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Politique en Guinée: le Front d'Union pour la Démocratie et le Progrès (FDP) dévoile ses ambtions...





CONAKRY-Le front d'union pour démocratie et le progrès de Mamadou Baadiko Bah,a dévoilé jeudi ses ambitions alors qu'une crise politique paralyse le pays, a constaté Africaguinee.com.A travers une charte, cette nouvelle alliance politique se positionne sur l'échiquier politique en attendant les élections législatives annoncées pour le 29 décembre prochain.Voici le contenu de cette charte qui vient de nous parvenir...

PREAMBULE

L’histoire de la Guinée indépendante a été une longue suite d’espoirs déçus, de promesses non tenues par les dirigeants et d’occasions manquées pour bâtir une nation unie, démocratique et prospère. Malgré des richesses naturelles fabuleuses et un potentiel humain important, la succession de régimes dictatoriaux n’a produit qu’un pays saccagé et ruiné, un Etat presque inexistant, un corps social meurtri et divisé, une population misérable et une jeunesse abandonnée à elle-même.

Après les luttes populaires de 2006, 2007 et 2009 contre la dictature et la misère, notre pays s’est engagé dans une difficile transition pour le retour à l’ordre constitutionnel, base indispensable de la reconstruction et de la renaissance de notre pays. Les dernières élections présidentielles pluralistes ont ouvert la voie à la mise en place d’un pouvoir civil élu.

Cependant, ce processus fragile doit être consolidé et approfondi, si on veut éviter tout retour en arrière. Dans l’état actuel des choses, la configuration politique du terrain est caractérisée par un émiettement extrême et une multiplicité de partis politiques, regroupés le plus souvent sur des bases communautaires ou régionales. Or, pour sortir la Guinée définitivement du marasme et pour la mettre sur la rampe du développement économique social et culturel auquel aspirent ses populations meurtries, il est indispensable que les forces politiques réellement attachées à l’unité du pays et à son devenir, unissent leurs efforts en constituant un puissant mouvement intégrateur de toutes les Guinéennes et de tous les Guinéens, sans distinction de communauté, de religion, de région ou de condition sociale.

A cet effet, les partis et organisations sociales signataires de la présente charte, dans le respect de leur personnalité morale, ont décidé de créer ensemble une coalition dénommée FRONT D’UNION POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES, en abrégé « FDP ».

Fermement attachés au caractère unitaire et indivisible de la Guinée et sincèrement engagés dans la lutte pour le changement démocratique véritable, les signataires décident d’unir leur action, en vue d’offrir à notre pays un choix démocratique et unitaire crédible, basé sur des valeurs éthiques de la probité, de la fraternité, du travail et de la justice sociale.

Le FDP est régi par la charte ci-après.


LA CHARTE

TITRE I DISPOSITIONS GENERALES

Article 1 : Objectifs

Le FDP se fixe pour objectifs

Rassembler un maximum de partis politiques en vue de promouvoir le changement démocratique, le progrès économique et social dans la paix et l’unité ;

Participer à la vie politique de la Guinée en mobilisant les populations autour de sa charte et en prenant part au débat sur toutes questions de société et à toutes les consultations électorales.

Instaurer un cadre de concertation et de partenariat avec les syndicats, les associations et les organisations de la société civile.


Article 2 : Adhésion

L’adhésion se fait sur demande écrite adressée au Comité de Coordination, sur présentation des documents légaux attestant l’existence du parti et la signature de la présente Charte. L’admission est prononcée par décision du Comité de coordination.

Aucun membre du FDP ne pourra participer aux activités ou s’affilier à une autre coalition similaire. De même, il ne prendra pas part à une coalition gouvernementale sans l’accord préalable de la Coordination du FDP.

Les membres déposeront chacun, au secrétariat du FDP :

Une copie de l’arrêté d’agrément
Une copie des statuts
Une liste des dirigeants
Un état (la cartographie détaillée) de l’implantation de son parti en Guinée et à l’extérieur du pays.


TITRE II PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT

Article 3 : Principes de fonctionnement du FDP

Le FDP est dirigé par un Comité de coordination (CC) composé de 2 représentants en plus du leader de chaque parti membre.

Le Comité de coordination (CC) désignera par consensus en son sein un secrétariat exécutif, composé de 9 membres :

Un(e) secrétaire général (e),
Un(e) secrétaire général (e) adjoint(e),
Un secrétaire administratif,
Un rapporteur,
Un rapporteur adjoint,
Un(e) Secrétaire Délégué(e) aux relations extérieures,
Un(e) Secrétaire Délégué(e) à l’organisation,
Un (e) Trésorier (e),
Un (e) Trésorier (e) adjoint (e).

A défaut de consensus, les postes seront pourvus par une élection à la majorité simple des voix pour un mandat de deux (2) ans renouvelable.

