
BISSAU-Manuel Serifo Nhamadjo, désigné président de transition en Guinée-Bissau, a affirmé ne pas avoir été préalablement consulté, sans pour autant contester formellement sa nomination. "Ni moi, ni Sori Djalo (nommé président du Conseil national de transition, organe législatif) n'avons été informés auparavant", a affirmé M. Nhamadjo à la presse à l'issue d'une réunion avec des représentants de la junte.
"AprÚs l'annonce par la presse de mon nom, j'ai eu un petit entretien urgent pour savoir le pourquoi de ma nomination", a-t-il dit dans une déclaration au parlement, dont il se dit encore le "président en exercice" malgré la dissolution de toutes les institutions par les putschistes.
"En tant que dĂ©mocrate, je ne saurais ĂȘtre d'accord avec l'accord signĂ© avec les militaires, sinon je l'aurais applaudi", a-t-il assurĂ©, dans une formulation alambiquĂ©e. Manuel Serifo Nhamadjo, dissident de l'ex-parti au pouvoir Ă©liminĂ© au premier tour de la prĂ©sidentielle du 18 mars, avait dĂ©jĂ condamnĂ© le coup d'Etat, trois jours aprĂšs sa rĂ©alisation, tout comme les quatre anciens candidats de l'opposition au scrutin.
Les partisans du Premier ministre renversĂ© Carlos Gomes Junior avaient alors dĂ©noncĂ© leur "duplicitĂ©", soulignant que dans le mĂȘme temps, ces cinq opposants avaient dĂ©lĂ©guĂ© leurs partis ou reprĂ©sentants aux pourparlers avec la junte.
L'accord pour une transition sur deux ans, signé entre l'armée et l'ex-opposition, a été vivement condamné par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui a dénoncé une "usurpation de pouvoir. Le Portugal, ancienne puissance coloniale, a appelé jeudi à l'adoption de sanctions internationales contre les putschistes et "ceux qui les appuient politiquement".
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 23-Apr-2012 à 08:52:02  Partager:   :  |