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Grande Interview: Confidences de Moussa Solano du PUP...

CONAKRY-Si le pays est toujours plongé dans une transition politique, le parti de l'Unité et du progrès (PUP, ancien parti au pouvoir)n'a pas dit son dernier mot!Son leader Moussa Solano mobilise ses troupes pour conserver l'héritage politique du Président Lansana Conté.Au micro de notre reporter, Moussa Solano explique les ambitions du PUP, son rôle au sein de l'opposition et bien sûr la transition dans le pays en attendant la tenue des élections législatives.Entretien exclusif!
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. Solano !
MOUSSA SOLANO : Bonjour M.Souaré !
AFRICAGUINEE.COM : Comment se porte aujourd’hui le parti de l’unité et du progrès, trois ans après le décès de l’ancien président Lansana Conté ?
MOUSSA SOLANO : Je voudrais d’abord remercier votre site Africaguinee.com pour ce déplacement que vous avez fait au siège de notre parti le PUP. Ce qui traduit l’intérêt que vous accordez à cette formation politique qui aujourd’hui dans le paysage politique de notre pays, se trouve être une formation qui s’est intéressé à beaucoup de compétitions et a participé à beaucoup de compétitions, qui les a remportées par moment et qui les a perdues par moment. Je crois que c’est là la marche d’un parti politique, un parti qui veut survivre au-delà de ses fondateurs. La survivance d’un parti politique ne réside pas seulement dans l’existence des structures mais c’est aussi le fait que les hommes, les femmes et même les jeunes qui animent ce parti soient mû par le sentiment de prolonger et assurer la continuité de l’œuvre qui a été entreprise par les devanciers. Je crois que nous sommes à cette étape. Aujourd’hui quand vous posez la question de savoir quelle est la situation du parti après le président Lansana Conté je dois dire d’abord que le président Lansana Conté a été un grand homme, a été un homme qui a eu une vision, celle de rassembler les guinéens, celle de faire en sorte que l’unité ne soit pas seulement un vain mot mais un comportement que chaque guinéen doit ressentir et doit adopter. Je crois que c’est ça qui a habité le président Lansana Conté, il s’est mis à l’œuvre pour que les guinéens se reconnaissent en eux-mêmes, qu’ils assument leur histoire, leur passé parce qu’un peuple est éternel mais les hommes qui dirigent les peuples passent mais ce qui restent ce sont les valeurs auxquelles le peuple peut croire et qui font que le peuple soit capable de forger son propre destin. Je crois que c’est ça qui a été un leitmotiv fort pour le Général Lansana Conté. Dans cette perspective, dans cette vision qu’il a été de matérialiser, il a créé le PUP, c’est un parti national, c’est un parti où le débat ne peut être tribalisé, où le débat ne peut être communautarisé, c’était une idée de rassemblement du peuple de Guinée. Donc le PUP a été créé sur cette base et aujourd’hui nous restons derrière ces idéaux, nous restons derrière ces valeurs, et pour le faire le président Lansana Conté a été tolérant, il fallait l’être pour que le PUP qui est un parti véritablement démocratique puisse grandir. Il a laissé un pays démocratique où la liberté d’aller et de venir a été consacrée et chacun en a jouit suffisamment et on continue encore à en jouir .Et c’est pourquoi je pense que notre paysage s’est beaucoup amélioré parce que les guinéens ont senti que c’est dans ce cadre de démocratie que l’initiative est permis et chacun a eu l’idée de créer et d’apporter sa contribution au patrimoine commun.
