[IMG1]Après Charles Taylor, d'autres Chefs d'Etat africains vont-ils rendre des comptes? Ou alors ce procès est-il considéré comme une nouvelle forme de colonialisme? Certains africains parlent même d'un "tribunal de blancs".
« Un petit groupe d’enfants soldats a emmené un autre petit garçon pleurant et hurlant. Ils ont mis son bras droit sur une bûche, et l’a amputé au niveau du poignet », raconte un homme présent dans le banc box des témoins.
« Le garçons criait en disant que vous ai-je fait pour mériter une telle punition ?»
« Le groupe a ensuite pris son bras gauche, qui a été mis sur la même bûche l’a coupé en rondelles. Le garçon continuait d’hurler.
«Enfin, ses bourreaux ont pris sa jambe gauche qu’ils ont coupée au niveau de la cheville. Ils ont fait la même chose avec la jambe droite. Comme si cela ne suffisait pas, ils ont jeté le petit garçon dans une fosse sceptique. J’étais là . Je les ai vus de mes propres yeux. »
Pastor Teh, un petit homme aux dents cassées raconte sa capture par les rebelles du RUF pendant la guerre civile en Sierra Leone.
Il figure parmi la centaine de témoins emmenés au Tribunal spécial pour la Sierra Leone à la Haye pour témoigner dans le procès de Charles Taylor.
Assis dans le box des accusés, Charles Taylor calme et vêtu d’une veste noire, prend des notes jour après jour.
Le procureur en chef du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) a estimé que les deux premiers mois du procès pour crimes de guerre contre l'ancien président libérien Charles Taylor à La Haye attestaient de la "solidité" du dossier.
Depuis le début du procès le 7 janvier, "nous avons déjà entendu 18 témoins , huit étaient des proches du président", dont le témoignage doit prouver ses "liens" avec les rebelles sierra-léonais, a expliqué le procureur, Stephen Rapp.
Solidité de l'accusation
Selon l'accusation, Charles Taylor, premier chef d'Etat africain à comparaître devant la justice internationale, dirigeait en sous-main les rebelles du Front révolutionnaire uni afin de contrôler les ressources abondantes, notamment en diamants, de la Sierra Leone voisine pendant la guerre civile qui a déchiré ce pays entre 1991 et 2001.
Il plaide non coupable
La défense a sans cesse pointé les contradictions ou oublis entre les différents témoignages.
Apporter son soutien aux rebelles, dans un pays étranger n’est pas un crime de guerre, estime Courtenay Griffiths l’avocat de Taylor.[IMG2]
“Pourquoi commencer avec un Africain? Pourquoi cela devrait être un homme noir? Pourquoi ne pas commencer avec les Américains qui se comportent mal depuis des décennies dans plusieurs pays?” s’insurge- t-il.
Selon la défense de Charles Taylor, le procès est "politique". Stephen Rapp le procureur a balayé cette accusation.
"C'était aussi l'argument de Goebbels au procès de Nuremberg", a-t-il rappelé: "nous montrerons qu'il est possible de tenir un chef d'Etat responsable pour les crimes à grande échelle qu'il a commis".
Au Liberia, Charles Taylor a toujours de nombreux sympathisants qui le considèrent comme un panafricain diabolisé par les super puissances qui se cachent derrière une mascarade de justice aux relents néocoloniaux.
Charles Taylor, purgera sa peine en Grande-Bretagne s’il est condamné.
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Source:BBC-Afrique |
  Rubrique: News Afrique  date: 03-Mar-2008 ŕ 19:35:08  Partager:   :  |