Le parti du président Lansana Conté et plusieurs formations de l'opposition se sont déclarés opposés à l'appel des syndicats à une grève générale à compter du 10 janvier, dans des déclarations distinctes dimanche soir à Conakry.
Le parti de l'Unité et du Progrès (PUP, au pouvoir) s'est élevé contre le mot d'ordre de grève dans une déclaration lue devant la presse par son secrétaire général, Sékou Konaté. M. Konaté a dénoncé un "comportement irresponsable de certains individus", qu'il n'a pas nommés, en les accusant de "manoeuvres dilatoires pour chercher à mettre la Guinée à genoux".
Une vingtaine de partis politiques de l'opposition ont de leur côté annoncé leur position sur la question dans un communiqué commun publié à l'issue d'une rencontre dimanche après-midi avec l'archevêque de Conakry, Mgr Vincent Coulibaly.
Ces partis "désapprouvent le mot d'ordre de grève lancé par l'inter-centrale syndicale", déclare ce texte, signé notamment par l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, de l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo), l'Union des forces républicaines (UFR, de l'ex-PM Sidya Touré), l'Union pour le progrès et le renouveau (UPR, d'Ousmane Ba) et l'Union pour le progrès de la Guinée (UPG, de Jean-Marie Doré).
Ils estiment que l'appel à la grève a été lancé "sur des bases qui sont d'ordre purement politique et non syndical", et ajoutent qu'ils "n'entendent pas demander à (leurs) militants de descendre dans la rue".
L'archevêque de Conakry a pour sa part exhorté les différentes parties "à réfléchir avant de poser les actes".
Dans leur avis de grève, publié le 4 janvier, les centrales expliquent avoir décidé de déclencher ce mouvement à compter du 10 janvier pour protester contre la violation d'accords signés avec le gouvernement et exiger le retour au gouvernement d'un ministre limogé.
Justin Morel Junior, qui était ministre de la Communication, a été démis de ses fonctions le 3 janvier par le président Conté, sans explication, et remplacé par un proche du chef de l'Etat. L'annonce de son limogeage a donné lieu à des manifestations anti-Conté, qui ont été marquées par un mort.
M. Morel était un membre important du gouvernement de consensus mis en place après des violences survenues en marge de grèves générales lancées par les syndicats en janvier et en février 2007. La répression des manifestations a fait 186 morts et près de 1.200 blessés selon une coalition d'ONG, de médecins légistes et d'avocats.
Africaguinee.com
Source:AFP |
  Rubrique: Politique  date: 07-Jan-2008 ŕ 19:09:56  Partager:   :  |