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Libéré, Etienne Soropogui raconte: "La politique du président Alpha Condé consiste à terroriser les

CONAKRY-Quelques heures après sa sortie de prison, l'opposant Etienne Soropogui vient d'affirmer qu'il fera appel contre sa condamnation à un an de prison avec sursis.Dans sa ligne de mire, le régime du président Alpha Condé qu'il accuse de vouloir "terroriser les populations" et réduire au silence les opposants.Le vice-président des Nouvelles Forces Démocratiques entend poursuivre le combat et invite l'opposition à plus de vigilance.Pour ses premières réactions, Eiteinne Soropogui s'est confié à Africaguinee.com.Exclusif!
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. Soropogui! Après plus d’un mois de détention à la maison centrale de Conakry vous avez recouvré votre liberté mercredi soir.Peut on connaître quels sont vos sentiments ?
ETIENNE SOROPOGUI : Bonjour M. SOUARE ! La première réaction que je peux avoir dans le cadre de cette manifestation, c’est de rendre hommage aux compatriotes qui ont perdu la vie lors de cette manifestation. Ils ont été tués tout simplement parce qu’ils étaient entrain de réclamer plus de transparence dans le cadre des futures élections législatives, ils ont été tués parce qu’ils ont réclamé qu’il y ait plus de liberté et plus de justice en Guinée. Je crois que la république les rendra hommage tôt ou tard et on comprendra alors qu’ils ne sont pas morts pour rien. Je voudrais aussi souhaiter prompte rétablissement à tous ceux qui ont été blessés dans le cadre de ces manifestations et je crois sincèrement que si on avait fait preuve de plus de responsabilité, on aurait pu éviter tous ces morts et tous ces blessés. Je voudrais saluer et remercier les militants et militantes du collectif qui en dépit des consignes consistant à réprimer tout foyer de regroupement, se sont montrés engagés à exprimer et à exercer un droit élémentaire qui consiste à manifester. Par rapport à ce qui s’est passé mercredi notamment le verdict qui a été rendu, je voudrais interpeller les hommes et les femmes qui ont en charge la gestion des affaires judiciaires de notre pays et leur dire qu’il est important qu’au niveau de l’opposition et du pouvoir qu’il y ait des querelles et des dissensions mais que le pouvoir judiciaire a pour rôle d’examiner les faits qui lui ont été présentés.Parce que le pouvoir judiciaire est le troisième pilier de notre république ne l’oublions pas, on ne saurait imaginer une démocratie sans le principe de séparation des pouvoirs. Donc pour que ces principes soient respectés, il faudrait que nous ayons des compatriotes courageux, qui prennent toute la mesure des responsabilités que nous leurs avons confié, parce que tout le problème est à ce niveau.
AFRICAGUINEE.COM : Donc selon vous le pouvoir judiciaire n’est pas entrain de jouer son rôle ?
ETIENNE SOROPOGUI : Non ! Il n’est pas entrain de jouer son rôle malheureusement. En tan qu’acteurs politiques, nous avons l’obligation de reconnaître, nos institutions notamment celles qui ont en charges de juger les personnes. Nous pensons qu’il n’est pas normal de nier ce principe sacrosaint qui consiste à ce que les pouvoirs soient séparés. Donc par principe nous restons derrière ça. Mais aujourd’hui nous constatons que les personnes qui sont dépositaires de ce pouvoir ne comprennent pas toutes les responsabilités que le peuple de Guinée les a confiées et ces personnes sont aujourd’hui de simples enregistreurs et d’exécutants de la voix d’une seule personne en l’occurrence celle du président de la république. Ce qui n’est pas normal !
AFRICAGUINEE.COM : M. Soropogui vous avez passé plus d’un mois en prison, peut-on connaître quelles étaient vos conditions de détention ?
ETIENNE SOROPOGUI : Vous savez que les conditions de vie à la maison centrale sont très difficiles. On nous a infligé des conditions de détentions parfois humiliantes. C’est ce qui a même fait développer une maladie que j’avais au niveau respiratoire parce que nous étions dans des cellules surchauffées, il y a un nombre de personnes excessif, on ne pouvait donc pas respirer normalement parce que la question d’être en prison est un cas à part et le fait de maintenir les gens dans des conditions humaines dans les prisons est une autre chose. Malheureusement nos prisons sont des mouroirs ! C’est donc un camp de concentration qui ne dit pas son nom.
AFRICAGUINEE.COM : Comment vous vous portez donc aujourd’hui ?
