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Immigration :Les guinéens d’Allemagne, entre peur et incertitude

COLOGNE-Le durcisemment de la politique d'asile en Allemagne inquiète les guinéens résidant dans ce pays.Si on ignore leur nombre, ils sont nombreux à s'inquiéter aujourd'hui pour le renouvelement de leurs titres de séjour ou encore l'octroi du droit d'asile.
L'Asile: la crainte des rapatriments
Depuis plusieurs mois, les guinéens se plaignent désormais d'une procédure longue avec peu de chances de réussite.
"Presque aucun dossier d’asile guinéen n’est admis sans passer par un recours, et pour faire un recours il faut avoir un avocat et réseau de soutien pour faire valoir ses droits. Mais ce qui est difficile, beaucoup de guinéens ne veulent pas venir vers ceux qui connaissent les lois du pays pour bien les orienter", explique M. Soumaoro Amadou, infirmier à Köln, chargé du social et du culturel. 
Selon M.Soumaoro, les guinéens craignent avant tout les rapatriments forcés et préfèrent donc la clandestinité.
"Si je prends le cas de notre association (Guinée ensemble, créée en 2011), il y a encore beaucoup de guinéens de la région qui n’ont pas adhéré. Et si on ne les connaît pas, ce n'est pas facile de les assister. C’est vrai, avec ce pouvoir guinéen la peur est palpable chez les guinéens de l’extérieur aussi. », a joute M. Soumaoro.
Le visa d'études, un cauchemar pour les étudiants
Malgré les obstacles linguistiques, beaucoup de guinéens tentent leur chance en Allemagne pour s'inscrire dans les universités.Mais le plus dur reste le renouvellement de leur titre de séjour.
"Le renouvellement des visas d’études est devenu un cauchemar pour les étudiants guinéens. Quand nous connaissons comment les jeunes guinéens se démerdent pour obtenir une inscription dans les universités étrangères et le niveau de revenu des parents, il y a de quoi s’inquiéter quand l’obtention du titre de séjour se complique", témoigne Boubacar Biro Diallo, étudiant en science politique à l’université de Duisburg.
Le coût élevé des frais de procédure découragent souvent les étudiants guinéens qui dénoncent également le manque de soutien de leur gouvernement.
"Imaginez, un étudiant qui n’a que 90 jours de temps de travail autorisé par an soit obligé de payer 7716 euros pour renouveler son titre de séjour annuel, sans compter les autres charges (logement, nourriture)C’est tout simplement impossible !!! Et on ne peut compter sur aucun soutien chez nous, le gouvernement n’a aucune politique d’accompagnement et les revenus des parents sont insuffisants…", ajout M. Diallo.
La confiance, comme solution
Plusieurs associations ont été créées en Allemagne pour regrouper les guinéens résident dans ce pays.Mais par crainte de rapatriement forcés, beaucoup ne recoivent pas la main tendue des associations pour obtenir de l'aide.
"Nous avons créé une association pour que les guinéens se donnent la main dans toutes les circonstances. Nous devons éviter les pièges de division pour réussir ici. Si un guinéen membre de l’association ou s’il fréquente tout simplement les autres guinéens, dès qu’il a un problème nous sommes au courant et on peut faire une mobilisation", assure Bah Ibrahima, cuisinier à Köln, membre du bureau de « Guinée-ensemble ».
Pour lui, la confiance entre ses compatriotes est incontournable pour instaurer une solidarité au sein de leur communauté.
En attendant leur éventuelle régularisation, les guinéens sans papiers d'Allemagne restent dans la clandestinité, la peur au ventre.
Affaire Ă suivre...
Depuis Cologne
Une enquête de Abdoul Ghoudoussi Baldé
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 16-Apr-2012 ŕ 14:30:56  Partager:   :  |
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