
CONAKRY-La Guinée va-t-elle réussir à organiser les élections législatives d'ici la fin de l'année 2012? A Conakry, peu d'observateurs de la scène politique guinéenne sont optimistes sur ce scénario, alors que le fossé se creuse davantage entre le pouvoir et l'opposition.
Malgré une accalmie au niveau des manifestations dans les rues de Conakry, les divergences sont très profondes entre le pouvoir et l'opposition.Et à ce rythme, les chances de voir la Guinée sortir de sa transition cette années sont très minces.
D'un côté, la commission électorale nationale indépendante(CENI) est loin de faire l'unanimité parmi les acteurs politiques.L'opposition réclame une recomposition paritaire de la CENI, alors que le pouvoir préfère le statu quo hormis une révision de l'article 162 du code électoral pour limiter les pouvoirs du président de la CENI.Quand aux modalités de cette révision, elles restent encore floues.
De l'autre, les divergences coagulent également autour du choix de l'opérateur chargé de réviser le fichier électoral.Une révision qui devrait prendre plusieurs semaines, mais le manque de consensus sur le choix de l'opérateur va certainement retarder le processus électoral.Le pouvoir a renouvelé sa confiance à l'opérateur sud-africain Way Mark, alors que l'opposition exige le choix d'un nouvel opérateur sur la base d'un appel d'offres.
Sur ces deux points, ni le pouvoir, ni l'opposition ne semble prêts à faire des concessions.On s'achemine donc, vers une nouvelle crise car le pouvoir n'exclut pas d'organiser les élections sans la participation des certains ténors de l'opposition notamment Cellou Dalein Diallo , Sidya Touré ou Lansana Kouyaté.Deux blocs de l'opposition ont menacé d'empêcher la tenue du scrutin, si les conditions de transparence ne sont pas réunies.Il s'agit du collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l'alliance pour la démocratie et le progrès (ADP).
D'ailleurs, ces deux blocs de l'opposition ont promis de déclencher les hostilités dès septembre prochain après la fin du ramadan musulman.
Malgré une discrète et timide médiation du conseil national de transition pour rapprocher le pouvoir et l'opposition, aucune sortie de crise ne se dessine pour l'instant à Conakry.
Quand à la tenue du scrutin d'ici fin 2012, c'est encore un vœu pieux car sans dialogue véritable et une volonté réelle des acteurs politiques guinéennes, aucune élection libre et transparente ne semble se profiler à l'horizon. Jusqu'à quand?
Mamadou Camara
Pour Africaguinee.com |
  Rubrique: Politique  date: 29-Jul-2012 ŕ 18:47:18  Partager:   :  |