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La famille Mansaré doit quitter le Canada





MONTRÉAL –Pour une deuxième fois en moins de deux semaines, l'expulsion de la famille Keita Mansaré a été retardée, jeudi soir, à l'aéroport international Montréal-Trudeau, sous prétexte que certains membres de la famille ne détenaient pas de passeports valides.

La famille s'est présentée à l'aéroport vers 18 h, jeudi, pour prendre le vol qui devait décoller vers 22 h.

L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a refusé de laisser entrer la famille dans l'avion qui devait ramener les six personnes en Guinée, puisque «les documents de voyage étaient inappropriés», selon ce qu'a confirmé l'avocat de la famille, Salif Sangaré, en entrevue vendredi.

Des agents de l'ASFC ont donc reconduit la mère de famille et ses cinq enfants à leur domicile de l'arrondissement de LaSalle.

Me Sangaré dénonce le fait qu'on ait fait attendre près de quatre heures les membres de la famille alors que l'ASFC savait que les documents étaient invalides.

La famille guinéenne avait reçu l'ordre de quitter le Canada et le 8 avril dernier, Kankou Keita et ses cinq enfants s'étaient présentés une première fois à l'aéroport pour leur expulsion.

Mais la famille n'avait pas les documents nécessaires pour être expulsés; ceux-ci n'avaient pas été délivrés par l'ambassade de la Guinée à l'Agence des services frontaliers. De plus, une des filles avait été hospitalisée après avoir subi une crise de panique.

«On m'a fait savoir [jeudi] que les documents de voyage avaient été obtenus», a expliqué Me Sangaré. Selon lui, ce renvoi est une «injustice», parce que la famille aurait été victime d'un quiproquo bureaucratique.

Une nouvelle date de renvoi pourrait être fixée au cours des prochains jours.

Boulerice demande l'annulation

Le député néo-démocrate de Rosemont La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, demande au ministre de l'Immigration, Jason Kenney, d'annuler cette expulsion pour cause humanitaire. D'ailleurs, M. Boulerice devait participer vendredi à une manifestation à 11 h 30 devant l'hôtel Marriott Château Champlain, où M. Kenney devait donner un discours sur le système d'immigration, lors d'une rencontre de gens d'affaires.

Bien que la famille ne demeure pas dans sa circonscription, M. Boulerice a été particulièrement touché par les dangers que court la famille si elle retourne dans son pays d'origine.

Un dernier au revoir

Les cinq membres de la famille Conde, qui ont hébergé les Keita Mansaré au cours des dernières semaines, étaient déjà à l'aéroport Montréal-Trudeau, en fin d'après-midi, dans l'espoir de dire un dernier au revoir à la famille guinéenne.

Malheureusement, les Conde ont essuyé un refus de la part des autorités. Leur insistance leur a toutefois permis de faire parvenir une fleur, ainsi qu'une note à la famille Keita Mansaré, par le biais d'un agent de l'Agence des services frontaliers.

«Nous sommes à l'aéroport, on prie pour vous, gardez espoir. On se revoit bientôt», disait le message écrit à la main.

La famille soutient que leur ancien avocat aurait omis d'envoyer l'ensemble des papiers requis lors de leur demande de résidence permanente pour motif humanitaire en 2010.

Depuis, ils ont déposé une seconde demande avec l'aide de Me Sangaré, mais ils n'ont pas encore obtenu de réponse.

Canoe.ca

  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 20-Apr-2012 à 22:55:10  Partager:   :

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