Le FDP définira une stratégie propre et élaborera un programme politique pour une période n’excédant pas cinq ans.

Pour toutes les questions importantes relatives à la situation politique du pays, le Comité de Coordination définira une position commune à respecter par tous les membres.

Dans toute la mesure du possible, les décisions seront prises par consensus. Toutefois, en l’absence d’un consensus sur des questions importantes engageant l’avenir du pays ou du FDP, les décisions seront prises par un vote à la majorité qualifiée.

Sur une base consensuelle, le FDP travaillera en son sein pour la fusion éventuelle des partis politiques qui la composent, en vue d’une meilleure cohésion et une plus grande efficacité


Article 4 : Ressources

Les membres du FDP mettront en commun, chacun selon ses moyens, leurs ressources humaines, techniques et financières pour la réalisation des objectifs fixés en commun.

Toutes les structures des membres travailleront ensemble pour les actions qui seront décidées par le Comité de Coordination.


Article 5 : Elections législatives et communales

Lors des élections législatives, le FDP présentera autant que possible, une liste commune au scrutin à la proportionnelle. Le FDP devra présenter des candidats uniques au scrutin uninominal.

A l’Assemblée, tous les députés issus du FDP constitueront un groupe parlementaire. Si la constitution de ce groupe parlementaire n’est pas possible, les députés FDP établiront une coordination permettant de prendre des positions communes lors des votes.

Lors des élections communales, pour toutes les circonscriptions, le FDP présentera des listes uniques.

La procédure d’établissement de la liste et l’investiture des candidats sera déterminée par le Comité de Coordination.


Article 6 : Elections présidentielles

Aux élections présidentielles, dans toute la mesure du possible, le FDP présentera un candidat commun. Toutefois, en cas de désaccord, les membres seront libres de présenter un candidat au premier tour. Les partis ne présentant pas de candidat sont tenus de soutenir un des candidats membres du FDP.

En cas d’élection à deux tours, tous les membres du FDP s’obligent à soutenir l’un des leurs qui passerait au deuxième tour. Si aucun membre du FDP n’est présent au deuxième tour, le Comité de Coordination décidera de la position commune à adopter par tous les membres.

En cas d’élection d’un membre du FDP à la Présidence de la République, la formation du gouvernement devra se faire en consultation avec le Comité de coordination, sur la base du programme d’action du FDP.

Le choix des membres de l’équipe ministérielle et des titulaires des postes de responsabilité dans l’Administration se fera sur la base de l’engagement politique, des compétences prouvées des candidats dans le FDP ainsi que de la probité et du patriotisme requis pour la nomination de tout autre guinéen.


Articles 7 : Principes de solidarité

Les Partis signataires s’engagent à observer entre eux une attitude de solidarité et de respect mutuel.


Article 8 : Dispositions finales

La présente charte sera complétée par un règlement intérieur. Elle pourra être modifiée par consensus ou à défaut, à la majorité des trois quarts des membres signataires.

Fait Ă  Conakry, le 13 octobre 2011


DECLARATION DU FRONT D’UNION
POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES (FDP)


La Guinée est en crise. C’est une triste réalité qui ne peut laisser aucun patriote indifférent. Avec à sa tête un président élu, notre pays était censé retrouver enfin le chemin de la démocratie, de la concorde, de la paix et de la reconstruction. Mais hélas, force est de constater qu’aucun des maux qui l’ont miné depuis l’indépendance 1958 ne semble pouvoir trouver une issue positive dans un avenir prévisible.

Au plan politique, le blocage est total. Les élections législatives devant clôturer la transition n’ont toujours pas eu lieu. Le dialogue fécond et la recherche du consensus entre tous les acteurs politiques de bonne volonté qui devraient être de règle dans cette période charnière de l’histoire de la Guinée, sont inexistants dans les faits. Tout se passe comme si pour le nouveau pouvoir, la consolidation à tout prix de son emprise sur l’appareil d’Etat et la maîtrise totale de tous les leviers politiques, administratifs, économiques, judiciaires et sécuritaires, passe avant tout.

