
NEW-YORK-Après son arrestation, l’ex-patron du FMI n’a jamais été questionné par les enquêteurs. L’avocat de Nafissatou Diallo s’interroge sur cette « bien curieuse mansuétude ».
C’est une curiosité de plus dans l’affaire du Sofitel. Alors qu’il venait d’être arrêté à l’aéroport Kennedy à New York le 14 mai vers 16h40, Dominique Strauss-Kahn n’a, selon nos informations, jamais été interrogé par les policiers en charge de l’enquête sur l’agression de la femme de chambre du Sofitel.
Aucun procès-verbal de transcription des déclarations de DSK ne figure d’ailleurs dans le dossier, comme le révèle la synthèse des faits remise par le procureur le 16 juin dernier au juge Michael Obus. « Il a bénéficié pour le moins d’une bien curieuse et tout à fait inhabituelle mansuétude de la part du procureur de New York », tempête Douglas Wigdor, l’un des avocats de Nafissatou Diallo. Pendant six heures, DSK ne se verra poser aucune question sur les faits, jusqu’à ce qu’il appelle son avocat à 23 heures. Celui-ci lui conseillera de ne rien dire. « Lorsqu’il est intercepté à la porte de son avion, M. Strauss-Kahn est soupçonné de viol et d’agression sexuelle. Et on ne lui pose aucune question! C’est tout à fait contraire à la règle en vigueur aux Etats-Unis où la police a le droit de vous interroger selon le principe de coopération volontaire du témoin et surtout dans une unité aussi spécialisée que celle des crimes sexuels où les enquêteurs sont très offensifs », lance l’avocat Douglas Wigdor, qui avoue « ne pas comprendre cette étrange attitude des enquêteurs » vis-à -vis de DSK, « sauf à considérer qu’il y a eu des consignes pour ne pas interroger cet homme ».
Une intervention du procureur ?
Douglas Wigdor voit dans l’attitude de la police « une intervention du procureur Cyrus Vance », lui-même « appelé par un fonctionnaire du ministère français de la justice », soutient l’avocat. A 23 heures, DSK indique au détective Steven Lane que son « avocat lui a dit de ne rien dire » mais que lui « était prêt à parler ». « S’il y a eu complot, c’est contre la justice américaine et les droits de la victime car en ne l’interrogeant pas, la justice de New York a donné une chance au suspect de se taire », se désole encore l’avocat. Dans cette affaire, DSK aura été blanchi sans avoir jamais été amené à s’expliquer sur les faits, ses avocats évoquant seulement une relation consentie.
Près de 10 millions de personnes ont regardé jeudi BFMTV. La chaîne française d’information en continu diffusait en exclusivité mondiale, à partir de midi et toute la journée, les images de la vidéosurveillance de l’hôtel Sofitel de New York, prises le 14 mai dernier, juste après l’agression sexuelle présumée de la femme de chambre Nafissatou Diallo par DSK.
Leparisien.fr |
  Rubrique: Dossier du Jour  date: 12-Dec-2011 ŕ 11:49:42  Partager:   :  |