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Attaque en Guinée-Bissau: des armes saisies chez deux militaires détenus





BISSAU - L'armée bissau-guinéenne a saisi jeudi à Bissau une importante quantité d'armes et de munitions aux domiciles de deux soldats détenus, qui ont reconnu devant la presse avoir participé à l'attaque du 26 décembre contre l'état-major, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les armes ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes lors de perquisitions dans le quartier de Plack 1 (pĂ©riphĂ©rie nord de Bissau) chez les deux militaires arrĂȘtĂ©s, un sergent et un caporal, en leur prĂ©sence. Des journalistes amenĂ©s par l'armĂ©e, dont celui de l'AFP, ont assistĂ© Ă  l'opĂ©ration.

Au total, 30 Kalachnikov, trois lance-roquettes, une mitrailleuse, six caisses d'obus, trois caisses de lance-flammes, huit gilets pare-balles et de nombreuses munitions, dont des balles pour fusils d'assaut, ont été récupérés et transportés à l'état-major.

Le chef d'état-major général des armées, le général Antonio Indjai, s'est déclaré choqué et sidéré par la quantité d'armes saisies.

Je suis surpris de voir autant d'armes qui allaient servir à détruire notre pays. (...) Je lance un appel au gouvernement afin qu'il construise des armureries sécurisées pour éviter que des milliers d'armes circulent hors des canaux appropriés de contrÎle, a-t-il affirmé devant la presse.

Le 26 dĂ©cembre, le gĂ©nĂ©ral Indjai avait annoncĂ© la mise en Ă©chec d'un coup de force fomentĂ© par un petit groupe de militaires qui voulaient changer l'ordre au sein de l'armĂ©e et du gouvernement en attaquant l'Ă©tat-major et deux unitĂ©s de l'armĂ©e Ă  Bissau aux premiĂšres heures de la mĂȘme journĂ©e.

Ces hommes ont voulu récupérer des armes que nous avons dans les armureries, avait-il expliqué. Le gouvernement a parlé de tentative de coup d'Etat.

Le 26 septembre, le porte-parole de l'armée avait annoncé l'arrestation de plusieurs officiers, dont le chef de la Marine, le contre-amiral José Américo Bubo Na Tchuto, considéré comme le cerveau de l'attaque.

Les militaires visĂ©s par les perquisitions de jeudi sont le sergent JosĂ© Batista SambĂ©, de la Marine, et Antonio Mario Cabi, un ex-membre de la garde prĂ©sidentielle. Tous deux ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s mardi, selon des sources militaires qui n'ont pas prĂ©cisĂ© les lieux et circonstances de leur arrestation.

Dans des déclarations à la presse en marge des perquisitions, les deux hommes ont affirmé avoir participé à l'assaut contre l'état-major visant, selon le sergent Sambé, à prendre des armes pour renverser la chefferie militaire en place.

C'est moi qui ai conduit le commando qui a attaqué lundi (26 décembre) à l'aube l'état-major. Nous y avons pris des armes que nous avons transportées à bord d'un pick-up jusqu'à Plack 1 chez Antonio Mario Cabi, a indiqué le sergent Sambé.

Le caporal Mario Cabi a de son cÎté dit: Les armes ont été gardées chez moi parce que c'est (là) que nous avions créé la ligne de repli.

Selon les témoignages des deux soldats, les assaillants étaient tous motivés par le mécontentement face à leurs conditions de vie, le faible niveau de leur solde ou l'interruption de son versement pour certains, dans ce pays de quelque 1,5 million d'habitants à l'économie précaire.

Ex-colonie portugaise, la Guinée-Bissau est confrontée depuis son indépendance, en 1974, à des violences récurrentes dans lesquelles les soldats sont des acteurs importants.

AFP

  Rubrique: News Afrique  date: 29-Dec-2011 à 19:11:29  Partager:   :

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