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Exclusif: le gouvernement est prêt à dialoguer avec l'opposition, selon le ministre Alhassane Condé





CONAKRY-Après les violences qui ont émaillé la manifestation de l'opposition jeudi à Conakry, le ministre de l'administration du territoire, Alhassane Condé vient d'apporter des précisions.Il s'est confié au micro de notre rédaction à Conakry...

AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. Alhassane Condé !

ALHASSANE CONDE :
Bonjour M. Souaré !

AFRICAGUINEE.COM : Quel bilan faites-vous de la journée de manifestation organisée le 10 mai par l’opposition guinéenne ?

ALHASSANE CONDE :
Vous savez, nous on a accepté la manifestation même s’ils (les leaders de l’opposition, Ndlr) n’ont pas respecté la forme, ils n’ont pas respectées les normes.J’estime que c’est déjà quelque chose de positif. Là où il y a problème, c’est quand ils appellent ça une manifestation pacifique alors qu’il ya des jets de pierres, des blessures graves des forces de l’ordre, des citoyens de passage sont molestés, des véhicules sont cassés. Moi je n’appelle pas ça manifestation pacifique. Nous avons beaucoup regretté le comportement des militants, aller s’attaquer à un siège de parti qui n’est pas dans la manifestation, ce n’était vraiment pas sérieux, à part cela moi je pense que la manifestation, comme toutes les manifestations d’ailleurs, sont autorisées en Guinée, il n’ y a pas de problème, il suffit simplement qu’on respecte la loi et puis c’est tout.

AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que, selon vous, c’est ce qui explique votre décision hier d’interdire toute manifestation aujourd’hui ?

ALHASSANE CONDE :
Bon la manifestation d’aujourd’hui ou les manifestations d’aujourd’hui ont été interdites parce qu’elles n’ont pas été demandées. Ils (les leaders de l’opposition, Ndlr) ne peuvent pas aller dire simplement comme ça demain on va manifester, on va faire ceci, parce qu’ils ont l’impression que c’est la voie pour avoir le pouvoir. Moi j’estime que ce n’est pas la rue qui donne le pouvoir, je le dis et je le répète, s’ils en font la demande, les autorités locales doivent quand même regarder et s’ils remplissent les conditions, pourquoi on ne les laisserait pas manifester? Donc ce n’est pas une interdiction de manifestation, c’est dire spontanément demain on va marcher, il faut quand même qu’on respecte la loi, nous sommes dans un Etat de droit, l’Etat se soumet à la loi mais pourquoi pas les partis politiques?

AFRICAGUINEE.COM : A votre connaissance, est-ce qu’il y a eu des tirs de balles réelles de la part des forces de sécurité ?

ALHASSANE CONDE :
En réalité il ne peut pas y avoir de tirs à balles réelles, parce que vous avez vu à la télévision; ceux qui ont marché au bord de la route ont vu, les hommes n’avaient pas d’armes à feu, la façon dont on les a cogné avec des pierres, ils ont été gravement blessés et s’ils avaient des armes à feu, l’instinct humain, ils allaient peut-être riposter.

AFRICAGUINEE.COM : L’opposition promet une nouvelle marche le lundi prochain, quelle est votre réaction ?

ALHASSANE CONDE :
Je vous dis que s’ils respectent la loi, il n’ y a pas de problème, mais s’ils ne respectent pas la loi, on est pas tenu obligé de nous soumettre non plus! S’ils veulent manifester ils connaissent la loi, ce qu’il y a eu cette fois ci, on aurait même pas dû accepter, j’ai leur papier qui est vraiment comme un tract, qui est anonyme d’ailleurs, mais quand même on a accepté, on ne va pas quand même accepté les papiers anonymes.

AFRICAGUINEE.COM : Est-ce qu’aujourd’hui vous envisagez un contact direct avec les leaders de l’opposition ?

ALHASSANE CONDE :
C’est souhaitable ! Un contact direct est souhaitable, moi je crois que tous les problèmes du monde, leurs solutions c’est autour de la table, même la fameuse guerre des cents ans, c’est autour de la table qu’on a tout conclu. Donc pourquoi pas entre nous ? Nous sommes tous guinéens, si on veut l’intérêt de la Guinée, il n’ ya pas de raison qu’on ne discute pas. Moi je crois qu’il faut qu’ils acceptent le dialogue, mais on ne vient pas au dialogue avec des préalables à prendre ou à laisser, je pense que le dialogue permet d’échanger nos points de vue et autour de la table, si vous êtes vraiment de bonne foi, vous recevez mais vous donnez aussi, c’est ça le dialogue.

AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que cela signifie qu’on pourrait s’attendre à ce que le gouvernement se plie face à certaines exigences de l’opposition qui réclame par exemple la recomposition de la commission électorale nationale indépendante (CENI) ?

ALHASSANE CONDE :
Mais il s’agit de discuter entre nous, ce n’est pas en faisant des slogans au bord de la route que l’Etat va quand même se plier. Ce que vous dites en marchant dans la rue, il faudrait venir autour de la table le discuter avec l’Etat, il n’est pas dit que l’Etat est figé, qu'il ne bouge pas; l’Etat bouge, il suffit simplement que les camarades aussi acceptent de venir discuter avec nous.

AFRICAGUINEE.COM : Avant dernière question M. le ministre, est-ce que depuis hier vous avez eu des contacts avec certains leaders de l’opposition ?

ALHASSANE CONDE :
Non! Je n’ai pas eu de contact, mais je le dis, je le répète, nous sommes disposés à discuter avec tout le monde et sur tous les problèmes.

AFRICAGUINEE.COM : Est-ce qu’aujourd’hui vous avez un appel à lancer à l’endroit de ces leaders de l’opposition, mais aussi envers les populations guinéennes ?

ALHASSANE CONDE :
C’est surtout aux leaders, c’est d’éduquer leurs militants, et quand ils veulent organiser des manifestations, ils ont le droit de le faire, mais ils n’ont pas le droit de casser les voitures des gens, blesser les forces de l’ordre. Je pense que ça c’est beaucoup plus de la provocation, et si vous voulez manifester, vous pouvez manifester, mais comment manifester, s’il s’agit d’une manifestation pacifique, il y en a déjà eu ici. Je crois qu’il y en a eu ici, les deux dernières manifestations il n’ ya pas eu de casse, mais si maintenant les leaders politiques de l’opposition ne maîtrise plus leurs militants, parce qu’il y a beaucoup de jeunes qui suivent les manifestants, il y a même des loubards, il y a des provocateurs, c’est pourquoi en demandant de faire des manifestations il faut quand même prendre des dispositions. Ce n’est pas à l’Etat seulement de vous protéger, nous, nous protégeons les populations et leurs biens, même les manifestants on doit les protéger, s’il ya d’autres qui ne manifestent pas et qui veulent les attaquer, l’Etat est là pour s’interposer.Ce que je peux leurs dire c’est d’accepter le dialogue, de ne pas penser que c’est la rue qui va leur donner quelque chose, si la rue te donne le pouvoir, c’est la rue qui va te le retirer. Donc ça ne vaut pas la peine d’aller perdre son temps là bas, venez, discutons en frères guinéens, dans l’intérêt de notre pays, il n’ ya pas de problème.

AFRICAGUINEE.COM : Merci d’avoir accepter de répondre à nos questions !

ALHASSANE CONDE :
C’est moi qui vous remercie !

Entretien téléphonique réalisé par SOUARE Mamadou Hassimiou

Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM

Guinée-Conakry

Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33



  Rubrique: Interview  date: 11-May-2012 ŕ 17:17:31  Partager:   :

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