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Reportage sur l'intégration des Guinéens à Dakar: Medina à Dakar c’est Matoto à Conakry

DAKAR-Pays de la teranga, le Sénégal, ancienne colonie française, veut se démarquer de ses voisins guinéen, malien, gambien, mauritanien…par ce concept original qui signifie l’hospitalité. Stratégie sénégalaise d’ouverture se caractérisant par la capacité exceptionnelle des Sénégalais à offrir un bien-être aux étrangers venus d’un peu partout dans le monde, c’est un outil d’interculturalité qui accompagne une société jaloux de sa démocratie. Grâce a sa tradition politique bien ancrée, le Sénégal a de quoi s’imposer comme un pays leader avec une capitale en pleine urbanisation des infrastructures qui n’ont parfois rien à envier à celles de grandes villes européennes. Même si Dakar souffre d’une crise multisectorielle que manifestent sa banlieue populaire, Pikine, Guédiaway, Grand-Yoff et Médina, elle offre une ère de jovialité qui rend bien compte de cette tradition sénégalaise. En tout cas, ce ne sont pas les Guinées de Dakar qui méconnaissent cette fameuse teranga chantée à longueur de journée par les compatriotes de Senghor.
Medina accueille une forte communauté guinéenne venue des régions de Labé, de Mamou, de Pita et d’autres de Conakry. Bien installée dans ce quartier populaire de Dakar, l’intégration de la communauté dément difficilement la moquerie sénégalaise qui fait de leur capitale « le Paris des Guinéens ». Les Guinéens sont si bien à l’aise dans ce quartier populaire, côtoyant d’autres nationalités au point de reconstituer Matoto, une banlieue populaire de Conakry forte de sa diversité ethnique.
En quête d’identité et de repère, la majeure partie des Guinéens de Dakar se dirige vers la Medina situé à un kilomètre du centre-ville (Dakar plateau). Ce quartier est également un carrefour culturel avec la diversité ethnique qui rassure les étrangers vivant dans cette ville. Médina est à l’image d’un de ses plus digne fils et ambassadeur, le célébrissime Youssou N’Dour y a vu le jour. Ce qui donne aux médinois une fierté exceptionnelle en matière d’ouverture et d’accueil. C’est un endroit animé où il fait bon vivre même si la cohabitation rime avec disputes, bagarres, installations anarchiques dans les rues comme la plupart des quartiers populaires. Ce qui n’empêche la communauté guinéenne à se souder, partageant plus ou moins des activités communes et parlant des langues autres que le wolof comme le peulh, soussou et malinké dans un cadre de vie qu’elle s’est suffisamment appropriée.
La teranga sénégalaise est d’autant plus vraie par la manière dont les ressortissants guinéens interagissent avec la société d’accueil par leurs commerces, restaurants et autres formes d’implications. Les Guinéens de Dakar fréquentent aussi les institutions publiques telles que les écoles, les universités (Cheich Anta Diop de Dakar, Ndrl)...
Un des facteurs essentiels du choix de la médina comme quartier d’accueil de ces citoyens Guinéens est loyer relativement à leur portée ainsi que la proximité du marché « tilen » où se déroulent beaucoup de leurs activités.
A la Medina où nous avons rencontré des ressortissants Guinéens, certains ont insisté sur ces dimensions sociales, culturelles et économiques. Madame Aïssatou Bah, vendeuse de poisson au marché« tilen » déclare : « Je suis venue au Sénégal depuis 10 ans, j’ai habité plusieurs quartiers avant de m’installer à la Medina, mais ici je me sens comme chez moi. Je vis avec mes compatriotes ici et on est très proches. Le loyer n’est pas cher contrairement à la Guinée. Je suis plus proche de mon lieu de commerce, cela fait que je n’ai pas besoin de dépenser pour mon déplacement. Je dirai que je m’en sors bien et que je vis bien ».
Un peu plus loin sur la rue 6, Madame Diallo Oury a décrit les conditions dans lesquelles elle vit dans ce quartier : « Ma coépouse et moi vivons dans une seule pièce avec nos trois enfants en attendant d’avoir les moyens de trouver un meilleur logement. Nous sommes là depuis deux ans maintenant. En Guinée j’habitais le quartier matoto avant de rejoindre mon mari et ma coépouse à Dakar. Nous participons à beaucoup d’activités guinéennes et je me sens comme chez moi .Ma coépouse est lingère et moi je vends des cacahuètes à colobane post ».
Quant à Monsieur Ousmane Diallo, vendeur de café Touba au marché de Colobane il avoue se serrer la ceinture avec son épouse pour s’en sortir. Mais, Médina leur rappelle le quartier populaire de Matoto en Guinée .
Un reportage de Fatoumata Binta Diallo
Depuis Dakar
Pour Africaguinee.com |
  Rubrique: Diaspora GuinĂ©enne  date: 22-Feb-2012 ŕ 10:57:45  Partager:   :  |
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