 |
| Detail de la News |
GROUPE D CAN 2008: Les Lions de la... véranda !
[IMG1]On les avait vus nichés sur leur nuage, pimpants et plastronnant un peu trop sur tous les stades d'Afrique. Sur les terrains maliens, les observateurs avaient été séduits par cette équipe bien organisée et qui, même dominée, parvenait toujours à tirer son épingle du jeu. Ce mental à toute épreuve avait permis aux joueurs sénégalais de faire une formidable Coupe du monde 2002, avec en prime une belle victoire en match d'ouverture sur la France, championne du monde en titre. Cela s'est passé devant des milliards de téléspectateurs. Je pense que les effets pervers de cette subite popularité ont grisé les... étoiles filantes de Dakar. Les icônes de cette réussite insolante s'appelaient Kalilou Fadiga, Pape Malick Diop, Oumar Daff, Ferdinand Coly et Salif Diao. Je cite ces garçons en particulier pour leur témoigner mon estime. Je crois que depuis que leur groupe -que je considère comme une charpente- a été retiré de l'équipe du Sénégal, les supporters des Lions n'ont cessé de fantasmer. Sur du toc car le résultat est là , lamentable. Coly, Daff, Malick Diop, Fadiga et Diao avaient une attitude professionnelle et savaient se placer dans le contexte de la haute compétition. Après leur départ, personne n'a voulu voir en face le drame qui se déroulait sous nos yeux : les Lions avaient quitté leur tanière pour rejoindre docilement la... véranda.
Pour l'année 2002, lors de leur première participation à une épreuve aussi relevée, tout le monde garde le souvenir de Lions qui avaient chèrement vendu leur peau en quarts de finale du Mondial. Tout le continent noir en était fier. Mais depuis, El Hadj Diouf et les siens ont eu du mal à descendre de leur nuage. Alors que le groupe avait été amputé d'une pièce maîtresse, Fadiga pour ne pas le nommer, un joueur exceptionnel qui était comme l'âme de l'équipe et sur lequel des médecins italiens ont diagnostiqué une insuffisance cardiaque.
Dans sa tour d'ivoire, le bavard président de la Fédération sénégalaise de football, Mbaye Ndoye, continuait à croire à ce qu'il appelait si pompeusement "le statut de l'équipe du Sénégal". A lui tout seul, El Hadj Diouf, l'ancien joueur des navétanes enivré par tant de pognon glané en Angleterre et par le succès de ses deux ballons d'or consécutifs, symbolise la décadence d'une formation qui avait du mal à admettre l'évidence. En faisant les comptes, plus de 6 ans après cette magnifique épopée, on se retrouve avec une génération d'orée qui, finalement, n'a même pas gagné une coupe en fer rouillé ! En résumé, pour parler plus ironiquement, tous les trophées remportés par un discours d'une arrogance indécente, n'ont jamais été concrétisés ni sur le terrain, ni dans la réalité. Trois matches, deux points, quatre buts marqués, six encaissés, la claque de cette année restera mémorable.
Ce que beaucoup de professionnels du football et autres observateurs trouvent incompréhensible, c'est la rapidité de la chute de cette équipe qui a suscité beaucoup d'espoirs du côté de Dakar, Kaolack, Ziguinchor ou Saint Louis. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'en football où on affronte des défis au quotidien, rien n'est gagné d'avance. Les équipes du Cameroun et de la Côte d'Ivoire, véritables fiertés du football africain sont de parfaits exemples de régularité. Regardez les Lions indomptables version 2008 ! Même mauvais, ils passent en quarts de finale !
En vérité, en sport comme dans tout autre domaine de la vie, seul l'effort paie. Il faut toujours se fixer des defis, se donner les moyens d'exprimer son potentiel à travers des entraînements rigoureux et une qualité de vie irreprochable. On ne peut pas manquer de sérieux, ôter tout respect à l'adversaire, s'afficher en boîte de nuit à des heure indues -comme El Hadj Diouf et Tony Sylva, surpris avec des filles de joie dans un nigth club de Kumasi, à 48 heures du match contre l'Afrique du sud ! - et croire qu'on peut se mesurer à de vrais professionnels. Je dis bien pro-fes-sion-nels parce que je circonscris ce mot à l'état d'esprit, étant entendu que jouer dans un grand club européen n'est pas du tout suffisant. Sur ce plan précis, Angolais, Egyptiens et Tunisiens ont administré une belle leçon de vie à des stars usées, au fond du trou.
Je pense que ce pays, le Sénégal, mettra un peu de temps pour se remettre d'une telle déconvenue. Je pense surtout qu'il faudra au futur staff technique sénégalais analyser lucidement les raisons psychologiques qui expliquent l'affaissement d'une équipe qui a fait tant rêver. Il faudra tout reconstruire et ça, c'est une autre affaire.
Ps : J'ai vu des gens crédules croire bêtement que l'Angola et la Tunisie vont jouer à se faire peur pour qualifier l'Afrique du Sud ou le Sénégal. Peine perdue, car les deux équipes se sont finalement séparées sur un match nul et blanc. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elles sont conscientes de leurs intérêts. Qui est fou ?
Saliou SAMB
Conakry, Guinée
Africaguinee.com
|
  Rubrique: Sport  date: 01-Feb-2008 à 15:55:06  Partager:   :  |
|
|
|
The Nun'S copyright -- design by Nun'S