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Mali: nomination d'un Premier ministre, les personnalitĂ©s arrĂȘtĂ©es visĂ©es par des enquĂȘtes

BAMAKO-L'astrophysicien malien de renommĂ©e internationale Cheick Modibo Diarra a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© mardi Premier ministre de transition peu aprĂšs une vague d'arrestations d'hommes politiques et de chefs militaires qui, selon l'ex-junte militaire, sont visĂ©s par des enquĂȘtes.
La prioritĂ© de M. Diarra, 60 ans, Ă la fois citoyen malien et amĂ©ricain, sera de tenter de rĂ©soudre la crise dans le Nord oĂč, Ă la faveur d'un coup d'Etat le 22 mars, des rebelles touareg, des mouvements islamistes et divers groupes criminels, ont menĂ© une offensive foudroyante et occupent depuis fin mars cette immense rĂ©gion aride.
"Nous devons, selon nos capacités (...), nous engager à fond pour pouvoir trouver des solutions et des solutions durables à ce problÚme-là et regagner la totalité de notre pays, son intégrité", a-t-il déclaré mardi soir à la télévision publique ORTM.
Désigné par Dioncounda Traoré, investi président par intérim le 12 avril, Cheick Modibo Diarra avait participé à un programme de la Nasa, l'agence spatiale américaine. Il s'est lancé en politique en 2011 en créant un parti en vue de la présidentielle de 2012 annulée de facto par le coup d'Etat.
Sa nomination intervient peu aprÚs l'arrestation à Bamako par des hommes armés de plusieurs dirigeants politiques et militaires proches de l'ancien président malien Amadou Toumani Touré (ATT) renversé le 22 mars.
Dans un communiqué publié tard mardi soir, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, chef de cabinet du patron des putschistes, a affirmé que des "personnalités militaires et civiles" ont été "appréhendées" par les forces de sécurité maliennes "sur la foi d'indications précises et d'informations graves et concordantes" et "sur instructions de la hiérarchie".
"Des enquĂȘtes de police judiciaire en cours, ouvertes Ă l'encontre desdites personnalitĂ©s, seront trĂšs bientĂŽt confiĂ©es aux organes compĂ©tents, en vue d'initier des poursuites judiciaires" si nĂ©cessaire, a-t-il ajoutĂ©, sans fournir leurs identitĂ©s, leur nombre et sans prĂ©ciser ce qui leur est reprochĂ©.
Il a toutefois assuré que l'ex-junte demeurait attachée "au respect des libertés individuelles et des droits des citoyens conformément aux engagements pris".
Parmi les personnalitĂ©s arrĂȘtĂ©es, figurent Modibo SidibĂ©, ex-Premier ministre d'ATT, et SoumaĂŻla CissĂ©, ancien ministre et ex-dirigeant de l'Union Ă©conomique et monĂ©taire ouest-africaine (UĂ©moa). Tous deux Ă©taient parmi les principaux candidats Ă la prĂ©sidentielle initialement prĂ©vue le 29 avril.
Modibo SidibĂ© avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© lors du putsch, puis libĂ©rĂ© aprĂšs plusieurs jours d'incarcĂ©ration, avant d'ĂȘtre de nouveau briĂšvement interpellĂ© plus tard. Il a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© lundi soir Ă son domicile et emmenĂ© au camp militaire de Kati, prĂšs de Bamako.
SoumaĂŻla CissĂ© a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© mardi matin chez lui et blessĂ© au cours de son interpellation, selon son cabinet qui affirme que "le gardien et un de ses neveux" ont Ă©galement Ă©tĂ© blessĂ©s, et son domicile "vandalisĂ©".
Le directeur gĂ©nĂ©ral de la police, le gĂ©nĂ©ral Mahamadou Diagouraga, l'ancien ministre de la DĂ©fense, le gĂ©nĂ©ral Sadio Gassama, et le gĂ©nĂ©ral Hamidou Sissoko, chef d'Ă©tat-major particulier d'ATT, ont Ă©galement Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s lundi soir Ă leurs domiciles, selon leurs familles.
"Un climat de terreur"
Interrogé par l'AFP, un officiel proche de l'ex-junte a affirmé: "Le moment venu, on dira ce qu'on leur reproche".
Le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR, partis politiques et organisations de la société civile), a accusé "la junte militaire et ses soutiens civils" de vouloir "instaurer un climat de terreur" et demandé le retour de la junte "dans les casernes".
Le cabinet de Soumaïla Cissé estime que son arrestation "traduit clairement la volonté de la junte de ne point céder le pouvoir aux civils".
L'Union européenne (UE) a exigé la "libération immédiate" des détenus et la France, ancienne puissance coloniale, a dénoncé des "détentions arbitraires".
Les putschistes dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo avaient accepté sous la pression des voisins du Mali de rendre rapidement le pouvoir aux civils, à la suite d'un accord de sortie de crise signé le 6 avril avec la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
Mais pour les observateurs Ă Bamako, les putschistes, qui doivent ĂȘtre amnistiĂ©s, n'ont jamais envisagĂ© d'ĂȘtre Ă©cartĂ©s et entendent montrer par ces arrestations qu'il va falloir compter avec eux au cours de la pĂ©riode de transition qui s'ouvre.
Cheick Modibo Diarra et le gouvernement qu'il va former auront fort Ă faire pour tenter de dialoguer avec les groupes armĂ©s qui occupent le Nord. De premiers contacts ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© pris avec certains de ces mouvements depuis l'investiture de Dioncounda TraorĂ©. Ce dernier s'est dit prĂȘt, en cas de besoin, Ă leur faire "une guerre totale et implacable".
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 18-Apr-2012 à 10:38:13  Partager:   :  |
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