Detail de la News

Conflit au Sahara: l'épouse d'un disparu témoigne...





Près de quarante ans après le début du conflit au Sahara, des familles saharaouies ignorent le sort de leurs proches détenus par le Polisario.C'est le cas de Mme Maimouna Zoubair dont le mari a été capturé en 1975 par des hommes armés.Aujourd'hui, elle réclame des informations sur le sort de son mari...

Africaguinee.com:Vous avez participé dernièrement à la session du conseil des droits de l'Homme à Genève.Avez vous évoqué le sort de votre mari?

Maimouna Zoubair:
Oui!Je suis venue à Genève pour parler de l’histoire de mon mari qui a été emprisonné et capturé par le Polisario et qui est porté-disparu depuis 1975.

Africaguinee.com:Racontez nous les circonstances de sa disparition...

En 1975, un groupe armé est rentré à notre domicile avec des menaces.Ils ont interpellé mon mari lui intimant l’ordre de les suivre.A l’époque, j’étais avec mes deux fillettes qui avaient six mois et un an et demi.Mon mari était chef de tribu, le groupe armé lui a donné l’ordre de les suivre pour parler à un capitaine dont on ignorele nom.Mon mari m’a donné des instructions pour alerter la police, mais un des hommes a tiré mes cheveux et m’a cassé un bras.Mon mari craignait d’être tué par le Polisario et il portait en permanence un sabre.Mon mari a été ligoté et malgré mes supplications, ils m’ont frappé et ils ont amené mon mari.Ma belle mère, a perdu la vue à force de pleurer et elle est morte quelques années après, suite aux sequelles qu’elle a subie lors de l'arrestation de son fils.Je rappelle que mon mari a été conduit dans une voiture non immatriculée.Depuis 1975, nous n’avons aucune nouvelle de lui.C’est en 1984 qu’un des frères de mon mari qui a fuit les prisons de Tindouf a témoigné que mon mari était vivant à l’intérieur des camps.

Africaguinee.com: Avez-vous obtenu le soutien de la part des ONG comme le CICR sur le sort de votre mari ?

A part un soutien au niveau national obtenu avec le conseil des droits de l’Homme,nous n’avons pas obtenu d’aide.Même pour les visites familiales, j’ai demandé aux gens où se trouve mon mari, mais ils préfèrent garder le silence par peur de se retrouver en prison.Malgré mes demandes, on a aucune information sur son sort.

Quarante ans après la disparition de votre mardi, quel message adressez vous à la communauté internationale pour le cas de votre mari ?

Je réclame le droit de voir mon mari et son absence est un préjudice pour notre famille.Les gens qui l’ont enlevé doivent repondre de ce crime.J’ai pris en charge notre famille et nos enfants réclament le droit de voir leur père.Je demande que justice soit rendue à notre famille.Je veux aujoud’hui qu’on me dise si mon mari est mort ou s’il est vivant.Le feu que j’ai dans le cœur ne va pas s’éteindre avant que j’ai des nouvelles de mon mari qui nous a quitté depuis 1975 !

Ismael Barry
Pour Africaguinee.com



  Rubrique: Interview  date: 20-Mar-2012 ŕ 15:17:54  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S