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Halte aux mutilations génitales féminines!





Pratiques séculaires et surtout rituelles qui ont une importance certes dans la vie culturelle de nos sociétés africaines, les mutilations génitales féminines sont de plus en plus contestées depuis plus d’une vingtaine d’années en Afrique. Ceci du fait de leurs rôles, dans la dégradation de la santé des femmes est de plus en plus établi par la communauté scientifique au niveau continental et même international.

En Afrique, dans plusieurs pays ayant ratifiés la convention africaine des droits de l’Homme et de la personne, l’excision et l’infibulation sont encore pratiquées et continuent à peser dangereusement sur la santé de plus de 120 Millions de femmes en Afrique; chiffre qui représenterait plus du tiers de la population féminine africaine selon le Groupe des femmes pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles et autres pratiques affectant la santé des femmes (GAMS).

L’on dénombrerait deux sortes de mutilations génitales sur le continent:l’excision qui est une pratique qui consiste à l’ablation d’une partie plus ou moins importante du clitoris et des petites lèvres, et l’infubilation qui est en plus d’être une excision, est une ablation des grandes lèvres dont les deux moignons sont souturés bord à bord. La vulve est remplacée par une cicatrice fibreuse, l’ouverture vaginale disparaît pour laisser la place à un minuscule orifice.

Dans tous les cas, l’on sait que ces deux pratiques sont toujours exercées en Afrique et représentent pour la femme une véritable action d’intégration dans la société ou ces pratiques existent depuis des millénaires. Plusieurs arguments sont portés pour justifier tant bien que mal l’excision. Parmi les plus infondés, on retrouve le contrôle de la sexualité chez la femme, la chasteté ou encore le besoin de garder leurs virginités jusqu’au mariage, gardant ainsi leurs familles respectives de la honte .

Dans les pays occidentaux comme la France, la grande Bretagne, la Hollande ce sont les familles immigrées qui pratiquent le plus souvent l’excision. En France, des actions en justice ont été à maintes reprises engagées contre des exciseuses spécialement «déplacée » pour faire le travail.Nombreuses sont les filles qui souffrent de ces traumatismes ou ont des complications et voir même des décès pendant leurs couches.

Souvent pratiquées par des personnes d’un certain âge qu’on appelle les « exciseuses », l’excision ou l’infubilation sont souvent pratiquées par des instruments souillés, non stérilisés qui sont le plus souvent vecteurs de maladies comme le VIH-SIDA ou le Tétanos.

Des voix ont d’ailleurs plaidés un moment pour la professionnalisation de la pratique pour limiter les dégâts. Plaidoyer que les associations de défense des droits des femmes ainsi que les associations corporatives ont rejettés, arguant une certaine “légalisation de la profession” alors qu’elle est pratiquée de nos jours dans plusieurs pays africains comme au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en République Centrafricaine, en Côte d’Ivoire, en Gambie, au nord du Ghana, en Guinée, en Guinée Bissaü, au Kenya, au Mali, en Mauritanie, au Nigeria, en Ouganda, au Sénégal, en Sierra Leone, en Tanzanie, au Togo, au Tchad.

Et selon le Groupedes femmes pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles et autres pratiques affectant la santé des femmes et des enfants, l’infibulation est pratiquée dans la corne de l’Afrique comme , l’Ethiopie, l’Erythrée etc.

La question des mutilations génitales féminines relance carrément le débat sur la nécessité de maintenir cette pratique dans nos sociétés qui sont les fruits d’un héritage anté- islamique, contrairement à ce que nombre de personnes croient. Dans aucune partie du saint Qu Oran, il n’est mentionné que l’excision est une pratique religieuse .
Ce débat relance aussi sérieusement la question de la condition des femmes dans nos sociétés et requiert une réflexion profonde afin d’adapter nos valeurs culturelles à nos besoins de santé publique et d’épanouissement.

Les plus pratiques et écoutés du débat sur l’excision prônent un maintien des rituels et la suppression des mutilations, car en Afrique, il ne faut pas l’occulter, l’excision est une étape essentielle dans l’éducation de la jeune fille. Cette période représente un stage au cours du quels les jeunes filles, en contact avec plusieurs de leurs camarades, apprennent des valeurs essentielles comme le sens de la famille, l’honnêteté, le devoir et elles connaissent mieux leurs devoirs de mère.

La polygamie, l’excision, le mariage forcé et précoce sont aujourd’hui mis sur la table par les africaines elles mêmes qui représentent plus de la moitié de la force de production dans nos sociétés africaines.

Alpha bacar BARRY
Buntingford, UK
Pour Africaguinee.com



  Rubrique: Coup de gueule  date: 23-Nov-2006 ŕ 00:00:00  Partager:   :

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