
BAMAKO-Le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, a "formellement" requis mardi une intervention des forces militaires de l'Afrique de l'Ouest pour reconquérir le Nord du pays aux mains des islamistes, a déclaré mardi à Ouagadougou un responsable français.
"Cette journĂ©e a Ă©tĂ© marquĂ©e par un dĂ©veloppement significatif puisque nous venons d'Abidjan oĂč le prĂ©sident Alassane Ouattara (prĂ©sident en exercice de la CommunautĂ© Ă©conomique des Etats d'Afrique de l'Ouest) nous a informĂ© que le prĂ©sident TraorĂ© a formellement adressĂ© une requĂȘte Ă la CĂ©dĂ©ao pour apporter une contribution de nature militaire pour la stabilisation du pays et surtout Ă la reconquĂȘte du Nord", a dĂ©clarĂ© le reprĂ©sentant spĂ©cial de la France pour le Sahel, Jean Felix-Paganon.
"Il s'agit là d'un développement important dont nous avons examiné avec le président (du Burkina Faso Blaise) Compaoré les développements possibles", a ajouté devant la presse Jean Felix-Paganon.
La CĂ©dĂ©ao s'est dĂ©clarĂ©e prĂȘte Ă envoyer au Mali une force de quelque 3.300 soldats, dont les contours restent flous, mais souhaite obtenir un mandat du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies et un soutien logistique occidental pour ce dĂ©ploiement, qui dĂ©pendait en outre d'une demande officielle des autoritĂ©s de transition maliennes.
Celles-ci avaient jusqu'à présent refusé l'envoi de troupes étrangÚres sur le territoire malien. Mais la situation a changé sur le terrain avec la prise sans combats le 1er septembre de la ville stratégique de Douentza (centre) par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un des groupes islamistes extrémistes armés contrÎlant depuis cinq mois le vaste Nord.
En tournĂ©e dans le Sahel, Jean Felix-Paganon qui doit se rendre Ă Niamey, Dakar et Nouakchott a indiquĂ© que le prĂ©sident Ouattara entendait procĂ©der Ă des "consultations" avec les pays membres de la CĂ©dĂ©ao sur la requĂȘte des autoritĂ©s de Bamako pour "voir ce qu'il convient d'en faire".
Le diplomate a par ailleurs soulignĂ© la "disponibilitĂ©" de la France Ă "contribuer aux efforts des Maliens eux-mĂȘmes" et Ă soutenir "diplomatiquement" les efforts de la CĂ©dĂ©ao au niveau du Conseil de sĂ©curitĂ©.
"Il est clair aussi que l'Union africaine, Ă un moment ou Ă un autre aura Ă ĂȘtre saisie", a indiquĂ© le diplomate français, qui a appelĂ© les diffĂ©rentes instances internationales Ă "travailler en Ă©troite coopĂ©ration les unes avec les autres".
Kidal, Gao et Tombouctou, les trois régions administratives composant le nord du Mali, sont tombées il y a cinq mois aux mains du Mujao et d'autres groupes armés, dont des rebelles touareg et jihadistes liés à Al-Qaïda. Les islamistes ont ensuite évincé leurs ex-alliés touareg et contrÎlent désormais totalement le Nord.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 05-Sep-2012 à 07:25:33  Partager:   :  |