
OUAGADOUGOU-Le Premier ministre malien de transition, Cheick Modibo Diarra, a rencontré mardi à Ouagadougou le président burkinabÚ et médiateur Blaise Compaoré pour lui présenter sa "feuille de route" afin de tenter de sortir son pays de la crise.
"Je viens voir le médiateur, non seulement pour lui remettre, comme cela a été demandé, une feuille de route, mais aussi m'entretenir avec lui sur tous les points de recommandations" du sommet ouest-africain du 7 juillet à Ouagadougou sur le Mali, a-t-il déclaré à son arrivée à l'aéroport.
A l'issue d'un entretien de deux heures au palais présidentiel avec M. Compaoré, M. Diarra a confirmé avoir discuté avec le médiateur de la "feuille de route de la période de transition" d'un an, mais aussi de la prochaine "formation d'un gouvernement d'union nationale", sans donner davantage de précisions.
Ce déplacement de M. Diarra dans la capitale du Burkina Faso intervient au lendemain d'un discours radio-télévisé à Bamako dans lequel il a promis la formation prochaine d'un gouvernement d'union nationale, comme l'a exigé la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) lors de son dernier sommet à Ouagadougou.
L'organisation régionale a donné aux autorités de transition jusqu'au 31 juillet pour former ce gouvernement, sous peine de sanctions.
"Les experts militaires de la CĂ©dĂ©ao sont en ce moment en train de travailler avec l'armĂ©e malienne pour faire une espĂšce d'audit de cette armĂ©e. Et donc, en fonction des rĂ©sultats de l'audit, il va falloir que nous puissions Ă©crire des requĂȘtes trĂšs prĂ©cises pour les Nations unies, l'Union africaine et la CĂ©dĂ©ao", a ajoutĂ© le Premier ministre malien, qui aprĂšs un dĂ©jeuner avec son hĂŽte devait repartir dans l'aprĂšs-midi pour le Mali.
La CĂ©dĂ©ao est prĂȘte Ă envoyer quelque 3.000 hommes au Mali, mais attend une demande formelle des autoritĂ©s de Bamako ainsi qu'un mandat de l'ONU.
L'objectif d'un gouvernement d'union nationale est d'unir toutes les forces du pays pour la reconquĂȘte du nord du Mali occupĂ© par des islamistes armĂ©s, et d'empĂȘcher les exactions commises Ă Bamako contre des personnalitĂ©s et des journalistes par des hommes armĂ©s considĂ©rĂ©s comme proches de l'ex-junte militaire qui reste trĂšs influente.
Les autoritĂ©s de transition, en place depuis le retrait en avril de militaires auteurs d'un coup d'Etat le 22 mars contre le prĂ©sident Amadou Toumani TourĂ©, ont Ă©tĂ© impuissantes Ă empĂȘcher l'emprise des groupes islamistes qui ont commencĂ© Ă appliquer la charia (loi islamique) au Nord.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 17-Jul-2012 à 17:55:47  Partager:   :  |