
CONAKRY-Coup de bluff ou volonté réelle d'exécuter ses menaces? L'opposition guinéenne devrait se réunir prochainement pour décider du retrait de ses représentants au gouvernement, au conseil national de transition et au sein de la commission électorale nationale indépendante(CENI).
Pourtant, tout ne sera pas simple.Car l'unité de cette opposition coagule principalement contre le pouvoir d'Alpha Condé.A côté des intérêts matériels pour les représentants, les sièges au sein du gouvernement acquis par le parti de l'espoir pour le développement national (PEDN) de Lansana Kouyaté ne seront pas "lâchés" gratuitement sans contrepartie.
Quand au retrait des représentants de l'opposition au sein du conseil national de transition, il risque de fragiliser davantage cette institution de la transition, déjà mise à genoux par la toute puissance de l'exécutif.Et gare à l'effet boule de neige qui peut anéantir comme un château de cartes, la transition politique dans le pays.Car la transition guinéenne est le fruit d'un compromis aussi étonnant que fragile.Faut il oublier, que c'est le conseil national de transition qui a "fabriqué" la constitution sur laquelle le président Alpha Condé a été élu? Une constitution promulguée par le président intérimaire, Général Sékouba Konaté issu d'une junte militaire décriée et illégitime!
Faire sauter le CNT risque de coûter cher à la transition.Seule alternative, accélérer le processus électoral pour installer rapidement une nouvelle assemblée nationale.
Quand à la CENI, c'est d'une nouvelle recomposition dont il faudra négocier avec le pouvoir très attaché à "l'indépendance" de cet organe dirigé par Louncény Camara.Une négociation qui se heurte déjà aux positions radicales du pouvoir et de l'opposition.
Dans ce bras de fer entre le pouvoir et l'opposition, seul le dialogue peut aboutir Ă des compromis.
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com |
  Rubrique: Politique  date: 17-Jun-2012 ŕ 20:20:27  Partager:   :  |