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La France championne de la demande d'asile (Enquête)

PARIS-A l'heure où Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur annonce avec "fermeté" et "humanisme" qu'il n'y aura pas de régularisation massive des sans-papiers, mais que l'accessibilité des titres de séjours sera améliorée, il est bon de se rappeler que la France est occupe la première position en terme d'accueil parmi les pays d'Europe, et la seconde place dans le monde, derrière les Etats-Unis...
Ce phénomène touche d'autres pays d'Europe comme la Suisse (+44 %) et la Belgique. Pourtant selon l'OFPRA, seulement 10 702 personnes ont obtenu le statut de réfugié soit 18,7 % des dossiers déposés l'année précédente. Pourquoi tant de demandes pour si peu de résultats alors que d'autres pays accordent plus libéralement le statut de réfugié?
Pour demander l'asile, il faut avoir une chance sérieuse de l'obtenir et fournir la preuve des persécutions ou des menaces dont on a été victime. Les pays les plus demandeurs l'an dernier ont été le Bangladesh, la République Démocratique du Congo et l'Arménie. L'asile est le plus souvent refusé aux ressortissants des pays considérés comme "sûrs". Ceci explique que malgré les "révolutions arabes", il y ait eu moins de 800 dossiers acceptés pour les principaux pays concernés (Tunisie, Libye, Egypte, Syrie).
La demande d'asile n'est qu'une partie de la migration irrégulière. Les arrivées annuelles de migrants irréguliers se situeraient entre 80 000 et 100 000. 30 000 sont très discrètement régularisés. Autant sont reconduits dans le cadre de procédures d'expulsion ou de départs volontaires. Si l'on tient compte de ceux qui d'eux-mêmes changent de pays à l'intérieur de l'espace Schengen ou reviennent chez eux, le stock de migrants irréguliers résidant en métropole reste sensiblement constant : entre 350 000 et 700 000 selon les experts avec un chiffre moyen de 550 000 Plus environ 130 000 pour les DOM-TOM.
Ces migrants sont issus de quatre filières principales: la filière maghrébine, la plus constante et la plus ancienne, la filière d'Afrique subsaharienne aujourd'hui en forte augmentation compte tenu des écarts de niveau de vie et de la perte de confiance dans l'avenir immédiat de l'Afrique, la filière turque, la filière d'Extrême-Orient. S'y ajoutent les pays de l'Est, avec notamment la migration pendulaire roumaine, les Indo-pakistanais, les Haïtiens, le Proche et le Moyen Orient.
Tous les candidats à la migration ne connaissent pas la même réussite. Celle-ci suppose que le postulant dispose d'un capital. Capital financier pour payer son passage et ses premiers frais d'installation, capital intellectuel pour "vendre" sa force de travail et ses compétences dans le pays d'accueil, ou capital relationnel pour s'appuyer sur un réseau comprenant notamment les représentants de la diaspora installée. Sinon c'est la galère pour ceux qui ont cru trouver l'Eldorado.
Ces migrants pratiquent ce que les britanniques appellent "asylum shopping" et que nous traduisons maladroitement par "shopping migratoire". Choisir le pays où ils auront le plus d'avantages et le moins d'inconvénients. La France est un pays attractif parce qu'elle est très généreuse en matière de santé, d'éducation, de soutien social et d'aide au retour. Elle permet aussi depuis l'institution de la Cour Nationale du Droit d'asile de rester en moyenne 630 jours nourris, logés et soignés avant d'obtenir une réponse. Et de limiter les expulsions grâce à la mobilisation des associations d'aide aux sans-papiers.
En revanche elle n'est pas performante en matière d'offre de travail et de logement et de convivialité dans l'accueil. Sa générosité est aussi limitée concernant l'obtention du statut de réfugié ou l'octroi d'un titre de séjour. Les études que nous avons faites montrent que, sur une longue période, moins de la moitié des migrants en situation irrégulière ont obtenu satisfaction.
La migration irrégulière provoque un déficit annuel pour l'Etat de 4,6 milliards d'euros. Chiffre à méditer en ces temps de crise. Le nouveau ministre de l'intérieur, Manuel Valls, annonce qu'il n'y aura pas de régularisation massive des sans-papiers mais qu'on examinerait les demandes au cas par cas. Son prédécesseur socialiste en 1997, Jean-Pierre Chevènement avait donné les mêmes assurances. Mais sur les 115.000 dossiers déposés à l'époque, plus de 105.000 ont été finalement été régularisés.
Source:Economie-matin.fr |
  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 03-Jul-2012 à 12:53:38  Partager:   :  |
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