
CONAKRY- Au lendemain de la prise du pouvoir par l’armée en 1984, la Guinée s’est résolument engagée sur la voie de la démocratie multi partisane. Ainsi, il en a résulté la création d’une pléthore de partis politiques dont le dénominateur commun est la dépendance vis-à -vis de leurs leaders. Dès lors, se pose la question fatidique : « Que valent nos partis politiques sans leurs leaders ? ».
En effet, il serait difficile d’imaginer les formations politiques guinéennes sans leurs leaders. Dans notre pays, les leaders font la pluie et le beau temps au sein de leurs partis respectifs. Toute initiative vient d’eux et la quasi-totalité des décisions sont prises à leurs niveaux. Naturellement l’une des causes de cette situation est le fait qu’ils sont aussi les seuls à mettre la main dans la poche quand une dépense doit être engagée au nom du parti. Contrairement à certains pays où ce sont les militants et les principaux membres qui cotisent pour supporter toutes les charges liées au fonctionnement du parti, en Guinée tout se focalise au niveau du chef. Tous les « sous multiples » qui rodent autour de lui fut-il un des vices présidents ou autres ne sont là que pour exécuter des ordres. Plus encore, ils profitent de la moindre occasion pour « sucer » sur le dos du chef. Pour la moindre occasion ils profitent pour soit engager des dépenses inutiles ou pour surfacturer.
Il n’est donc pas surprenant qu’à chaque fois qu’on demande à une formation politique de présenter une personne pour participer au gouvernement de voir que c’est le leader lui-même qui se désigne. De toutes les façons il est très rare d’avoir une voix discordante puisque tout le monde sait que le parti vit de la poche du leader.
Le fait que certaines formations politiques aient accepté de se fondre dans le « RPG-arc-en-ciel » sans pour autant consulter leurs bases n’est pas une surprise. Tous les leaders de ces partis sont actuellement à des hauts postes de responsabilités au niveau de l’Etat (Dirus Dialé Doré ministre de la communication (RDR), François Louceny Fall secrétaire général à la présidence de la république(FUDEC) etc…) et ceux qui ne sont pas actuellement dans la « cour royale » espèrent s y retrouver très bientôt.
Cependant, nos partis doivent s’organiser de manière qu’il y ait un partage des rôles et qui ne souffrirait d’aucun conflit de compétence et d’autorité. Ainsi, chacun pourra apporter sa pierre et prendre part au débat sans offusquer ou provoquer des rivalités. Il y va surtout pour le succès de la jeune démocratie guinéenne.
SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour AFRICAGUINEE.COM |
  Rubrique: Politique  date: 31-Jan-2012 ŕ 16:15:50  Partager:   :  |