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Présidentielles en France: Nicolas Sarkozy et la Droite populaire contre le vote des étrangers





PARIS-Sans surprise. Le Président Sarkozy s'est prononcé, ce mercredi, contre le droit de vote des étrangers hors Union européenne aux élections locales, lors de son discours au 94e congrès de l'Association des maires de France. Si les socialistes en ont fait un thème fort de leur campagne, Nicolas Sarkozy a voulu montrer son opposition au projet de loi du Sénat. En effet, la chambre haute du Parlement, qui a basculé à gauche lors des sénatoriales de septembre, examinera le 8 décembre une proposition de loi constitutionnelle du PS en ce sens, déjà votée par l'Assemblée nationale le 3 mai 2000 sous le gouvernement du premier ministre socialiste Lionel Jospin mais rejetée par le Sénat d'alors, à majorité de droite.

Cette proposition "risque de diviser profondément les Français"

Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à évoquer une « proposition hasardeuse ». Et de poursuivre : « Elle présente le risque de diviser profondément les Français au moment où plus que jamais nous avons le besoin de nous rassembler. » Et de préciser : « Les traités européens qui s'appliquent en France ont prévu que les citoyens de l'Union européenne résidant en France peuvent participer aux élections municipales et aux élections européennes, nous avons une communauté de destin ». Le chef de l'Etat a ensuite ajouté : « Mais je suis très attaché à ce que notre Constitution n'aille pas au-delà, parce que je crois depuis longtemps que le droit de voter et le droit d'être élu dans nos territoires doit demeurer un droit attaché à la nationalité française. »

La solution : obtenir la nationalité française

Sous les applaudissements d'une salle acquise à sa cause, Nicolas Sarkozy a insisté : « Si une personnalité de nationalité étrangère qui réside dans notre pays, qui respecte nos lois et nos valeurs, veut participer aux choix politiques de notre nation, alors mesdames et messieurs les maires, une voie lui est ouverte, cette voie c'est l'accès à la nationalité française. » Si la position du chef de l'Etat n'est pas nouvelle, elle constitue une évolution par rapport à la ligne qu'il a déjà défendu jadis par deux fois, à titre personnel. Ainsi dans son livre Libre publié en 2006, Nicolas Sarkozy s'était déclaré partisan, sous condition de réciprocité, d'un vote des immigrés hors-Union européenne en France aux élections locales. Mais il n'avait pas repris cette mesure dans sa plate-forme de candidat à la présidentielle. En 2008, le chef de l'Etat s'était à nouveau dit favorable « à titre intellectuel » au vote des étrangers non européens aux élections locales « sur la base de la réciprocité », mais il avait ajouté n'avoir « pas de majorité pour faire passer » cette mesure.

Des tracts et une pétition de la droite populaire

La prise de position de Nicolas Sarkozy intervient alors que quelques heures plus tôt, avant le discours du président au maires de France, des élus de la Droite populaire, dont le ministre des transports Thierry Mariani, ont distribué des tracts invitant à signer une pétition hostile à cette mesure. « En France, 4 millions d'étrangers dont plus de 60 % provient d'un pays hors UE », indique ce tract qui représente une carte de France, et pointe le nombre d'étrangers dans différentes villes, notamment Saint-Denis « 31 000 étrangers », Marseille « 65 000 étrangers » ou Paris « 330 000 étrangers ».

Le 10 novembre, un atelier de la Droite populaire avait été l'occasion pour la majorité présidentielle, d'un premier tir de barrage contre cette mesure. « Le droit de vote sans la nationalité française est inacceptable, avait alors déclaré Jean-François Copé, lors d'un passage éclair à la tribune. Ce n'est pas parce qu'on paie des impôts en France, que cela ouvre le droit à la citoyenneté française. Nous ne sommes pas dans un système censitaire », avait-il poursuivi.

France soir

  Rubrique: International  date: 24-Nov-2011 à 13:30:16  Partager:   :

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