
WASHINGTON - Le prĂ©sident Barack Obama a estimĂ© vendredi que le meurtre d'un jeune Noir abattu par un Blanc en Floride constituait une tragĂ©die et a soulignĂ© l'importance d'une enquĂȘte complĂšte sur les circonstances d'un drame qui a suscitĂ© l'indignation aux Etats-Unis.
Je ne peux imaginer ce que traversent les parents de Trayvon Martin, 17 ans, a ajouté M. Obama, le premier président noir des Etats-Unis. Si j'avais un fils, il ressemblerait à Trayvon, a-t-il affirmé, visiblement ému.
Chaque parent aux Etats-Unis devrait pouvoir comprendre la raison pour laquelle il est impĂ©ratif que nous enquĂȘtions sur tous les aspects de cette affaire, et que tout le monde y mette du sien, Etat fĂ©dĂ©ral, Etat (de Floride) et autoritĂ©s locales, pour comprendre exactement comment cette tragĂ©die s'est produite, a ajoutĂ© M. Obama.
Le 26 février, alors qu'il rentrait chez lui aprÚs avoir acheté des sucreries, Trayvon Martin, 17 ans, a été abattu par George Zimmerman, qui effectuait des rondes de surveillance dans son quartier, une zone résidentielle de la banlieue d'Orlando.
M. Zimmerman, 28 ans, d'origine hispanique, avait invoquĂ© la lĂ©gitime dĂ©fense et il est actuellement en libertĂ©. Mais les circonstances des faits restent floues et l'enquĂȘte de la police locale fait l'objet de vives critiques.
Le ministĂšre amĂ©ricain de la Justice, le procureur du district central de Floride et le FBI ont ouvert une enquĂȘte. Un grand jury (chambre d'accusation) doit se rĂ©unir le 10 avril pour dĂ©cider si les charges sont suffisantes pour poursuivre George Zimmerman.
La mort du jeune Noir a relancé le débat sur une loi votée en 2005 en Floride avec le soutien du lobby des armes, la NRA. Ce texte --appelé Défendez-vous par ses défenseurs, Tirez d'abord par ses détracteurs-- a assoupli les conditions d'exercice de la légitime défense.
L'affaire enflamme la Floride, oĂč des manifestations ont lieu quotidiennement pour dĂ©noncer un nouvel exemple de profilage racial, et le mouvement se propage Ă d'autres villes du pays dont New York.
Je pense que nous devons tous procéder à un examen de conscience pour comprendre comment une chose pareille peut se produire, et cela veut dire que nous examinons les lois et le contexte, a affirmé M. Obama, qui réagissait à une question lancée par un journaliste à l'issue d'une intervention du président à la Maison Blanche pour annoncer son candidat à la Banque mondiale.
Les parents de Trayvon Martin ont raison de s'attendre à ce que nous tous, en tant qu'Américains, prenions ce dossier aussi sérieusement qu'il le mérite, et que nous allions au fond des choses qui se sont produites, a conclu M. Obama.
Plus d'un million de signatures ont en outre été réunies sur le site change.org pour demander l'inculpation de M. Zimmerman.
AFP |
  Rubrique: International  date: 23-Mar-2012 à 16:38:07  Partager:   :  |