
BRUXELLES - L'Union européenne a annoncé vendredi la levée partielle des sanctions à l'encontre du Zimbabwe tout en les maintenant contre le président Robert Mugabe, pour encourager les réformes démocratiques, a-t-on appris de source diplomatique européenne.
L'UE a décidé de lever les interdictions de visa et le gel des avoirs de 51 individus et de 20 entreprises au Zimbabwe, a indiqué un communiqué officiel de l'Union mais le président Mugabe reste sous le coup des sanctions, a précisé un diplomate s'exprimant sous couvert de l'anonymat.
Elle a en outre décidé de suspendre l'interdiction de visa en vigueur contre le ministre des Affaires étrangÚres Simbarashe Mumbengegwi et le ministre de la Justice Patrick Chinamasa, tous deux membres du parti de M. Mugabe, la Zanu-PF, a ajouté ce diplomate.
Le but est de leur permettre de se rendre à Bruxelles et dans l'UE pour rencontrer les officiels européens et faciliter la reprise du dialogue avec eux, a-t-il précisé. En revanche, leurs avoirs resteront gelés.
Parmi la liste de 51 noms bénéficiant d'une levée de l'interdiction de visa et du gel d'avoirs figurent de nombreux anciens ministres et une personne décédée.
Un total de 112 personnes et de 11 sociĂ©tĂ©s soupçonnĂ©es d'ĂȘtre impliquĂ©es ou associĂ©es Ă des politiques ou des activitĂ©s qui portent atteinte aux droits de l'homme, la dĂ©mocratie et la primautĂ© du droit restent soumis Ă des sanctions, qui viennent d'ĂȘtre reconduites pour un an, a indiquĂ© l'UE dans son communiquĂ©.
Parmi elles figure le président Robert Mugabe.
M. Mugabe, qui va avoir 88 ans ce mois-ci, et son parti, la Zanu-PF sont au pouvoir depuis l'accession à l'indépendance de l'ancienne colonie britannique en 1980. Mais aprÚs les élections de 2008, il a été contraint de partager le pouvoir avec son rival Morgan Tsvangirai, une mesure censée ouvrir la voie à de nouvelles élections.
Sous le gouvernement d'unité nationale, l'économie dévastée du Zimbabwe a connu un début de reprise mais la commission des droits de l'Homme promise n'a pas encore commencé à fonctionner, a déploré Human Rights Watch (HRW).
Une nouvelle Constitution, en cours de rédaction, doit ouvrir la voie à de nouvelles élections. Mais le ministre qui en est chargé a déclaré mercredi qu'un référendum sur la charte fondamentale ne pourrait pas se tenir avant le mois d'août, ce qui signifie que les élections n'auraient lieu que l'année prochaine.
Vendredi, l'UE a également décidé de reconduire son gel du versement d'aide au développement au Zimbabwe en raison de la situation des droits de l'Homme dans le pays.
Cette reconduction n'est toutefois prĂ©vue que pour six mois, dans le but de commencer Ă prĂ©parer une coopĂ©ration renforcĂ©e le jour oĂč ces mesures pourront ĂȘtre suspendues, prĂ©cise l'UE dans son communiquĂ©.
D'ici là , l'UE va préparer la planification de sa stratégie d'aide en faveur du Zimbabwe dans le cadre du Fonds européen d'aide au développement (FED).
Malgré les restrictions d'aide au gouvernement zimbabwéen, l'UE a fourni depuis la mise en place du gouvernement d'unité nationale prÚs d'un milliard de dollars d'aide au développement destinée à subvenir aux besoins humanitaires de la population, dans le secteur de la santé et de l'éducation.
L'UE reste prĂȘte Ă reconsidĂ©rer ses mesures en vigueur Ă n'importe quel moment en rĂ©ponse Ă des progrĂšs concrets dans la prĂ©paration notamment d'Ă©lections pacifiques, prĂ©cise le communiquĂ©.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 17-Feb-2012 à 14:47:24  Partager:   :  |