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Bissau: l'ex-parti au pouvoir rejette l'idée d'un nouveau président





BISSAU-L'ancien parti au pouvoir en Guinée-Bissau, renversé par un putsch le 12 avril, a rejeté vendredi la proposition des dirigeants ouest-africains d'élire un président intérimaire issu d'un nouveau bureau de l'Assemblée nationale dans le cadre de la transition démocratique.

"Le PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert) ne se reconnaßt pas dans la décision de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest) prise au sommet de Dakar" de jeudi, a affirmé vendredi son secrétaire général, Rui Dià Sousa.

"Notre parti, de mĂȘme que son groupe parlementaire, ne participera Ă  aucun gouvernement de transition et nous rĂ©itĂ©rons notre position prise depuis le coup d'Etat (du 12 avril) qui est le retour de Raimundo Pereira et de Carlos Gomes Junior Ă  leurs postes respectifs. C'est la seule condition que nous posons", a dĂ©clarĂ© M. Sousa.

MM. Pereira et Gomes Junior, respectivement prĂ©sident intĂ©rimaire et ex-Premier ministre, avaient Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s lors du coup d'Etat militaire du 12 avril menĂ© par le gĂ©nĂ©ral Antonio IndjaĂŻ, chef d'Ă©tat-major des armĂ©es, qui a interrompu le processus Ă©lectoral en cours, Carlos Gomes Junior Ă©tant donnĂ© favori pour le second tour de la prĂ©sidentielle qui Ă©tait prĂ©vu le 29 avril.

Ils avaient été libérés le 27 avril et s'étaient rendus à Abidjan.

La junte militaire refuse que le président Pereira, ex-président de l'Assemblée nationale, soit maintenu dans ses fonctions de président par intérim qu'il occupe depuis la mort en janvier du chef de l'Etat Malam Bacaï Sanha.

Le Parti pour la rénovation sociale (PRS), le principal parti de l'ex-opposition, s'est prononcé pour une solution constitutionnelle.

"Si la CĂ©dĂ©ao prĂ©conise une solution qui respecterait la Constitution, il faut l'appliquer Ă  la lettre" et elle prĂ©voit qu'"en cas de vacance du pouvoir au sommet de l'Etat, le prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale assure l'intĂ©rim. En cas d'empĂȘchement de celui-ci, le premier vice-prĂ©sident est choisi", a estimĂ© un de ses responsables, ChĂ©rif Djalo.

"Autrement, il faut dissoudre le Parlement et pour cela, il y a des préalables" selon le PRS, en particulier la démission du président de l'Assemblée nationale, des vice-présidents, des premier et deuxiÚme secrétaires. "Si tel n'est pas le cas, on ne peut en aucun cas créer un autre organe".

A Dakar, les chefs d'Etat de la Cédéao ont recommandé "pour diriger la transition" en Guinée-Bissau "que l'Assemblée nationale renouvelle son bureau et le nouveau président de l'Assemblée assurera la fonction de président par intérim, ensuite un Premier ministre de consensus sera désigné pour conduire un gouvernement de large ouverture".

Le sommet a en outre recommandĂ© que "le prĂ©sident intĂ©rimaire et le Premier ministre de transition ne seront pas candidats Ă  la prĂ©sidentielle" devant ĂȘtre organisĂ©e Ă  l'issue d'une transition de douze mois.

Le sommet de Dakar a confirmé les décisions prises il y a une semaine à Abidjan en exigeant le retour rapide à l'ordre constitutionnel et en maintenant les sanctions de la Cédéao.

AFP

  Rubrique: News Afrique  date: 05-May-2012 à 10:55:42  Partager:   :

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