Nous n’allons pas rester dans un cadre de nostalgie qui consiste à pleurer sur les avantages que nous avons eu à partir de l’existence du président Lansana Conté. Le PUP a donc tiré les leçons du passé, a essayé de dire nous allons nous assumer nous-mêmes. C’est vrai qu’au décès du président Lansana Conté le parti a perdu beaucoup de ses militants, beaucoup de ses responsables, ce sont eux qui occasionnent la perte des militants parce que ce sont eux qui sont chargés de l’éducation et de la bonne formation des militants dans l’espace stratégique. Si ces responsables sont mus par d’autres sentiments que ceux inscrits par l’éthique du parti il va s’en dire que le coup se fera sentir au niveau des militants. Donc la désertion est partie du fait que les responsables qui étaient chargés de l’encadrement, de l’orientation ont eu à prendre d’autres directions. Aujourd’hui le PUP à la faveur du 2e congrès du parti a tiré les leçons, a dit nous ne pouvons plus continuer de cette manière, celui qui a créé le PUP ne vit plus, ensuite le PUP avec quelques fois les responsables véreux qui existaient et qui étaient là parce qu’ils défendaient des causes personnelles et non une cause générale, ils affirmaient la conviction mais en réalité ils défendaient une position donnée alors ils créent maintenant la désinformation, ils créent le désordre, ils créent la défection au sein du PUP. Au lendemain donc de ce 2e congrès nous avons mis en place la direction nationale du parti, le bureau politique, les comités nationaux des jeunes, des femmes, le comité central, tous ses organismes ont été mis en place dans le but du rassemblement. Nous avons été aux élections présidentielles non pas parce que nous étions suffisamment préparés mais par tradition, par habitude nous ne pouvions pas être absent d’une compétition électorale en Guinée, parce que l’élection présidentielle est intervenue trois mois après la mise en place du bureau politique national, le temps était pratiquement court pour le PUP de prendre part à une élection de cette envergure mais par tradition nous sommes engagés dans cette élection. Les résultats n’ont pas été à la dimension de nos espoirs c’est vrai mais cela est consécutif de la situation que j’ai décrite plus haut c'est-à -dire que les responsables ont lâché le PUP et donc il va s’en dire que les militants ne pouvaient pas aller dans le sens souhaité par notre parti. Donc au lendemain de ces élections nous avons tiré les leçons parce que le 2e tour de ces élections a créé également une situation qui n’était pas favorable. Le parti s’est vu un peu divisé au niveau des militants, mais aujourd’hui nous sommes en phase de rassembler tout le monde parce que devons comprendre que le PUP est un grand parti. Ceux qui étaient partis à gauche ou à droite se sont retrouvés de nouveau au PUP et nous faisons un ménage utile. Nous sortons du Fidawou (lecture du saint coran accompagnée de prières Ndlr) que nous avons organisé à la mémoire du président Lansana Conté. Ce fidawou a essayé de donner la dynamique du parti, a traduit son organisation et sa volonté de persévérer dans l’organisation et dans l’élévation de notre parti.
AFRICAGUINEE.COM : Certains observateurs parlent aujourd’hui d’une véritable division au sein du PUP après les départs de Cheick Ahmed Camara et de Aboubacar Somparé…
MOUSSA SOLANO : Au moment où je vous parle Aboubacar Somparé se trouve dans son bureau (au siège du PUP Ndlr). Je ne sais donc pas si on peut faire un départ et rester au siège du parti. Vous êtes donc témoin s’il est parti ou s’il est toujours là . Deuxièmement Cheick Camara nous avons fait le fidawou avec la basse côte. C’est une organisation que dirige Cheick Camara et nous avons tiré les leçons ensemble ici et ça été quelque chose de merveilleux. Je profite de l’occasion pour saluer la basse côte qui est animée par les responsables du parti de façon générale et Cheick Ahmed Camara qui en est le président est membre du bureau politique national. Donc nous n’avons pas vu le départ de Cheick Ahmed Camara pour le moment, nous sommes ensemble, nous traitons les questions ensemble maintenant si quelqu’un d’autre l’a vu ailleurs nous ne pouvons pas le contester mais ici le pays ne fait pas un milliard d’habitants, nous avons des liens avec tout le monde et les liens sont sociaux, des liens d’affaires. Le seul fait donc de voir quelqu’un avec des gens ne signifient pas que c’est là qu’il marque sa position politique. Donc moi je dis que ces rumeurs ne sont pas encore d’actualité au sein de notre parti, il continue à vivre très bien, il se porte mieux qu’il ne l’était au lendemain du décès du président Lansana Conté, il se porte mieux parce que déjà les 14 fédérations de Conakry sont mises en places, les sections sont aussi entrain d’être mises en place ainsi que les comités de jeunes et de femmes. Par effet de contagion cette imitation est entrain de se faire à l’intérieur du pays aussi. Nous ne disons pas aujourd’hui que partout nous avons des comités de base mais nous avons au moins un bureau fédéral dans toutes les préfectures.
