
MONTREAL - Le criminel de guerre rwandais présumé Léon Mugesera a été arrêté samedi par les hommes de l'Agence des services frontaliers du Canada au Centre hospitalier de l'Université Laval à Québec, puis incarcéré, a-t-on appris auprès des autorités.
Léon Mugesera a été arrêté à l'intérieur de l'hôpital, trois jours après le malaise qui l'avait conduit au CHU, malaise ressenti peu après le rejet de son dernier recours contre son expulsion. Il se trouvait alors dans un état critique, selon sa famille.
Le criminel de guerre présumé, accusé d'incitation au génocide au Rwanda, a été conduit au Centre de prévention de l'immigration de Laval, près de Montréal, selon sa famille citée par Radio Canada. L'Agence des services frontaliers confirme son incarcération.
C'est un nouveau rebondissement dans l'affaire de l'expulsion de M. Mugesera vers le Rwanda, après la décision d'un tribunal québécois, jeudi, suspendre son expulsion vers le Rwanda jusqu'au vendredi 20 janvier, le temps d'examiner une demande du Comité contre la torture de l'ONU, qui a demandé au Canada un délai de six mois pour se pencher sur les risques de torture que M. Mugesera pourrait courir dans son pays.
Cela fait 15 ans que le présumé génocidaire rwandais se bat pour éviter l'expulsion. Il est interdit de territoire depuis 1996, une décision confirmée par la Cour suprême du Canada en 2005.
Jusqu'à ces derniers temps, ses différents recours avaient permis de repousser son renvoi au Rwanda.
Mais avec l'évolution de la situation à Kigali, et notamment l'abolition de la peine de mort en 2007, Ottawa a estimé l'année dernière avoir reçu les garanties suffisantes du gouvernement rwandais concernant le respect des droits fondamentaux de M. Mugesera. En 2009, Kigali avait promis qu'il ne serait pas maltraité et qu'il aurait droit à un procès juste.
En novembre dernier, le ministère de l'Immigration a estimé que son renvoi au Rwanda ne violerait pas ses droits inscrits dans la Charte canadienne des droits et libertés. Puis, le 6 décembre, le gouvernement fédéral canadien lui a adressé une décision indiquant qu'il ne ferait pas face à des risques significatifs s'il retournait au Rwanda.
Dans un discours prononcé en 1992, avant le génocide, M. Mugesera avait traité les Tutsis de cancrelats et dit que ceux dont vous ne couperez pas le cou seront ceux qui couperont le vôtre.
Ce discours a été retransmis publiquement en 1994, alors que se déroulaient les massacres qui ont fait quelque 800.000 morts.
AFP |
  Rubrique: International  date: 16-Jan-2012 ŕ 13:19:29  Partager:   :  |