
PARIS-François Hollande a redit hier soir qu'il écartait toute régularisation massive de sans-papiers, contrairement à ce que prétend Nicolas Sarkozy. Mais le flou demeure sur les critères qu'il entend appliquer en la matière.
Sur le thème de l'immigration, Nicolas Sarkozy a déjà fait des propositions radicales : confier tout le contentieux des étrangers à la justice administrative ou encore durcir les conditions de rapprochement pour les conjoints de Français. Et il prête à son opposant socialiste, François Hollande, des idées tout aussi radicales, en particulier celle de régulariser tous les sans-papiers présents en France.
En réalité, le candidat du PS a redit hier soir sur TF1 qu'il n'avait jamais proposé une telle chose. Pas plus d'ailleurs que Ségolène Royal en 2007. Cela fait bien longtemps que le PS ne prône plus de régularisations massives.
Mais le programme de François Hollande en la matière n'est guère précis pour autant. « Les régularisations seront opérées au cas par cas sur la base de critères objectifs », est-il indiqué dans ses « 60 engagements pour la France ». Or, soit on pratique le « cas par cas », comme souvent dans les préfectures aujourd'hui, avec tout l'arbitraire qui peut en découler, soit on se réfère à des « critères objectifs » qui s'appliquent à tous de manière uniforme sur le territoire. Les deux méthodes sont proprement antinomiques. Est-ce à dire que la liste des critères peut évoluer suivant les situations ? Que certains critères sont incontournables, d'autres non ? Dans une interview accordée au « Point » en mai 2011, François Hollande indiquait certains des critères importants à ses yeux : « un travail de fait, même s'il est clandestin depuis longtemps, une attestation prouvée par des témoignages d'une présence continue sur le territoire et la réalité d'une famille en France. La personne concernée doit enfin faire la démonstration d'une intégration sur le territoire ». Peu ou prou, il s'agit des critères déjà appliqués par les préfets pour les 30.000 régularisations effectuées chaque année.
Sur l'immigration professionnelle, là encore c'est le flou qui domine. Si François Hollande, dans l'émission « Des paroles et des actes », le mois dernier, a récusé l'appellation d' « immigration choisie », lui préférant celle d' « immigration intelligente », il ne s'est pas encore avancé sur les secteurs ou les métiers qui devraient s'ouvrir ou non à l'immigration professionnelle. Preuve que le PS n'est guère à l'aise sur le sujet, le think tank Terra Nova, qui publie quantité de rapports pour alimenter le débat à gauche, rechigne à sortir celui sur l'immigration professionnelle, écrit par l'économiste El Mouhoub Mouhoud. Le texte, qui prône une large ouverture à l'immigration professionnelle, ferait-il peur au PS, craignant d'effrayer un électorat fragilisé par le chômage ? Deux propositions sont en revanche très clairement assumées : celle d'abroger la circulaire du 31 mai sur les étudiants étrangers et celle de donner le droit de vote aux étrangers non communautaires pour les élections locales.
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  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 17-Feb-2012 à 12:32:35  Partager:   :  |