AFRICAGUINEE.COM : Peut-on savoir quelle est la position du PUP sur le dialogue politique enclenché depuis le 27 décembre dernier ?
MOUSSA SOLANO : Notre position est celle du collectif (collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition Ndlr) auquel nous appartenons. Nous n’avons pas une position singulière. Le PUP est un parti du dialogue, il ne faut pas oublier que le PUP est un parti qui vient de loin donc un parti qui se reconnait plus dans le dialogue que dans la violence, se reconnait plus dans le débat que dans l’agressivité. 
Aujourd’hui c’est ce que nous faisons, on s’est engagé dans le dialogue puisque le dialogue est nécessaire pour notre pays. Donc au niveau du collectif c’est cette démarche que nous épousons parce que le collectif est demandeur de dialogue, c’est le collectif qui a demandé à ce qu’il y’ait un dialogue.
AFRICAGUINEE.COM : Mais est-ce que vous participez aux différentes réunions de ce collectif M. Solano ?
MOUSSA SOLANO : Mais bien sûre ! Je suis du collectif ! Il y a eu un petit moment de trêve, c’est indépendamment de ma volonté, le collectif le sait, nous sommes en harmonie par rapport à cette situation. Donc ce n’est pas un retrait, c’est une attitude qui était dictée par des pesanteurs que nous avions au sein de notre parti. Le collectif sait que j’étais occupé à quelque chose dont lui-même a besoin c'est-à -dire plus le PUP marche bien mieux ça va pour le collectif parce que je ne vais pas m’assoir au sein du collectif en tant que Moussa Solano, je m’assois en tant que président d’un parti politique. Nous saluons donc que le collectif participe au dialogue.
AFRICAGUINEE.COM : Mais le collectif ne participe pas au dialogue …
MOUSSA SOLANO : Oui nous ne participons pas au dialogue actuel mais le dialogue nous le voulons et nous finirons par participer au dialogue parce qu’il ne peut se faire sans le collectif. Je ne pense pas qu’on puisse faire le dialogue sans le collectif. Nous sommes là pour la finalisation de la transition, je crois que c’est une dénomination qui colle mieux à l’actualité. On ne peut pas finaliser la transition si on ne fait pas de dialogue. Pour moment nous ne participons pas mais les raisons de notre retrait nous allons peut être très rapidement les dépasser pour pouvoir nous assoir et essayer de traiter les questions. L’essentiel est que nous puissions faire des discussions âpres sur les modalités d’organisation de nos élections puisque la finalité c’est que nous fassions des élections transparentes et acceptables par tous surtout dans la paix parce qu’il y a deux choses, si les élections ne se font pas dans la paix il est difficile de les accepter, si les élections ne sont pas acceptées par tout le monde il est difficile qu’on dise qu’il y a eu des élections crédibles. Donc il faut qu’il y ait les deux, la transparence conditionne l’acceptation des élections et la paix conditionne la crédibilité des élections. Donc je dis qu’il faut que les deux aillent ensemble.
AFRICAGUINEE.COM : L’un des fiefs de votre parti c’est bien sûre la basse côte, que pensez-vous de cette lutte de leadership qu’il ya dans cette région ?
MOUSSA SOLANO : Moi je vous ai déjà dis que les problèmes communautaristes ne sont pas généralement débattus au niveau du PUP. S’il ya crise de leadership ce n’est pas seulement en basse côte, il y en a un peu partout.
