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GHANA-GUINEE/CAN 2008: Le syndrome des dernières minutes…


[IMG1]Dimanche 20 janvier, stade olympique d’Accra. 89è mn. Une balle qui traverse le milieu de terrain. Sulley Muntari, le meneur de jeu de Portsmouth et des Blacks Stars du Ghana s’en saisit, la pousse une, deux fois avant de décrocher une frappe lourde qui ne laisse aucune chance au portier Kemoko Camara. C’est le second but ghanéen.

Aucun milieu défensif, aucun défenseur n’essaie de le contrer, ne serait-ce que pour gêner son action. Inadmissible à ce stade de la compétition. Il ne reste plus que quelques secondes ; trop peu pour permettre aux Guinéens de réagir. Tant d’efforts réduits à néant par une simple faute de placement ! Cela rappelle un certain Charles Akunnor, dans un match contre la Guinée, lors d’une autre phase finale de Coupe d’Afrique des nations (CAN).

Les Guinéens étaient pourtant parvenus, dans un match piège où ils n’ont pas réussi tout ce qu’ils entreprenaient, à revenir difficilement au score sur une tête d’Oumar Kalabane (65è mn) et à faire douter le Ghana. Il est vrai que le pays organisateur a été aidé sur leur premier but (un penalty) par une décision très limite prise par le directeur de la partie. On pourrait également s’interroger sur cette action guinéenne de Souleymane Youla, quelques minutes après le but de Gyan Assamoah (39è mn) qui méritait plus que le silence de l’arbitre. En vérité, c’est sur le plan physique que le Syli national de Guinée, malgré un Pascal Feindouno des grands jours, a péché dans son duel contre les Blacks Stars. Cette remarque s’est surtout vérifiée en première mi-temps, au milieu de terrain, où les Ghanéens parurent plus en jambes que les Guinéens. Par trois fois, les Blacks Stars touchèrent du bois (aux 19è avec Agogo, 27è avec Essien et 40è mn avec Muntari), sans compter ce retourné acrobatique de Gyan Assamoah qui aurait mérité un meilleur sort. Kemoko Camara, le gardien guinéen, le « banni », a fait un match énorme.

Pendant ce temps, les joueurs du Syli avaient du mal à s’engouffrer dans les boulevards que laissaient les locaux dans leurs phases offensives. Il est vrai que le Ghana a été très en verve sur le côté droit occupé par un Kingston inspiré. Les latéraux guinéens (Alseny Camara et Daouda Jabi) et les milieux défensifs (Kanfory Sylla et Mohamed Sacko) ont passé tout le match à s’atteler à des tâches défensives, oubliant l’appui offensif qu’ils auraient pu apporter à Ismaël Bangoura et Victor Corea.

Cette situation a non seulement perturbé le schéma guinéen mais aussi beaucoup gêné le jeu de l’équipe nationale. Si la Guinée veut aller plus loin dans cette compétition, il faudra plus d’activité offensive de la part des ses arrières latéraux et de ses milieux défensifs. Il sera aussi nécessaire de se montrer plus mordant sur les coups de pieds arrêtés. Dans cette dernière phase de jeu, le Syli a laissé apparaître d’inquiétantes faiblesses. De leur côté, les attaquants guinéens devront penser aussi à mieux tenir les ballons dégagés par les défenseurs pour soulager tout le monde et permettre au bloc-équipe de remonter. Un des symboles de ce déséquilibre est l’esseulement en pointe de Souleymane Youla, pourtant animé de très bonnes intentions, qui n’arrivait pas à mettre le pied sur le cuir rond.

J’ai aussi déploré le manque de lucidité de ce très grand joueur qu’est néanmoins Ismael Bangoura. A lui tout seul, il aurait fait basculer le match s’il avait opéré des choix plus judicieux sur cet appel de Youla où il a préféré un tir à une passe (17èmn), et sur ses infiltrations de la 22è, 45è et 80èmn. Il faudra lever la tête la prochaine fois et faire preuve de plus de puissance dans le geste final.

A ce niveau de la compétition, un match se joue sur ce genre de détails. On me dira que l’état de la pelouse n’a pas permis aux Guinéens de développer leur jeu. Peut-être mais, en seconde période la domination ghanéenne (plus de 57% de possession de balle, selon les statistiques livrées) n’a pas été si nette que ça. Bien que favoris, non seulement les Blacks Stars n’ont pas été totalement maîtres de la situation, mais par moment on a bien senti qu’avec plus d’audace et de sérénité, la Guinée aurait pu réussir le parfait hold up. J’avais parié sur le joueur Victor Corea.

Je ne me dédis pas et je maintiens le pari. Si cet attaquant est mis dans des conditions idéales (malheureusement pour lui Mansaré devrait logiquement revenir dans le onze de départ au prochain match), il a toutes les qualités (doux euphémisme !) pour devenir l’une des révélations de cette CAN 2008. [IMG2]Il a montré des limites physiques parce que le jeu guinéen était déséquilibré, avec parfois des ruptures entre les lignes. Quant à Souleymane Youla, s’il reste incontestablement le joueur le plus efficace et le plus expérimenté du groupe au poste d’avant-centre, sa sortie (que j’ai jugé prématurée) a permis de découvrir un autre joueur, merveilleux dans ses prises de balles et dans sa force de pénétration : Karamoko Cissé. A suivre sérieusement.

Quid de la suite ? Je pense qu’avec cette défaite logique mais cruelle au vu de la physionomie du match, il n’y a plus de calcul à faire. Il faudra sortir le très grand jeu face au Maroc et à la Namibie.

Ce sera la victoire ou la trappe. Je pense que c’est dans les cordes de cette équipe qui veut marquer l’histoire de la CAN. Mais il faudra de toutes les façons effacer le syndrome des dernières minutes.

Saliou Samb
Depuis Conakry, Guinée Pour Africaguinee.com




  Rubrique: Sport  date: 22-Jan-2008 ŕ 21:00:41  Partager:   :

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