ETIENNE SOROPOGUI : Je voudrais tout d’abor rappeler qu’au regard des conditions de détention à la maison centrale j’ai développé une insuffisance respiratoire. Quand nous avons constaté cela j’ai contacté mon médecin personnel qui est venu à la maison centrale et il a procédé à une consultation avec les médecins qu’il a trouvé en place et il a été établit effectivement que les symptômes s’étaient avérés vrais. Donc un rapport médical a été rédigé et à été déposé aux autorités judiciaires. J’ai été extrêmement déçu et choqué de constater que le régime de Alpha Condé puisse jouer avec la vie d’une personne.Selon la constitution guinéenne, on ne peut pas jouer la vie de quelqu’un. On m’avait donc refusé ses soins à la maison centrale. Aujourd’hui j’ai passé presque toute la journée à l’hôpital pour connaître l’évolution de mon état de santé.
AFRICAGUINEE.COM : Le tribunal de Dixinn vous a condamné mercredi à un an de prison avec sursis, peut on savoir si vous allez faire appel face à ce jugement ?
ETIENNE SOROPOGUI : Absolument ! Demain (ce vendredi, Ndlr) j’ai une réunion avec mes conseillers et je pense qu’il va être décidé de faire appel au niveau de l’instance supérieure pour que la question soit examinée à ce niveau là .Parce que n’oubliez pas que le jugement qui a été rendu hier (mercredi, Ndlr)se trouve dans une logique du pouvoir actuel consistant à réduire au silence toutes les personnes qui ne sont pas ma mouvance présidentielle et qui se trouve dans une opposition démocratique. Donc il faudrait que nous qui sommes à l’opposition que nous comprenions que nous avons besoin d’être solidaires, il faudrait que nous comprenions que la politique du président Alpha Condé consiste à terroriser les populations, à terroriser les militants de l’opposition et aussi réduire en silence certains responsables politiques. Donc c’est ce combat que nous devons comprendre et l’enjeu est extrêmement important. Nous ne comprenons pas le fait que dans le cadre d’une manifestation pacifique, s’il ya des choses à être reprochées on devrait s’adresser aux responsables, nous qui avons organisé la manifestation. Donc on ne comprend pas pourquoi on n’a pas touché à M. Cellou Dalein Diallo, on n’a pas touché à M. Sidya Touré et tous les autres parce qu’il y avait là quand même un éventail assez large. Pourquoi s’attaquer aux militants qui étaient partis manifester à l’appel de nous les leaders ? La stratégie est de déposséder les leaders de leurs bases. Nous devons donc comprendre cela et éviter qu’on ne soit coupé de nos bases.
AFRICAGUINEE.COM : Concrètement si demain, à l’appel de l’opposition il était question encore de manifester, est ce que vous allez y participer ?
ETIENNE SOROPOGUI : Je l’ai déjà dis, ce qui a été fait ne me réduira nullement au silence. J’ai eu une attitude républicaine vis-à -vis de la cour mais encore une fois si demain il s’avérait important d’organiser une manifestation pour réclamer des droits légitimes je serais encore devant. Si le pouvoir s’entêtait à continuer dans sa démarche unilatérale et n’associe pas l’opposition dans la définition des contours que nous souhaitons dans l’organisation des élections législatives consensuelles, nous nous asseyerons pas, nous exigerons à ce que les choses se fassent normalement et si cela n y pas le seul recours que nous avons c’est d’exprimer cette opinion en organisant des manifestations par exemple. Encore je vous confirme qu’à cette occasion je serais encore devant si cela s’avère nécessaire.
AFRICAGUINEE.COM : Un dernier mot M. Soropogui ...
ETIENNE SOROPOGUI : Je voudrais dire à nos militants et sympathisants du collectif que le combat pour l’instauration d’une véritable démocratie en Guinée est un combat hardi. Ça passe quelque fois par la prison, les gens doivent le comprendre. Nous ne devons pas avoir peur de la prison, moi je suis prêt à y retourner, j’ai même commandé un matelas là bas. Les gens doivent le comprendre parce que la stratégie de Alpha Condé c’est de réduire au silence tous les opposants en les effrayant. Si nous avons peur nous allons céder la place à la dictature et c’est ce que nous devons éviter.
INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE MAMADOU HASSIMIOU
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. :(224) 62 65 75 74/ 60 36 80 12
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  Rubrique: Interview  date: 04-Nov-2011 ŕ 09:35:18  Partager:   :  |
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