Tant que les problèmes se traiteront dans un cadre communautariste il y aura des velléités de chacun de vouloir de prendre le leadership parce que chacun se dit que j’ai la capacité de diriger cette zone, je suis né là , j’ai mes parents ici, donc chacun se donne des critères, chacun se donne des raisons de pouvoir prendre le leadership de la communauté. Mais nous au PUP on ne débat pas communauté parce que l’unité nationale, si nous devons le faire en disant qu’il s’agit de venir dans un cadre communautariste, dans un cadre tribal, je ne sais pas trop si on peut aboutir à une unité nationale. Je pense que ce qui doit prévaloir c’est qu’il y ait un débat démocratique, que chacun quelque soit sa sensibilité ethnique ou religieuse, quelque soit sa sensibilité politique, qu’il ait son mot à dire dans le cadre de la gestion des affaires publiques de notre pays, la situation générale du pays doit intéresser chaque citoyen et c’est dans ça que nous allons pouvoir résoudre les grands problèmes et c’est dans ça que les ressources peuvent être partagées avec beaucoup d’équilibre et da façon rationnelle.
AFRICAGUINEE.COM : Comment se préparent les élections législatives au sein de votre parti le PUP ?
MOUSSA SOLANO : Les législatives se préparent au sein du PUP comme dans tous les états majors, nous nous préparons parfaitement. Nous pensons qu’il faut mieux nous organiser et c’est ce que nous sommes entrain de faire, nous devons concevoir notre schéma politique pour aborder les législatives. Nous devons également concevoir nos stratégies et je ne crois pas qu’il soit utile que je dévoile ça mais dites vous bien que, comme je l’avais expliqué tantôt, au niveau du PUP c’est une tradition pour nous de participer au joute politique, que le PUP sera présent dans les compétitions législatives.
AFRICAGUINEE.COM : Un mot pour terminer M. Solano…
MOUSSA SOLANO : Je voudrais d’abord vous remercier M. Souaré, vous qui avez accepté de venir vers nous de nouveau afin que nous puissions nous adresser à ce monde qui va nous lire, qui va percevoir nos sentiments par rapport au PUP, par rapport à la question nationale. Mon propos sera d’abord de dire aux militants et militantes du PUP que le combat il est âpre, il est même épique, nous devons le combattre sans relâche, nous devons retrousser les manches puisque c’est à travers le parti que nous pouvons mieux nous exprimer, c’est à travers le parti que nous pouvons ensemble conjuguer les efforts. La juxtaposition de nos sentiments peut se faire mieux dans le parti parce que le parti a la légitimité de pouvoir éduquer les militants, parce qu’il a la légitimité de pouvoir présenter des candidats aux élections qui vont parler à la nation et au nom du parti, de pouvoir envoyer des représentants dans l’administration s’il est souhaité, c’est dans le parti que nous pouvons encore faire valoir notre projet de société. Si nous pensons que le libéralisme, la démocratie plurielle sont des valeurs auxquelles nous croyons, nous pensons également que l’unité et la cohésion nationales sont également non pas des vains mots comme je l’ai dis au départ mais des comportements que chaque guinéen doit avoir. C’est en cristallisant ces valeurs que nous pouvons espérer que nous pouvons faire de notre pays un havre de paix, fréquentable par tous. Nous sommes un pays riche mais la richesse du sous sol ne suffit pas si les valeurs humaines qui sont chargées de transformer cette richesse ne sont pas fidèles à l’éthique de leur pays, à la philosophie de leur pays, si ces valeurs là ne sont pas des valeurs conscientes et engagées pour le devenir heureux de leur pays. Le PUP est engagé à faire en sorte que ses responsables, ses militants soient tous motivés pour le devenir de notre pays. Aujourd’hui nous avons vu ce que nous avons faits ensemble, nous avons eu des moments de gloire, nous avons eu des moments de difficultés, c’est ça la courbe qu’un parti peut connaître. Il ya le progrès, il y a des difficultés qui peuvent réduire un peu l’élan par rapport à ce progrès mais tout cela revient à dire que nous devons encore travailler parce que le PUP fait partie des grands partis de ce pays, le PUP fait partie des formations politiques qui ont travaillé dans ce pays et pour ce pays. Pour ma part donc c’est cet appel que je lance à tous ceux avec lesquels je partage le même idéal républicain qui nous a été légué par le président Lansana Conté. C’est cet appel donc que je lance à tous nos militants et à toutes nos militantes, la victoire est au bout de l’effort et nous sommes sûres que nous vaincrons.
INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33
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  Rubrique: Interview  date: 20-Jan-2012 ŕ 15:32:46  Partager:   :  |
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