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Maghreb: "L'Algérie et le Polisario ont soutenu le Colonel Kadhafi...", révèle Dr Lahcen Haddad, mi





GENEVE-Le militant des droits de l'Homme et membre de l'agence internationale pour le développement, Dr Lahcen Haddad a dénoncé le soutien du Polisario et de l'Algérie au Colonel Kadhafi, alors que le conflit du Sahara constitue une source d'instabilité dans la région.Dans un entretien qu'il nous accrodé Dr Haddad revient également sur ce conflit vieux d'une trentaine d'années et invite la communauté internationale à agir en faveur des populations saharaouies de Tindouf...

Africaguinee.com: L’Afrique du Nord vient de connaître ces derniers temps. Est-ce que selon vous le printemps arabe a un impact sur le conflit du Sahara qui oppose actuellement le Maroc et l’Algérie ?

Dr Lahcen Haddad :
Pour le moment il n’y a pas un grand impact. Mais il y a des grands changements au Maroc avec une plus grande démocratisation beaucoup plus forte avec des élections. Je crois que la position du Maroc sur la question du Sahara reste la même, c'est-à-dire qu’il y ait une solution gagnant-gagnant avec le projet de large autonomie pour le Sahara. Par contre dans un avenir proche, il y aura un impact du printemps arabe, car au niveau des populations de Tindouf, il y a pas mal de jeunes qui veulent imiter leurs paires en Tunisie, en Egypte…Je crois que ces jeunes veulent un changement car le leadership du Polisario dure depuis 1976.Je crois aussi que s’il y a un soulèvement des jeunes en Algérie, cela va affecter les jeunes au niveau de Tindouf.

Est-ce que selon vous, un changement au niveau du régime algérien pourrait contribuer positivement à la résolution du conflit du Sahara ?

Je crois que oui ! Pour une raison simple, je crois que le peuple algérien n’est pas intéressé par la question du Sahara. Le peuple algérien est conscient que ce conflit a empoisonné les relations entre le Maroc et l’Algérie et crée une proche d’instabilité dans la région. Je crois que les peuples marocain et algérien sont deux peuples frères et qui sont conscients que le conflit du Sahara est artificiel et il est monté de toute pièces par le régime algérien. Je crois qu’il y a des intérêts pour le régime algérien dans ce conflit notamment au niveau de l’aide humanitaire, une marginalisation du Maroc sur la scène internationale et surtout, c’est une occasion pour le pouvoir algérien de se présenter comme un facilitateur de la paix, un partenaire dans la lutte contre le terrorisme…Je pense qu’un changement au niveau du régime algérien où les militaires seront soumis au pouvoir des civils, ça va changer la situation. Je rappelle que dans les années 80, lorsqu’il y avait une démocratie en Algérie, cela a suscité très vite un engouement vers un dénouement de la crise sur le Sahara.

L’une des raisons évoquées pou justifier l’intervention militaire en Libye, c’est la question humanitaire liée à la protection des populations civiles de Benghazi. Selon vous, qu’est-ce qu’il faut réellement pour inciter la communauté internationale à soutenir les populations qui vivent dans les camps de Tindouf ?

D’abord je tiens à rappeler que dans le conflit libyen, il y a l’implication du pouvoir algérien et du Polisario aux côtés du Colonel Mouammar Kadhafi dans le recrutement de mercenaires. Je pense que l’Algérie et le Polisario voient d’un mauvais œil les changements en Libye et c’est pourquoi ils ont contribué à soutenir la répression contre la rébellion libyenne. Pour le cas de Tindouf, je pense qu’il y a deux choses. Premièrement l’Algérie doit donner le statut de réfugié aux populations sahraouies marocaines qui sont dans les camps de Tindouf, conformément aux conventions de Genève. Dans ce cas, l’Algérie doit appliquer ses engagements internationaux relatifs aux droits des réfugiés notamment la liberté de mouvement, d’expression etc. Deuxièmement, les populations sahraouies de Tindouf doivent bénéficier de leurs droits et ne pas être séquestrés dans des camps. Troisièmement, il doit y avoir un recensement de ces populations, pour connaître qui sont les bénéficiaires de l’aide humanitaire internationale qui alimente le marché noir en Algérie, en Mauritanie, au Mali. Ensuite, il faut que la communauté internationale s’implique davantage pour l’application des droits de l’homme pour les populations de Tindouf. Ces populations n’ont souvent pas de famille, car des centaines d’enfants sont déportés à Cuba pour des fins d’endoctrinement. Je crois que c’est une violation flagrante des droits de l’enfant. Il y aussi la liberté d’expression comme le cas de Moustapha Selma Ould Sidi Mouloud dont le discours en faveur du projet d’autonomie proposé par le Maroc lui a créé des problèmes avec le Polisario qui l’a torturé, séquestré avant de l’exiler loin de sa famille à Nouakchott. La communauté internationale doit également s’impliquer par rapport au droit de rassemblement pour que les jeunes puissent se réunir librement dans les camps de Tindouf contrôlés par le Polisario.

Une fois les droits de l’Homme respectés dans les camps de Tindouf, je pense qu’il peut y avoir un partenaire de paix avec le Polisario, car le Maroc a entamé des réformes pour la protection des droits de l’Homme dans le royaume.

Le Maroc vient d’entamer de vastes réformes dans le cadre de la régionalisation, mais aussi l’adoption par référendum d’une nouvelle constitution. Pensez vous que cette régionalisation est une solution réaliste pour mettre fin au conflit sur le Sahara ?

Je pense qu’on n’a pas le choix, sauf aller vers une solution qui peut satisfaire une partie des demandes de chaque partie dans ce conflit. Je crois que le référendum, est une solution de gagnant et de perdant. Mais avec le projet d’autonomie, il y a la possibilité pour les sahraouis de gérer leurs affaires en toute liberté, mais aussi satisfaire le droit du Maroc à une souveraineté sur son territoire. Certes il y a un droit à l’autodétermination pour le peuple sahraoui, mais cela doit être fait dans le cadre de l’intégrité territoire du royaume du Maroc. Je pense que l’autonomie proposée par le Maroc est vaste et permet aux populations sahraouies d’exercer une certaine liberté de gestion .Je rappelle que le taux de participation lors du référendum sur la constitution était plus élevé dans les provinces du Sud à Dakhla (92%), à Laayoune (87 %).Donc, les provinces sahraouis ont voté massivement en faveur de cette nouvelle constitution pour exprimer leur marocanité. Je pense qu’aujourd’hui, tous les sahraouis doivent pouvoir bénéficier des acquis obtenus dans les provinces du Sud qui ont connu un développement fulgurant depuis 1975.

Entretien réalisé par Ismael Barry
Pour Africaguinee.com

  Rubrique: Interview  date: 26-Sep-2011 ŕ 13:25:03  Partager:   :

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