
PARIS-Etre sans papiers ne constitue plus un motif suffisant pour ĂȘtre placĂ© en garde Ă vue. La Cour de cassation a mis fin, jeudi, Ă une polĂ©mique sur le sĂ©jour irrĂ©gulier qui secouait la France depuis plus de six mois. Depuis dĂ©cembre et un arrĂȘt de la Cour de justice de l'Union europĂ©enne (CJUE), les tribunaux français rendaient, sur le terrain, des dĂ©cisions contradictoires. Certains, fixĂ©s sur le Code pĂ©nal, condamnaient des clandestins sur la foi d'une loi qui prĂ©voit un an de prison et 3.750 euros d'amende. Les autres, rivĂ©s sur la nouvelle directive europĂ©enne, libĂ©raient tout simplement les sans-papiers.
60.000 personnes concernées
La Cour de cassation a donc mis fin à ce débat qui concerne chaque année 60.000 personnes en situation irréguliÚre sur le territoire français.
Alors qu'elle distribuait des repas aux clandestins dans le port de Calais (Pas-de-Calais), Nadine Bouteille a accueilli la nouvelle avec satisfaction: «C'est Ă©norme! confie cette salariĂ©e de la Belle Etoile, une association locale. RĂ©guliĂšrement, les sans-papiers nous disent qu'ils ont peur d'ĂȘtre arrĂȘtĂ©s et surtout d'ĂȘtre expulsĂ©s... Maintenant, cette dĂ©cision ne rĂšgle pas tous les problĂšmes!»
S'ils ne peuvent plus ĂȘtre placĂ©s en garde Ă vue, les clandestins resteront toujours la cible des policiers. A la place d'une garde Ă vue, les forces de l'ordre peuvent tout de mĂȘme garder quelqu'un Ă disposition pendant quatre heures pour contrĂŽler son identitĂ©. «Il faudra voir si le gouvernement propose un nouveau rĂ©gime (lire ci-dessous), rĂ©agit David Rohi, de la Cimade. Mais le vrai problĂšme, c'est la politique du chiffre. C'est l'occasion de marquer une rupture avec les expulsions.»
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  Rubrique: Diaspora GuinĂ©enne  date: 06-Jul-2012 à 09:51:18  Partager:   :  |