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Implication des notables dans la sphère politique: le FDP craint "une somalisation" de la Guinée

CONAKRY-Le Front d'Union pour la démocratie et le progrès(FDP) a mis en garde contre une "somalisation" de la Guinée suite à l'ingérence des coordinations régionales dirigées par les notables, dans la sphère politique en Guinée.Cette alliance de l'opposition prévient que "les politiciens qui instrumentalisent ou qui se rendent complices des agissements de ces coordinations, devront endosser l’entière responsabilité de la catastrophe qui s’annonce". A ce propos, voici une déclaration qui vient de nous parvenir...
FRONT D’UNION POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES (FDP)
DECLARATION N° 2 – LES COORDINATIONS REGIONALES CONTRE LA REPUBLIQUE
Comme la plupart des pays d’Afrique, la Guinée est issue du partage de l’Afrique par les puissances européennes au XIXème siècle. Pendant toute la période d’occupation, les puissances coloniales ont mis en œuvre la célèbre doctrine de « diviser pour régner », veillant à ce que, de ces territoires aux frontières artificielles, n’émergent jamais de véritables nations. Lors des indépendances, les colons ont orchestré la création de dizaines de micro-Etats non viables politiquement et économiquement. Ils ont tout fait pour faire échouer toute tentative de réaliser l’unité africaine, clé de l’émancipation et du développement réel de l’Afrique.
En Guinée, très tôt, le consensus qui avait permis d’arracher l’indépendance a volé en éclats devant l’incapacité des dirigeants à relever les défis de la liberté retrouvée et de développer le pays, au bénéfice des populations. Plutôt que de promouvoir la construction d’une nation, le Parti-Etat s’est employé, par une répression sanglante, à pérenniser un pouvoir de plus en plus familial et clanique. Pour camoufler son échec il a lui aussi recouru à la division communautaire, en inventant en 1976 le prétendu « Complot Peulh ». Après le coup d’Etat militaire et policier de 1984, le nouveau pouvoir n’a pas changé cette orientation, bien au contraire. En juillet 1985, lors du « Coup Diarra Traoré», des compatriotes de Haute Guinée, militaires et civils, ont été arbitrairement arrêtés, torturés et assassinés.
Cette politique de division des nationalités a continué tout au long du pouvoir du Général Lansana Conté qui a vu naître des coordinations régionales représentant les quatre régions naturelles du pays. Par la suite, ces regroupements à caractère communautaire, ne reposant sur aucune base légale ont continué d’exister et de prendre une importance politique de plus en plus marquée. Elles ont largement contribué à réduire l’indispensable débat démocratique sur le devenir du pays à un affrontement ethnique pour le contrôle de l’Etat guinéen. Ainsi, on a assisté à des démarches publiques de certaines coordinations pour soutenir des candidats aux élections. La campagne électorale pour les présidentielles, a été menée ouvertement par certains candidats sur des bases ethniques. Aujourd’hui, il est de notoriété publique que le pouvoir réel est exercé, non pas par des élus du peuple, sur la base de la Constitution, mais plutôt par certaines coordinations. Ce sont elles qui sont à l’origine des nominations et des limogeages dans tout l’appareil d’Etat, du sommet jusqu’à la base, sur des critères exclusivement régionalistes. Ce sont ces coordinations qui investissent ouvertement ou en secret, les candidats aux élections, car elles sont au-dessus des partis politiques qui leur sont assujettis. Ce sont elles qui nourrissent la haine ethnique et la division.
Ainsi donc, nous en sommes arrivés à une situation incroyable où des gens qui se sont cooptés entre eux sur des bases régionalistes, qui ne disposent d’aucun mandat électif et qui n’ont de comptes à rendre à personne, sont en train d’exercer la réalité du pouvoir politique, non pas dans l’intérêt de tout le peuple de Guinée, mais pour celui exclusif de la région qu’ils prétendent représenter. Au quotidien, de hautes personnalités de la République peuvent tenir en toute impunité des propos appelant ouvertement à la discrimination ou à la haine ethnique. Dans leur sillage, des membres des forces de l’ordre ou n’importe quel citoyen, peut leur emboîter le pas, sans qu’il ne lui soit demandé des comptes.
Cette situation continue en violation flagrante de la Constitution guinéenne sur laquelle le Président de la République a prêté serment le 22 décembre 2010, notamment en ses articles 4 et 9. Si elle persiste, cela équivaudra à la fin de la République, une et indivisible, bâtie en 1958 sur les nobles principes fondateurs de « Travail, justice, solidarité ». Nous n’avons pas cessé de tirer la sonnette d’alarme sur les graves conséquences qui en découleront pour tout le peuple. Notre pays, déchiré par des divisions communautaires entretenues, est directement menacé de «somalisation» ou pire de disparition.
Devant l’Histoire, les politiciens qui instrumentalisent ou qui se rendent complices des agissements de ces coordinations, devront endosser l’entière responsabilité de la catastrophe qui s’annonce.
Nous mettons solennellement le peuple de Guinée dans son ensemble en garde contre la tendance à confier ses destinées à des groupes à caractères ethniques. Ces groupes, loin de servir les intérêts de l’écrasante majorité de la population, ne serviront au contraire qu’une minorité de profiteurs n’ayant rien à offrir pour le progrès de la Guinée. Le peuple de Guinée doit entretenir la fraternité en son sein et refuser de se faire l’instrument de ceux qui veulent le diviser. La Guinée ne sortira pas de la misère et du sous-développement en étant désunie.
Nous réaffirmons notre attachement au caractère unitaire et démocratique de la Guinée. Pour nous, l’Etat actuel est un minimum pour aller vers l’intégration régionale et l’unité africaine. Nous n’accepterons pas qu’il éclate en morceaux.
Pour arrêter, pendant qu’il est encore temps, ce processus de désintégration de notre pays, nous faisons les propositions suivantes :
- Interdire aux coordinations régionales toute activité politique.
Les coordinations qui ont un rôle essentiellement culturel doit être d’assurer la cohésion sociale, la paix, l’harmonie et la solidarité entre les communautés.
- Veiller à faire respecter scrupuleusement les dispositions de la Constitution et la Charte des partis politiques interdisant toute discrimination à caractère ethnique, régional ou religieux.
- Mettre fin à la politique de division des nationalités et aux discriminations ethniques dans la conduite des affaires publiques.
Fait Ă Conakry le 31 octobre 2011
Le Comité de Coordination du FDP
Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 08-Nov-2011 ŕ 13:45:55  Partager:   :  |
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