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MALI: L'armée abat 16 islamistes présumés dans une voiture

BAMAKO-Un refus d'obtempĂ©rer a poussĂ© l'armĂ©e Ă considĂ©rer les passagers "comme des ennemis", selon les militaires. Le gouvernement ouvre une enquĂȘte.
Le gouvernement malien a ordonnĂ© dimanche 9 septembre une enquĂȘte aprĂšs une fusillade dans laquelle 16 membres prĂ©sumĂ©s d'une secte islamiste - 8 Maliens et 8 Mauritaniens - ont Ă©tĂ© abattus par l'armĂ©e dans le centre du Mali, au sud des zones du Nord occupĂ©es par des jihadistes.
L'armĂ©e - qui ne compte aucune perte dans ses rangs - a ouvert le feu dans la nuit de samedi Ă dimanche sur le vĂ©hicule de ces islamistes prĂ©sumĂ©s qui refusait de s'arrĂȘter dans la localitĂ© de Diabali (environ 175 km au nord de SĂ©gou), ont expliquĂ© plusieurs sources militaires, des gendarmes et un responsable au ministĂšre malien de la SĂ©curitĂ©.
Située à 235 km au nord-est de Bamako, Ségou est largement au sud de la limite des zones du Nord contrÎlées depuis cinq mois par plusieurs groupes islamistes armés, dont Ansar Dine et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Selon des sources militaires, sécuritaires et officielle, la fusillade a été déclenchée par le refus d'obtempérer, qui a poussé l'armée à traiter les islamistes présumés "comme des ennemis".
"Compassion et regrets" pour la Mauritanie
Dans un communiquĂ© publiĂ© dimanche soir, le gouvernement malien a prĂ©cisĂ© le bilan: "8 Maliens et de 8 Mauritaniens tuĂ©s par balle", et annoncĂ© avoir "ordonnĂ© l'ouverture immĂ©diate d'une enquĂȘte diligente dont les rĂ©sultats seront" rendus publics au Mali et en Mauritanie, pays voisin.
Le Mali "regrette vivement ce douloureux Ă©vĂ©nement" et a dĂ©pĂȘchĂ© Ă Nouakchott son ministre des Affaires Ă©trangĂšres, TiĂšman Coulibaly, pour exprimer Ă la Mauritanie de "vive voix la compassion et les regrets du peuple malien".
Dimanche soir, l'Agence mauritanienne d'information (AMI, officielle) a rapporté que 12 Mauritaniens appartenant à "un groupe exerçant des activités de prédication" ont été tués au Mali "par des forces de sécurité maliennes".
"Les autorités mauritaniennes sont en contact avec les autorités maliennes pour obtenir davantage d'informations (...) ainsi que pour rapatrier les dépouilles des Mauritaniens tués", rapporte l'AMI, citant une source officielle.
"Froidement tués"
Selon un responsable au ministÚre malien de la Sécurité, les 16 personnes tuées étaient des membres de la secte Dawa, originaire du Pakistan, et présente dans plusieurs pays du Sahel.
"D'autres personnes membres de cette secte, qui devaient (...) participer Ă une rĂ©union la semaine derniĂšre sur le territoire malien, ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es", a-t-il dit.
"La plupart des hommes tués sont des prédicateurs de la Dawa (...) Ils allaient participer à une rencontre" au Mali, a de son cÎté déclaré une source sécuritaire sans plus de détails.
D'aprĂšs des sources concordantes maliennes et mauritaniennes, les 16 personnes Ă©taient dans un seul vĂ©hicule et n'Ă©taient pas armĂ©es. "Elles avaient pour habitude de se rendre dans les campagnes et les villes pour prĂȘcher la cause de l'islam", selon une source mauritanienne.
Un Mauritanien, Dedi Ould Mohamed Mokhtar Ould Bouely, a affirmé que son cousin, Oumane Ould Eleyat, faisait partie des morts. Selon lui, il s'agissait d'un groupe de 16 jeunes prédicateurs qui se rendaient à une réunion de confrÚres à Bamako lorsqu'ils ont été pris pour cible. "Ils ont été froidement tués par l'armée malienne", a-t-il accusé.
Nervosité militaire
Cette fusillade survient dans un contexte de nervosité militaire au Mali, la ligne de partition du pays s'étant déplacée huit jours plus tÎt. Le 1er septembre, le Mujao a en effet pris, sans combat, la ville de Douentza (région de Mopti, centre), proche du Nord.
Le Mujao, Ansar Dine, des rebelles touareg et d'autres groupes armés, qui menaient des attaques contre l'armée dans le Nord, ont profité d'un coup d'Etat le 22 mars pour accélérer leur offensive et prendre le contrÎle de ces vastes zones entre fin mars et début avril.
Depuis, les islamistes ont évincé leurs ex-alliés rebelles touareg du Nord et menacent de représailles les pays et soutiens d'une force militaire que l'Afrique de l'Ouest se dit disposée à envoyer au Mali pour l'aider à recouvrer ses zones occupées.
Lenouvelobs.fr |
  Rubrique: News Afrique  date: 10-Sep-2012 à 08:56:39  Partager:   :  |
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