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Syrie : Hollande prêt à intervenir en cas d'usage d'armes chimiques





PARIS-Si la Syrie faisait usage de ses armes chimiques, cela constituerait une «cause légitime d'intervention directe» de la communauté internationale contre le régime de Bachar al-Assad. C'est ce qu'à déclaré lundi après-midi François Hollande, lors du discours annuel aux ambassadeurs à l'Elysée. Une semaine après la déclaration de son homologue américain, le chef de l'Etat français s'est rallié à cette option, également approuvée par le Premier ministre britannique David Cameron.

Il a par ailleurs assuré que «la France reconnaîtra le gouvernement provisoire de la nouvelle Syrie lorsqu'il aura été formé». Estimant qu'il fallait «intensifier les efforts pour que la transition politique ait lieu vite», le président de la République a appelé l'opposition syrienne à «constituer un gouvernement provisoire, inclusif et représentatif qui puisse devenir le représentant légitime de la nouvelle Syrie».Mardi dernier, il avait reçu le Conseil national syrien (CNS), la principale formation politique d'opposition, à l'Elysée, l'incitant à fédérer les autres détracteurs du régime en place.

Accusé d'«attentisme» début août par l'UMP, le chef de l'Etat a multiplié les rencontres la semaine passée. Outre le CNS, il a rencontré le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe ainsi que l'émir du Qatar.

L'enjeu «concerne en particulier l'indépendance et la stabilité du Liban»

«Je le dis avec la solennité qui convient : nous restons très vigilants avec nos alliés pour prévenir l'emploi d'armes chimiques par le régime (syrien, Ndlr) qui serait pour la communauté internationale une cause légitime d'intervention directe», a dit le chef de l'Etat devant quelque 200 ambassadeurs français. «Je sais la difficulté de la tâche, je mesure les risques mais l'enjeu dépasse la Syrie. Il concerne toute la sécurité du Moyen-Orient et en particulier l'indépendance et la stabilité du Liban», a-t-il poursuivi. Depuis la semaine passée, des heurts liés à la situation syrienne ont lieu à Tripoli, une ville libanaise frontalière.

Lundi dernier, Barack Obama avait déclaré : «Jusqu'ici, je n'ai pas donné l'ordre d'intervenir militairement» en Syrie. Mais «si nous commencions à voir des quantités d'armes chimiques déplacées ou utilisées, cela changerait mon calcul et mon équation», a-t-il ajouté. Le président démocrate avait, lui aussi mentionné le devenir de la région. La question de ces armes ne concerne «pas seulement (...) la Syrie, mais aussi nos proches alliés dans la région, dont Israël».

Il égratigne Moscou et Pékin

François Hollande a, par ailleurs, critiqué la Russie et la Chine, qui se sont opposés à plusieurs reprises dans le dossier syrien à des résolutions au Conseil de sécurité de l'ONU. «Leur attitude affaiblit notre capacité à accomplir le mandat que la charte des Nations unies nous a confié», a-t-il affirmé.

Face aux Syriens qui fuient les combats et notamment Alep, la deuxième ville syrienne située à une cinquantaine de km avec la frontière turque, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a prévenu la semaine dernière que son pays ne pourrait accepter plus de 100000 réfugiés. Il a plaidé pour qu'une zone tampon en Syrie même pourrait être indispensable pour contenir le flot de réfugiés. Reprenant cette proposition, François Hollande a annoncé que la France «travaille» sur cette initiative, en précisant : «Nous le faisons en concertation avec nos plus proches partenaires».

Par ailleurs, jeudi dernier, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian n'a pas exclu une zone d'exclusion aérienne partielle.

Leparisien.fr

  Rubrique: International  date: 28-Aug-2012 à 13:06:32  Partager:   :

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