 |
| Detail de la News |
Immigration: "Il faut que les guinéens sachent comment vivent leurs compatriotes en Belgique...",exp

CONAKRY-Actuellement en mission à Conakry, le directeur de l'office belge des étrangers vient d'alerter le gouvernement sur la situation de milliers de guinéens en Belgique.Freddy Roosemont souhaite sensibiliser les jeunes candidats à l'immigration de ce qui les attend en Europe où les lois sur l'asile se sont durcies.Il s'est confié au micro de notre reporter à Conakry.Entretien exclusif!
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. le Directeur ! Dites nous,tout d’abord, c’est quoi l’office belge des étrangers?
FREDDY ROOSEMONT :Bonjour! C’est l’office d’immigration belge qui gère un peu tous les aspects d’immigration. On a quelque chose à dire dans l’octroi des visas, les titres de séjour que ça soit pour les étudiants, les travailleurs ou les regroupements familiaux. Il y a aussi une partie de l’asile. Ce ne sont pas des décisions en soit mais on intervient au début et la fin mais aussi pour le retour des immigrés on s’occupe de ça aussi.
AFRICAGUINEE.COM : Depuis quelques jours vous êtes en séjour en République de Guinée, peut-on connaître l’objet de votre visite ?
FREDDY ROOSEMONT : L’objet est de prévenir, c’est de donner la vraie information sur la situation actuelle en Belgique. C’est logique que les gens n’aiment pas avouer leurs échecs là bas mais la situation actuelle fait que beaucoup de personnes dorment dans les gares, dans les rues. Ce sont des gens qui ont droit à l’accueil mais vu le grand nombre de monde, on ne peut pas remplir donc nos obligations. Ils se retrouvent donc dans des situations extrêmement pénibles. Je trouve que le public guinéen a droit de savoir ça, il a droit de savoir que, parce que nous on connaît la situation en Guinée et celle des demandeurs aussi. C’est généralement un groupe de jeunes qui ne justifient pas la persécution politique et en troisième lieu, une fois qu’une décision négative tombe, on va les suivre pour être sûre qu’ils retournent, volontairement s’ils le souhaitent, et forcer si nécessaire. Pour éviter que les gens prennent une initiative comme ça, une initiative qui ne peut pas aboutir, je suis donc venu avec mes collègues de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM)pour dire aux populations guinéennes via les médias, parce que les médias sont quand même puissants, leurs expliquer donc la réalité de la vie de là bas.
AFRICAGUINEE.COM : Dans votre agenda, est-ce qu’il est prévu que vous rencontriez les différentes autorités guinéennes ?
FREDDY ROOSEMONT : On l’a déjà fait. On l’a fait hier, on l’a fait ce matin encore et il y a d’autres rendez-vous encore demain matin avec les ministres des affaires étrangères, de la sécurité, des guinéens de l’étranger aussi.
AFRICAGUINEE.COM : Qu’attendez-vous concrètement des autorités guinéennes ?
FREDDY ROOSEMONT : Nous attendons que les autorités guinéennes passent le même message que nous et ce message est un message neutre mais objectif et juste et qu’on collabore plus qu’on ne le fait maintenant.
AFRICAGUINEE.COM : Quelle est la situation des guinéens vivant en Belgique ?
FREDDY ROOSEMONT : Comme je le disais on a près de 8500 guinéens vivant légalement en Belgique et on a au moins un nombre de centaines pour ne pas dire des milliers vivant illégalement en Belgique. Ce sont des gens qui ont essayé la procédure d’asile, qui ont introduit une demande d’asile et ils ont eu des décisions négatives. En ce moment donc ils reçoivent une note leur demandant de quitter le territoire avant que la police belge ne les attrape avec la collaboration des autorités guinéennes pour qu’ils reviennent en Guinée.
AFRICAGUINEE.COM : Qu’est ce qu’il faut pour bénéficier de l’asile que vous accordez très souvent à ces immigrés ?
FREDDY ROOSEMONT : Il faut avoir des raisons individuelles et être persécuté par le gouvernement pour des raisons politiques, religieux ou autres. C’est extrêmement juridique d’avoir l’asile, c’est extrêmement limité. Ce n’est pas le fait de parler de pauvreté, ce ne sont les crises socio-économiques qui donnent l’asile et ce n’est pas non plus l’espoir d’avoir un meilleur cadre de vie.
AFRICAGUINEE.COM : A ce jour est-ce que vous avez une idée du nombre de guinéens qui ont été régularisés ?
FREDDY ROOSEMONT : A la fin de l’année 2009 ça devait faire plusieurs centaines mais c’était une décision du gouvernement de faire ça une seule fois mais le gouvernement actuel , tous les partis du gouvernement et même le futur gouvernement, ils sont d’accord sur un point: c’est de ne plus refaire ça parce que ça devient attractif pour bon nombre de personnes. Ils vont donc arrêter les procédures existantes.
AFRICAGUINEE.COM : Donc les guinéens en situation irrégulière risquent d’être expulsés ?
FREDDY ROOSEMONT : Renvoyés, oui ! Mais on n’a d’autres options beaucoup plus positives. On a par exemple le retour volontaire au moment que les gens sont prêts à revenir avec l’assistance de l’OIM (Organisation Internationale des Migrations Ndlr) et de ses partenaires, on peut leur fournir de l’aide, même de l’aide financière mais ils doivent être prêts à faire ça mais pour l’instant c’est un programme qui n’a pas eu de succès dans le milieu guinéen.
AFRICAGUINEE.COM : Plusieurs de nos compatriotes se plaignent d’avoir été séquestrés en Belgique. Quelle est votre réaction ?
FREDDY ROOSEMONT : Ils ne sont pas séquestrés. C’est le fait qu’ils se retrouvent dans un centre fermé c’est bien possible et c’est aussi normal. D’abord il y a un délai normal pour quitter le pays et s’ils ne le font pas, la prochaine étape c’est un retour forcé et ils sont amenés pendants des semaines ou des mois dans un centre fermé.
AFRICAGUINEE.COM : Les études ont montré que l’une des causes de l’immigration clandestine c’est le chômage. Qu’est ce que votre institution est entrain de faire pour appuyer des pays comme la Guinée dans la lutte contre la pauvreté ?
FREDDY ROOSEMONT : Pour l’instant l’office a un but migratoire. Ce n’est pas un but socio-économique. On prend contact avec nos collègues du département de développement belge pour voir s’il peut faire des programmes avec les autorités guinéennes pour développer un certain nombre de choses. On le fait quotidiennement mais ce ne sont pas de sommes énormes quand même, ce ne sont pas des millions et des millions d’euros quand même.
INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 60 36 80 12 |
  Rubrique: Interview  date: 25-Nov-2011 ŕ 18:58:21  Partager:   :  |
|
|
|
The Nun'S copyright -- design by Nun'S