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Conakry, capitale de la débrouillardise!

KAWME ACHAMPOING est un ressortissant ghanéen conducteur de charrette à madina.Son gain journalier? comme pour donner du poids à ce qu'il va dire,il sort de la poche de son jean moulant quelques billets de banque.Au décompte,il avait 70.000fg pour seulement dix jours de travail après toutes les dépenses effectuées.Avec un sourire en coin,il envoie chaque mois à sa famme et ses enfants restés au GHANA 50.dollars qu'il obtient après échange avec les cambistes de madina.
Véritable poumon du commerce guinéen,le marché de MADINA tout comme les autres grands marchés de la capitale, est le lieu incontournable pour tous ceux qui exercent les petits métiers.Ils sont légion les jeunes gens à Conakry, qui ont décidé de se lancer dans le secteur informel en s'adonnant aux petits métiers pour subvenir à leurs besoins.Ils sont laveurs de voitures,vendeurs de journaux à la criée, cordonniers,blanchisseurs,coiffeurs,cireurs etc.
Chaque jour, ils vaguent à leurs occupations quotidiennes.Avec ce que comporte comme inconvénients de la part des clients dont certains refusent de régler la note,une fois le boulot fait.Et très souvent, c'est de longues discussions qui s'engagent entre eux pour finir par des injures et quelques fois la bagarre.
Aujourd'hui, ces chercheurs de fortune,venus pour la plupart de l'intérieur du pays,et des pays voisins ont envahi conakry qui est pour tous ces jeunes ruraux,un mirage.Ces jeunes qui ont atteint l'âge adulte à cause de leur boulot sans être sortis de l'enfance ont décidé de se prendre en charge et d'envoyer quelque chose de temps en temps aux parents restés au village.Pour tous ces jeunes débrouillards,le gain et le bénéfice varient en fonction des quartiers et des lieux publics.Entre un cireur de MADINA et un autre ambulant,le premier gagne plus que le second.
Pour A.DIALLO,cireur à MADINA,on peut se faire de l'argent si en plus du cirage,ont fait d'autres choses à côté.Lui a choisi de vendre des boîtes de cirage et de réparer en même temps les vieilles chaussures.Le résultat est là .Dix mille francs par jour.Sa chance est qu'il est logé dans le quartier où il est devenu le cireur de nombreuses familles.Certains clients ne le paient qu'à la fin du mois.Il occupe actuellement une chambre de (20.000fg par mois) qu'il partage avec trois autres amis vivant comme lui dans l'informel.
A MADINA ,chacun y trouve son compte.Ce ne sont pas les porteurs de bagages,gardiens de voitures et vendeurs à la criée qui diront le contraire.Chacun y trouve son compte.Le métier est dur.Et tous reconnaissent que c'est vraiment difficile d'être bana-bana(Ndlr :terme vulgaire pour désigner un débrouillard)Et comme, il faut gagner honnêtement sa vie,prendre son destin en main, ils sautent du matin au soir(même les dimanches) tous les écrans pour chercher de l'argent.
"Très souvent,le jour devient très court pour moi.Si j'avais la possibilité de le prolonger, je l'aurais fait",nous confie ce déchargeur de véhicule de marchandises.Il à raison de dire cela quand on a deux à trois containers à décharger et qu'on ajoute à cela, les camions venus de la zone forestière.
Le soir, S.BANGOURA et ses amis empochent chacun(50.000fg) voire même plus.Car le prix est fixé par unité de marchandise à décharder.Ceux qui ont accepté de faire ce boulot qui ne se fait pas tous les jours,sont robustes.Quand une maladie arrive,la moitié de leur fortune rentre dans l'achât des medicaments.Somme toute,ces petits métiers font gagner de l'argent à ceux qui les exercent.
Aujourd'hui,tous ont compris le l'adage :"chacun pour soi , DIEU pour tous".Les gardiens de voitures savent cela plus que n'importe qui.Dans les différents marchés,des jeunes ont fait du gardiennage leur premier métier.Ce sont des jeunes qui parquent et surveillent les véhicules des automobilistes lorsque ces derniers font leurs emplettes ou sont dans leurs magasins ou bureau.Le propriétaire avant de quitter les lieux,laisse un billet.
Cepandant les personnes qui confient leurs véhicules ne craignent-elles pas la disparition de certaines pièces?"En ce qui me concerne,je n'ai jamais été victime d'un tel désagrement"répond I.CAMARA délégué medical qui ajoute également que pour éviter ce genre de désagrement,il confie sa voiture à la même personne.
" Cela,dit-il,crée un lien de familiarité entre le gardien et le propriétaire"A conakry,les petits métiers constituent désormais un secteur harassant mais qui semble nourrir son homme.
Auteur:ELHADJ Yamoussa TOURE,
correspondant permanent d'Africaguinee.com
à Conakry
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  Rubrique: Société  date: 13-Nov-2006 à 00:00:00  Partager:   :  |
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