[IMG1]A quelques mois de la CAN 2008,l'ancienne gloire du football guinéen,Aboubakar Titi Camara lève un coin du voile sur le football guinéen .L'ex capitaine du syli national, reconverti dans le monde des affaires, nous livre dans cet entretien sa nouvelle vie, ses projets et sans oublier le foot guinéen...
Cela va faire un bout de temps que vous êtes au pays, quelle appréciation faites-vous du football actuel de la Guinée ?
Aboubacar Titi CamaraLe sport en général en Guinée est malade. Dans toute sa composante : athlétisme, basket, natation, arts martiaux et autres disciplines parce qu'il n'y a plus de champions.
Vous dites que le football est malade. A votre avis d'où vient le mal ? sont-ce les structures ou les hommes en charge du football ?
Le sport, c'est comme le corps. Il y'a la tête, le tronc et les jambes. Quand la tête est malade, c'est évident que les autres parties prennent un coup. Tout le monde sait taper dans le ballon aujourd'hui. Mais par manque de structures et d'hommes compétents, le talent n'évolue pas et s'effrite.
Dans ce cas, quelles solutions proposez -vous pour y remédier ?
La solution, c'est le travail, la rigueur, la discipline et la mise en confiance des compétences .Il faut aussi des structures, beaucoup de moyens et une franche volonté politique. C'est seulement à ce prix que nous pouvons sauver notre sport en général et le football en particulier.
Seriez-vous prêt à répondre si on vous demandait de prendre les destinées du football de la Guinée ?
J'ai été toujours disponible pour mon pays quand il m'a fait appel. Chaque fois que l'équipe nationale me sollicite ou a eu besoin de mes services, sans hésiter, je me suis mis à la tâche. Si c'est le vœu des Guinéens, je ne vois pas pourquoi je m'y opposerais ?
Au regard de la méforme actuelle du football guinéen actuellement pensez-vous être en mesure de faire quelque chose pour lui permettre de retrouver sa croisière d'avant ?
Je dirais oui ! Je serai prêt à relever le défi. Je crois que tout Guinéen doit apporter un plus à ce pays. Si le bon Dieu permet que je sois à la tête du football ou du sport en général, toute modestie mise à part, je pense que je serai à la hauteur. Je peux sortir la Guinée de sa léthargie.
Titi Camara toujours humble, admiré de tous. Qu'est-ce qui fait votre force ?
L'éducation, le comportement, le respect d'autrui… Et la reconnaissance du bien fait. J'ai toujours combattu l'injustice. J'avais la possibilité, étant en France, de jouer dans l'équipe nationale de celle-ci, mais j'ai refusé. Je me suis dit que j'avais mes racines, mon origine et mes ancêtres ici en Guinée, ma terre natale. Je suis donc revenu pour porter le maillot de mon pays. C'est un acte de patriotisme. Mon retour au bercail répond un peu à cela. Mon pays m'a permis d'être ce que je suis actuellement, il m'appartenait donc de lui rendre la monnaie de sa pièce en revenant à la source. Aujourd'hui, c'est ce qui manque aux jeunes.
Que comptez-vous faire de votre retraite ?
Il y'a deux ans, j'ai arrêté de jouer au football. J'ai créé mon entreprise de téléphonie cellulaire. Je suis donc chef d'entreprise. Bientôt je retournerai en France pour parachever la signature des contrats que j'ai commencée avec des partenaires. Pour le compte ma société. Nous mettrons très bientôt en circulation des cartes prépayées pour l'international.
Pour revenir au football, la Guinée, vous le savez, est engagée pour la CAN du Ghana. Pensez- vous qu'elle a des chances de se qualifier ?
Dans le football actuel, tout va vite. Et tout peut arriver. Aujourd'hui, on peut être devant et se retrouver derrière après. Si on ne se qualifie pas pour Ghana 2008, ce sera une catastrophe pour le sport guinéen en général et le football en particulier.
Propos retranscrits par
F. NETO
Source:le matin d'abidjan
Africaguinee.com |
  Rubrique: Interview  date: 11-Nov-2007 à 00:47:42  Partager:   :  |