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Sénégal : le gouvernement s'excuse de la "profanation" de la mosquée

DAKAR-A moins d'une semaine de l'élection présidentielle contestée du 26 février, le gouvernement sénégalais tente de calmer les esprits, particulièrement échaudés après un incident dans une mosquée de la confrérie musulmane tidiane à l'intérieur de laquelle un policier avait lancé des grenades lacrymogènes au cours de violences vendredi à Dakar.
"Je voudrais présenter, en mon nom personnel et au nom des plus hautes autorités de la police nationale, nos plus sincères excuses au calife général" de la confrérie musulmane des Tidianes et à ses disciples, a dit le ministre de l'intérieur sénégalais dans une déclaration à l'Agence de presse sénégalaise (APS). Egalement ministre du culte, il a qualifié le geste du policier "d'incident regrettable" et de "bavure policière", déplorant "l'exploitation à des fins politiques qui est fait de cet incident". "L'exercice du culte doit être séparé de l'action politique et je voudrais que nous autres, acteurs politiques, éloignons nos manifestations des mosquées", a-t-il ajouté.
Le ministre s'était rendu samedi dans l'une des villes saintes des Tidianes, Tivaouane, dans l'Ouest, pour y rencontrer leur calife général, Serigne Mbaye Sy Mansour Sy dont le porte-parole avait appelé "au calme". Cet incident à la mosquée El Hadj Malick Sy de Dakar, lors de violences liées à l'interdiction d'une manifestation de l'opposition à la candidature du chef de l'Etat Abdoulaye Wade à la présidentielle, a exacerbé les tensions dans la capitale et d'autres villes. Il a profondément choqué les Tidianes, qui, avec les Mourides, font partie des confréries les plus influentes du Sénégal, pays à 95% musulman. Ce geste a été qualifié par eux de "profanation" d'un lieu de culte et de "toute une communauté".
UNE ÉLECTION SOUS HAUTE TENSION
De nouveaux affrontements ont eu lieu dimanche en début d'après-midi à Dakar entre des manifestants et des policiers devant la mosquée "profanée", a constaté une journaliste de l'AFP. Un millier d'adeptes de la confrérie des Tidianes s'étaient rassemblés devant la mosquée deux jours après ce qu'ils considèrent comme "une profanation", non seulement de ce lieu de culte, mais de "toute une communauté". Le rassemblement se déroulait dans le calme, mais, selon des témoins la venue d'une personnalité dont le nom n'a pas été précisé, mais considérée comme proche du pouvoir, a mis en colère les fidèles.
Les policiers ont tiré des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre des centaines de manifestants qui leur lançaient des pierres, à la fin d'une prière de fidèles de la confrérie musulmane des Tidianes devant la mosquée El Hadj Malick Sy. La journaliste de l'AFP a vu un homme touché par une balle en caoutchouc emmené inconscient par des secouristes.
Les manifestants ont également mis le feu à des planches en bois et des détritus sur l'avenue Lamine Guèye, au coeur de Dakar, où est située la mosquée. Les forces de sécurité, qui semblaient à un moment manquer de munitions alors que les manifestants s'approchaient de l'avenue de la République qui mène au Palais présidentiel, ont reçu du renfort. Trois camions chargés de policiers sont arrivés sur les lieux. Les passants et commerçants de l'avenue se sont déclarés "choqués" que de tels incidents se produisent près d'un lieu de culte. Le président Abdoulaye Wade "doit s'en aller, c'est la seule solution", a dit un de ces commerçants.
Ces incidents surviennent au sixième jour de tentatives d'opposants de participer à des manifestations interdites contre la nouvelle candidature de M. Wade, 85 ans dont douze au pouvoir, à la présidentielle du 26 février. Des tentatives réprimées par les forces de l'ordre, les violences culminant vendredi et samedi, faisant une vingtaine de blessés.
MISSION D'OBSERVATION DE L'UNION AFRICAINE
Une mission d'observateurs de l'Union africaine (UA) conduite par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo va être déployée au Sénégal pour surveiller l'élection présidentielle, a annoncé l'organisation dimanche dans un communiqué. Décision en a été prise par le président de la commission de l'UA, Jean Ping.
Cette mission, dont les premiers membres ont commencé à arriver samedi, sera composée de parlementaires, de responsables de commissions électorales, d'ambassadeurs auprès de l'UA, de représentants d'organisations de défense des droits de l'homme et de la société civile africaine, indique le texte. Une porte-parole de la mission a précisé qu'elle serait composée "d'une quarantaine de membres" et que M. Obasanjo devait arriver à Dakar mardi.
Une mission d'observation de l'Union européenne (UE), forte de 90 membres, est également présente au Sénégal pour surveiller le scrutin.
Lemonde.fr(avec AFP) |
  Rubrique: News Afrique  date: 20-Feb-2012 ŕ 08:15:39  Partager:   :  |
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