
PARIS-Lors d’un échec sportif, il y a souvent un homme qui, plus que les autres, symbolise la défaite et cristallise l’amertume. Pour cet Euro, Samir Nasri reste celui que beaucoup montrent du doigt. Par son comportement sur le terrain comme en dehors, le joueur de Manchester City s’est singularisé au point de mettre en péril son maintien dans le groupe France.
Il a commencé sa phase finale en célébrant son but égalisateur contre l’Angleterre (1-1) par un « Ferme ta gueule ! » à l’attention d’un journaliste. Après des performances en dents de scie et une entrée en jeu sans saveur samedi soir contre l’Espagne, il a clos son récital en franchissant la ligne blanche en zone médias, avec des mots trop crus envoyés en direction d’un autre représentant de la presse.
A Kircha, en outre, Nasri n’a rien fait pour améliorer sa cote de popularité auprès de ses coéquipiers. Si, comme dans un jeu de téléréalité, les Tricolores avaient dû inscrire sur une ardoise le nom de celui dont ils souhaitaient la sortie, l’ex-Marseillais aurait remporté nombre de suffrages… Tandis que la plupart des Bleus consentaient de vrais efforts afin de redorer l’image de la sélection, il est dommage que Nasri ne se soit soucié que de son cas personnel. Il a parfois brisé l’unité du groupe, nuisant à l’autorité de Laurent Blanc. On peut lui reprocher aussi un rôle étrange auprès des remplaçants, regrettant devant eux que le sélectionneur national ne les fasse pas jouer.
Le Graët: « Il est à fleur de peau. On va discuter et regarder son problème »
Pour résumer, le numéro 11 des Bleus s’est comporté parfois comme une diva. On peut pardonner aux stars leurs caprices quand elles sont irréprochables sur le terrain. Nasri, malgré un bon début de compétition, est loin de s’être rendu indispensable. Sa relation technique avec Karim Benzema est restée médiocre. Et d’autres joueurs, comme Franck Ribéry, se sont plaints de sa propension à ralentir le jeu.
Depuis samedi soir, l’affaire Nasri ne concerne plus seulement l’Euro et son cas doit être tranché pour les prochains mois. « Il a un comportement extérieur difficile. Il est à fleur de peau. On va discuter et regarder son problème », a même confié hier Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football. Le joueur est-il indispensable aux Bleus pour les qualifications au Mondial 2014? L’homme, qui fêtera demain ses 25 ans, peut-il mûrir ? C’est le moment de rappeler qu’Aimé Jacquet, avant l’Euro 1996, n’avait pas hésité à écarter deux joueurs à fort caractère, Eric Cantona et David Ginola, au nom de l’intérêt collectif.
Source:Leparisien.fr |
  Rubrique: Sport  date: 25-Jun-2012 ŕ 11:22:47  Partager:   :  |