
BERLIN-Alors que la France renvoie ses étudiants étrangers, l’Allemagne ouvre largement ses portes aux chercheurs, étudiants, ingénieurs et populations qualifiées. Et le fait savoir…
"Rendre l’Allemagne attirante pour la main d’œuvre étrangère". L’objectif affiché par le ministère allemand de l’Economie a de quoi laisser songeur de ce côté-ci du Rhin. Alors que la circulaire Guéant empêche toujours des centaines d’étudiants étrangers de rester en France pour y exercer un premier emploi, le conseil des ministres allemands a décidé d’ouvrir en grand les portes du pays aux étudiants étrangers, et beaucoup plus largement, aux immigrés non européens qualifiés.
Sans condition de diplôme, tout étranger issu d’un pays non-européen et embauché à 48 000 euros par an obtiendra un titre de séjour permanent. Jusqu’à présent, il devait décrocher un emploi rémunéré au moins 66 000 euros. Le même projet de loi prévoit de faciliter la délivrance de titres de séjour aux chercheurs, aux diplômés d’une université allemande ou, modèle allemand oblige, à tout étranger en formation professionnelle en Allemagne.
"Carte bleue européenne"
L’Allemagne a également prévu de transposer la directive européenne créant une "carte bleue européenne" favorisant l’ouverture du marché du travail aux ressortissants non européens sous condition de diplôme. Outre-Rhin, la barre a été fixée à 44 000 euros annuels, 33 000 euros pour certains métiers en tension (technologies, informatique, télécoms, médecins). En France, le seuil pour bénéficier de cette "carte bleue européenne" est fixé à 51.444 euros annuels.
Les situations démographiques et de l’emploi sont, il est vrai, radicalement opposées dans les deux pays. En Allemagne, le taux de chômage très bas (5,5%) s’explique non seulement par une bonne tenue de l’emploi, mais également par une population active en baisse (l’Allemagne a perdu 530 000 habitants de 15-64 ans en trois ans).
En France, le chômage explose (9,6%) et la démographie reste galopante. L’Allemagne sait donc qu’elle devra trouver une solution à la pénurie de main d’œuvre qui s’annonce, notamment dans les métiers les plus qualifiés. En Allemagne, on estime à 1,8 million de postes seront vacants d’ici 2020. Les nouvelles mesures devraient permettre l’entrée de 350 000 personnes par an.
Reste qu’Angela Merkel n’avait pas envoyé de message aussi fort jusqu’à présent, tenue par un électorat conservateur plutôt opposé à une envolée de l’immigration. Mais elle tempère l’ouverture de ses frontières, reconnaissant que "les gens ne font pas la queue pour venir en Allemagne". Et a, dans le même temps, prolongé les conditions restrictives d’immigration des Bulgares et Roumains dans les professions peu qualifiées du bâtiment et du nettoyage.
Source: usinenouvelle.com |
  Rubrique: Diaspora GuinĂ©enne  date: 10-Dec-2011 ŕ 19:34:23  Partager:   :  |