
GENEVE-Il risquait jusqu’à quinze ans de prison pour viol et contrainte sexuelle avec cruauté. Mais après avoir effectué environ une semaine de détention provisoire à Champ-Dollon, D., un Guinéen séjournant illégalement en Suisse, vient d’apprendre le classement de la procédure à son encontre. Si D. n’a rien fait, cela veut donc dire que l’individu qui a violé une jeune femme de 17 ans il y a un peu plus de dix jours à proximité de la Perle du Lac court toujours.
Les faits, déjà évoqués dans notre édition du 23 décembre, remontent à la nuit du 15 au 16 décembre. R., une jeune femme de 17 ans, croise une connaissance dans le quartier des Pâquis. Elle lui remet un billet de 100 francs contre un autre de 100 euros. Puis elle se rend dans un kiosque. Là , le gérant lui signale que son billet est un faux.
Selon les déclarations de la jeune femme, deux hommes de type africain présents dans le kiosque lui proposent de récupérer l’argent auprès de sa connaissance. Elle accepte. Les deux hommes lui suggèrent ensuite de marcher un peu ensemble.
Pistolet et couteau
Ils longent le quai Wilson jusqu’au début du parc Mon-Repos. Un des deux individus quitte alors le groupe. L’adolescente et son accompagnant continuent de marcher. Pas longtemps. L’Africain se montre menaçant. Selon la victime, il sort un pistolet et un couteau. Puis la viole. Il quitte ensuite les lieux en cachant l’arme et le couteau dans le parc, sous des feuilles.
La victime se réfugie alors aux Pâquis. Une tierce personne alerte la police. Il est à peu près 3h du matin. Moins d’une heure plus tard, D., qui peut correspondre au signalement du violeur, est interpellé.
La police soumet une planche photo – contenant quatre clichés dont celui de D. – à la jeune femme. Elle désigne le Guinéen comme étant son agresseur. Plus tard, la victime se voit montrer une deuxième planche photo. Il y a huit individus dessus. La jeune femme reconnaît partiellement D. Elle ajoute qu’elle pourrait être formelle si elle le voyait et, surtout, si elle entendait sa voix.
Le 22 décembre, la police décide d’organiser une confrontation. La plaignante peut entendre la voix du prévenu, qui s’est toujours dit innocent. Puis il lui est présenté derrière une vitre sans tain. Elle exclut formellement qu’il puisse être son agresseur, mais précise qu’il présente des similitudes physiques avec le violeur.
Au lendemain de cette confrontation, la procureure Laurence Piquerez ordonne le classement de la procédure pour viol. Elle précise qu’«aucun soupçon n’existe plus à son encontre». D. ne recouvre pas la liberté pour autant. Pour avoir transgressé la Loi sur les étrangers, il est condamné à deux mois de prison.
Aucune autre arrestation
«Je tiens à souligner le travail extraordinaire de la procureure dans cette affaire. Elle est restée sereine face à des actes gravissimes, confie Me Grégoire Rey, avocat de D. Le système a bien fonctionné. Ce qui n’est pas toujours le cas.» D. n’étant pas le coupable, l’enquête se poursuit, bien sûr. Hier, la procureure Laurence Piquerez nous a confirmé qu’aucune autre arrestation n’avait eu lieu, pour l’heure, dans cette affaire.
Source:La Tribune de Genève |
  Rubrique: Diaspora GuinĂ©enne  date: 28-Dec-2011 ŕ 09:54:36  Partager:   :  |