrer, c’était pour avoir un tête-à-tête. Ce tête-à-tête on l’a eu, c’était pour savoir exactement ce qui s’est passé. Et pourquoi ce blocage, et tout à tourné autour de ça et nous lui avons dit l’impasse dans laquelle nous sommes. Et nous lui avons expliqué réellement les raisons pour lesquelles les élections ont tant duré à se mettre en place. C’est six mois normalement après les présidentielles que ces élections législatives devraient se tenir et nous sommes pratiquement à deux ans. Entre le premier et second tour, nos avons mis quatre mois. Ce sont quelques raisons que nous lui avons expliqué. Alors il a posé la question pourquoi ? La réponse est simple c’est parce que la faction qui a porté le président au pouvoir n’a pas été brisée dès le début. Pourquoi le Sénégal, le Niger, la Côte d’Ivoire n’ont pas connu tant d’atermoiements. Je lui ai expliqué tout. Et pour le dialogue, c’est nous qui l’avons demandé, et on avait au moins une douzaine de revendications. Mais on les a abandonnés pour la plupart. Qui nous entend maintenant parler de la sécurité même des leaders, on en fait plus un problème. Partout où nous allons, nous sommes bloqués. J’allais l’autres fois à Fria j’ai été bloqué, Cellou Dalein a été bloqué, Sidya a été bloqué. A chaque fois, moi j’ai été bloqué à Kankan encore, mais tout ça faisait partie de nos revendications, mais qu’on a laissé à la faveur du dialogue que nous avions demandé. Alors je lui ai expliqué qu’en fait sur le dialogue c’est nous qui l’avions demandé. Mais on a abandonné tout ce qui ne concernait pas directement les élections législatives. Qu’il s’agisse de la libre circulation des leaders et de leur sécurité, de l’accès aux medias publics aux leaders. Ou qu’il s’agisse du vote même des guinéens de l’étranger. Puisque dans la constitution ce droit leur ait reconnu pour le vote élections législatives. Mais on a laissé tomber tout ça pour pouvoir sauver l’essentiel. Les deux que nous avons gardé, c’est la recomposition de la CENI, et l’affaire de Waymark, c'est-à-dire le fichier électoral.

AFRICAGUINEE.COM: Est-ce qu’il vous a rassuré de son implication personnelle et celle de la communauté internationale pour sortir la Guinée de cette impasse ?

LANSANA KOUYATE:
Oui bien sûr ! Même s’il ne m’a pas rassuré, le fait d’être là, est assez rassurant. C’est une bonne chose. Il semble être optimiste pour la première tentative. Mais nous lui avons dit vraiment d’être vigilent. Puisque quand on dit qu’il faut recomposer la CENI (commission électorale nationale indépendante, Ndlr), il faut savoir de quelle recomposition s’agit-il. Ce fameux Bloc de l’opposition Constructive (BOC) qu’on veut infiltrer là-dans, alors que nous sommes une myriade de quelques 160 partis politiques va galvauder totalement le sens d’une CENI qui va être propre. En plus de cela, il y a quand même le problème du fichier électoral. Waymark (société Sud Africaine, Ndlr) a été recrutée clandestinement. Si cela est fait, qui va s’opposer à quoi ? Nous voulons des élections, ceux qui sont pressés pour aller à ces élections, c’est nous, puisque à l’heure actuelle on n’a aucune contribution à l’édification de ce pays. Au moins quand tu es à l’assemblée, tu contribues. Pas nous-mêmes mais nos représentants vont contribuer au débat. Alors ceux à qui ce stade profite c’est le gouvernement qui prend des décisions, qui prend des décisions sur le plan économique politique. Voilà la vérité.

AFRICAGUINEE.COM: Quel commentaire faites-vous sur l’appel du chef de l’Etat au dialogue et ses instructions sur l’organisation des manifestations publiques ?

LANSANA KOUYATE:
Nous sommes prêts à répondre à n’importe quel dialogue. Le ministre de l’administration du territoire a demandé un dialogue autour des marches et des meetings, nous irons, nous viendrons exprimer nos positions. Puisque je ne puisse pas imaginer qu’on ait laissé tant de temps pour que ces meetings ne soient pas réglementés.

AFRICAGUINEE.COM: Un mot sur la démission du président de la CENI ?

LANSANA KOUYATE:
Je ne la commente pas parce que je ne connais pas encore la vérité autour de ça. Il y en a qui disent qu’il a démissionné, il y en a aussi d’autres qui disent qu’il n’a pas démissionné, enfin ! Je suis dans le flou vraiment.

AFRICAGUINEE.COM: Avez-vous lu sa déclaration ?

LANSANA KOUYATE: Non. Puisque j’étais en voyage c’est pourquoi d’ailleurs je ne l’ai pas lu. Mais le problème pour nous, c’est la recomposition de la CENI.


Propos recueillis par Boubacar 1 Diallo
Pour AFRICAGUINEE.COM

  Rubrique: Interview  date: 10-Sep-2012 ŕ 11:03:04  Partager:   :

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