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Réunion sur la Guinée-Bissau à Banjul: notre patience s'épuise, avertit Jammeh





BANJUL - L'ensemble des protagonistes de la crise en Guinée-Bissau étaient réunis dimanche à Banjul lors d'une rencontre présidée par le président gambien Yahya Jammeh pour tenter de trouver un solution garantissant un retour du pouvoir aux civils après le putsch du 12 avril.

Nous n'avons rien contre le peuple de Guinée-Bissau. La Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) est là pour vous aider à résoudre vos problèmes mais je peux aussi vous assurer que la patience de la Cédéao s'épuise, a déclaré le président gambien en ouvrant les travaux auxquels participent les ministres des Affaires étrangères des sept pays ouest-africains du groupe de contact, mis sur pied par la Cédéao.

En moins de sept ans, combien de présidents de Guinée-Bissau ont perdu la vie? Combien de chefs d'état-major ont perdu la vie? Combien de personnes ont été tuées en toute impunité?, a-t-il lancé à la trentaine de personnalités bissau-guinéennes présentes, parmi lesquelles des représentants de la junte, de l'ensemble de la classe politique, des autorités religieuses et de la société civile.

Nous sommes ici pour vous dire qu'en dernier ressort, soit vous choisissez un solution pacifique avec la Cédéao, soit la Cédéao prendra des mesures pour mettre un terme à ce qui s'est passé à Bissau, a-t-il prévenu.

Depuis son indépendance en 1974, la Guinée-Bissau, ancienne colonie portugaise, vit au rythme des coups d'Etat, tentatives de putsch et assassinats politiques sur fond de rivalités pour le contrôle du trafic de cocaïne.

Jeudi, les chefs d'Etat ouest-africains, réunis en sommet à Abidjan, avaient fixé un ultimatum de 72 heures aux putschistes pour qu'ils se plient à leurs décisions en vue d'un retour à l'ordre constitutionnel, sous peines de sanctions individuelles mais aussi diplomatiques et économiques.

Le lendemain, la junte a annoncé qu'elle acceptait les exigences de la Cédéao sur l'instauration d'une transition de douze mois et l'envoi d'une force militaire régionale.

Le président intérimaire renversé Raimundo Pereira et l'ex-Premier ministre Carlos Gomes Junior, arrêtés au moment du putsch et détenus depuis, avaient été libérés le jour-même et évacués vers Abidjan.

La force de la Cédéao, qui devrait compter 5 à 600 hommes, conditionne le départ des quelque 650 soldats angolais présents à Bissau depuis 2011 et dont la présence, fortement contestée par l'armée bissau-guinéenne, avait officiellement motivé le coup d'Etat.

Selon des sources de l'armée, les militaires bissau-guinéens, qui ont pris le pouvoir le 12 avril, réclament le départ des troupes angolaises avant de regagner les casernes.

Sur le plan politique, la junte a accepté que soit constitué un gouvernement de transition qui pourrait inclure des membres du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC, ex-pouvoir).

Un mini-sommet réunissant les chefs d'Etat du groupe de contact, initialement prévu à Dakar, se tiendra finalement le 3 mai à Banjul, a annoncé la Cédéao dimanche dans un communiqué.

AFP

  Rubrique: News Afrique  date: 29-Apr-2012 ŕ 20:36:01  Partager:   :

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