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Immigration: Partir pour mieux revenir
[IMG1]Campagne d'’information, surveillance renforcée des frontières, sanctions accrues à l’encontre des passeurs, formations au sein d’écoles-ateliers… Le Sénégal multiplie les initiatives pour lutter contre l’émigration clandestine et organiser des départs adaptés aux besoins du marché du travail espagnol.
De jeunes Sénégalais, partis à la recherche d’un avenir meilleur en Occident, continuent de trouver la mort sur leur chemin. Pourtant, ces derniers temps, les initiatives se multiplient pour tenter de les dissuader de réaliser l’improbable traversée pour les Îles Canaries. Chaque soir, la télévision publique diffuse un spot publicitaire dans lequel on voit un jeune mort noyé et sa maman, en larmes, répéter : "Il était mon unique fils. Je n’étais pas au courant de son départ". Intervient alors Youssou Ndour. Assis au bout d’une pirogue en bois, le célèbre chanteur exhorte "la jeunesse sénégalaise à rester au pays". Même message dans le quotidien national Le Soleil : "Ne risquez pas votre vie pour rien. Vous êtes le futur de l’Afrique".
Parallèlement à cette campagne d’information et de communication, depuis septembre 2006, le Sénégal et l’Espagne unissent leurs forces afin de surveiller les côtes et les routes de départ illégal vers l’Europe, dans le cadre du Frontex, Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne. Selon le ministère de l’Intérieur sénégalais, en 2007, seules quelque 4 000 personnes originaires de différents pays d’Afrique sont arrivées sur les côtes espagnoles. Elles étaient 35 000 en 2006… Par ailleurs, les arrestations et les condamnations de passeurs se multiplient.
Ces premiers succès ont amené, en juillet dernier, Dakar et Madrid à reconduire le Frontex pour un an. En marge de ce programme, un nouvel accord sur "l'immigration légale"a créé des écoles-ateliers, dans le but d’offrir à de jeunes Sénégalais une formation professionnelle adaptée aux besoins du marché du travail espagnol. Près de cinq cents jeunes sont déjà partis par ce biais. Et, d’ici fin 2008, les autorités espagnoles envisagent d’en faire venir ainsi environ 4 000 sur leur sol.
"Un vieux rêve"
À Dakar, depuis le début de l’année, des tests de sélection portant sur différents métiers sont co-organisés par les deux gouvernements, en présence de recruteurs espagnols. Chaque jour, maçons, menuisiers, pêcheurs, mais aussi jeunes n’ayant jamais travaillé, viennent de toutes les régions du pays déposer leur dossier à l’Agence nationale pour l'emploi des jeunes (ANEJ). "C’est un ami qui a déjà obtenu un visa qui m’a filé l’info", explique Ablaye Ndiaye, jeune mécanicien, originaire de Kaolack (près de 200 km au sud-est de Dakar). Par ailleurs, pour leur permettre de correspondre encore mieux aux profils de main d’œuvre recherchés par les entreprises espagnoles, l’'Office national de formation professionnelle propose, depuis un an, à certains jeunes tentés par l’émigration légale, des modules de formation en plomberie, carrelage, électricité, etc.
À ce jour, 517 emplois ont ainsi déjà été accordés. Avant leur départ pour l'Espagne, certains de ces heureux élus ne cachent pas leur satisfaction. "Avec ce contrat, je réalise un vieux rêve", expliquait fin septembre à l’aéroport de Dakar, juste avant de s'envoler en compagnie de 42 autres jeunes, Malick Dia, ex-petit commerçant de Saint-Louis. [IMG2]Maçon, habitant à Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise, Souleymane Fall semblait un peu plus inquiet et se remémorait ses précédents échecs : "Ma dernière tentative remonte à l’année dernière au Maroc où j’ai été traqué par les gardes-côtes de ce pays, puis expulsé vers Dakar."
La plupart des jeunes qui sont partis cette nuit-là avaient déjà tenté plusieurs fois d’émigrer clandestinement à bord de pirogues de fortune. Cette fois, c'est sourire aux lèvres qu'ils ont embarqué pour travailler légalement comme ouvriers agricoles, plombiers ou maçons, dans des sociétés espagnoles avec lesquelles ils avaient signé des contrats d’un an ou de neuf mois, en bonne et due forme.
Au moment de partir, bon nombre d’'entre eux affirmaient qu’'ils reviendraient au bercail au terme de leur mission. "Je ne m’aventurerai pas à rester dans un pays où je ne suis pas en règle", assurait par exemple Malick. D’autres semblaient plus indécis. "J’userai de tous mes moyens pour retrouver mes frères installés en Espagne", confiait un autre jeune.
Ababacar Guèye et Moussa Gassama
Source: Syfia,Partenaire d'Africaguinee.com
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  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 06-Nov-2007 à 18:52:03  Partager:   :  |
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