Comme nous l’avons souvent dit, la Guinée n’est pas en réalité une nation. Or, la politique actuellement suivie a de graves conséquences sur la paix sociale et les relations inter-communautaires, pivots importants de la stabilité politique, de la paix civile et de la renaissance. Ainsi, lors des derniers événements à Conakry (à l’occasion des manifestations de l’opposition) la répression aveugle a été érigée en punition collective des habitants de certains quartiers. Des centaines d’innocents ont été arrêtés, frappés, délestés de leurs biens, torturés et jetés en prison sur la seule foi des accusations énoncées par les services de sécurité. Ces arrestations de passants ou dans les concessions s’apparentent plus d’ailleurs à des prises d’otages qu’à une volonté de traduire en justice des citoyens ayant enfreint la loi. Plusieurs morts et des dizaines de blessés sont à déplorer, y compris dans les rangs des forces de l’ordre. La chasse aux manifestants est entrain de se transformer en chasse ethnique. Plus grave, nous avons assisté à l’entrée en scène dans nos rues de milices tribales nommées «Donzos» ou autres « Somas» dont les crimes sont bien connus dans les pays de la sous-région ayant vécu une guerre civile. Dans les préfectures, le mot d’ordre de l’autorité administrative est « Tous pour le parti au pouvoir ». Des menaces de destitution ou de renvoi de leur poste sont proférées contre ceux qui refusent d’obéir à ces injonctions illégales. De même, certains administrateurs locaux attisent ouvertement la haine ethnique, poussant à l’affrontement sanglant entre leurs administrés qui, jusque là cohabitaient paisiblement. La violence et le crime sont durablement installés dans notre pays et se banalisent, dans l’impunité totale ; l’arrivée d’un civil à la présidence n’y a rien changé. Ni les personnes, ni les biens n’y échappent. Des dirigeants syndicaux sont victimes d’intimidations ou même d’attaques armées par des inconnus. Des militants politiques d’opposition sont arrêtés et jetés en prison comme de vulgaires malfaiteurs.

Pendant ce temps, le marasme économique est complet. L’économie guinéenne est toujours au plus bas. Aucune des mesures économiques et financières annoncées par le gouvernement, n’ont eu jusque là, d’impact positif sur la vie quotidienne des masses. La faim reste le lot quotidien des populations, en ville comme à la campagne, rappelant la terrible période de famine de 1975. Le coût de la vie continue de grimper, acculant la grande majorité des Guinéens à une misère indescriptible. Des millions de jeunes, diplômés ou non, restent sans emploi. L’exode des jeunes Guinéens prend des allures de sauve-qui-peut, alors même qu’aucun pays d’accueil n’a de perspectives à leur offrir.

Dans ce contexte, nous, partis et organisations membres du FDP, nous réaffirmons solennellement :

Notre refus de l’amalgame politico-ethnique, de la division communautaire et de l’exclusion qui ne mèneront qu’à l’aggravation des souffrances de son peuple meurtri et à la destruction de la Guinée;
Notre opposition depuis toujours à la dictature et à l’oppression d’où qu’elles viennent. Les libertés individuelles et collectives garanties par la Constitution, y compris le droit à la réunion et à la manifestation, sont sacrées;
Notre foi en une Guinée unie, démocratique et fraternelle, socle indispensable pour sortir de la misère, du sous-développement et de la violence ;
Notre engagement à rejeter fermement toute politique discriminatoire basée sur l’appartenance communautaire, régionale ou religieuse ou autre.

En ce sens, nous saluons la démarche courageuse des Sages du Fouta-Djallon et des autres Régions naturelles auprès du Président de la République, en vue de trouver des solutions raisonnables et justes pour sortir de la crise actuelle et remettre le pays sur les rails de la concorde et du développement.

Convaincus que la Guinée ne peut en aucun cas espérer résoudre ses innombrables problèmes accumulés depuis 1958 par la politique du pire, la politique des faits accomplis et la confrontation, nous appelons tous les acteurs politiques, des syndicats et de la société civile à faire preuve d’un esprit de responsabilité, dans un sursaut patriotique, pour sortir du blocage politique actuel, source d’instabilité.

Ainsi, nous formulons les propositions suivantes, afin de favoriser le dialogue politique indispensable à l’instauration d’une démocratie apaisée, dans le respect mutuel, la tolérance et l’esprit de compromis:

1. Mettre en œuvre une série de mesures immédiates et concrètes afin de décrisper la situation politique et créer un climat de paix:

Libérer tous les détenus arrêtés lors des manifestations du 27 septembre 2011 ; restituer les corps des manifestants tués à leurs famille afin qu’ils puissent rejoindre leur dernière demeure;
Mettre fin à toute campagne médiatique ou autres, de nature à attiser la haine ou la discorde entre toutes les composantes communautaires ;
Mettre fin aux campagnes d’intimidation et de recrutements forcés dans le parti au pouvoir ;
Mettre fin aux limogeages injustifiés dans l’Administration et aux destitutions d’élus locaux.


2. Rétablir la concertation entre tous les partenaires afin de relancer et finaliser ensemble le processus électoral dans la transparence, l’équité et le respect des lois. Toutes les citoyennes et les citoyens en âge de voter doivent en avoir la possibilité. Le processus électoral doit être conduit de façon consensuelle et transparente.


Fait Ă  Conakry le 13 octobre 2011

Pour le FDP
Le Comité de Coordination
Mamadou Bah Baadiko






  Rubrique: Politique  date: 14-Oct-2011 ŕ 10:12:00  Partager:   :

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