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Libye: combats nourris à Tripoli, la tête de Kadhafi mise à prix

TRIPOLI-Des combats nourris faisaient rage mercredi à Tripoli près du quartier général de Mouammar Kadhafi tombé aux mains des rebelles, qui ont annoncé une récompense de 1,7 million de dollars pour la tête du "Guide" libyen, mort ou vif.
Les journalistes retenus depuis quatre jours par des hommes armés à l'hôtel Rixos, proche de Bab al-Aziziya, ont de leur côté été relâchés. Ils ont pu quitter vers 15H00 GMT l'établissement d'où ils étaient empêchés de sortir depuis dimanche par les forces loyalistes.
Mais les combats se poursuivaient dans le quartier de Bab al-Aziziya et dans le quartier voisin d'Abou Slim, fief des troupes fidèles au régime, selon un journaliste de l'AFP sur place.
Une épaisse fumée s'élevait en mi-journée du secteur du complexe de Kadhafi, où des tirs d'armes légères, de mitrailleuse lourde, de RPG (lance-roquettes) et des obus de mortier ont été observés, alors que les rebelles reculaient.
Des combattants ont toutefois indiqué procéder à une manoeuvre pour tenter de prendre les pro-Kadhafi à revers.
De nombreuses rues du centre de Tripoli étaient désertes en raison de la présence de snipers loyalistes disséminés dans la ville, selon la rébellion.
Des check-points ont été mis en place dans la capitale par la rébellion. Outre la prise d'Abou Slim, la sécurisation de la route d'accès à l'aéroport restait une priorité pour les insurgés. Les rebelles subissaient en effet toujours les tirs de loyalistes près de l'aéroport.
La prise de Bab al-Aziziya mardi après-midi, une victoire avant tout symbolique, l'immense complexe ayant été déserté, a provoqué une explosion de joie à Benghazi, fief des rebelles dans l'Est, et à Tripoli, donnant lieu à d'énormes embouteillages dans un vacarme de klaxons et de tirs.
Après cette victoire, les rebelles ont annoncé mercredi une récompense de près de 1,7 million de dollars (2 millions de dinars libyens) pour la tête de Mouammar Kadhafi, mort ou vif, offerte par des hommes d'affaires libyens.
"Les membres du cercle rapproché (de Mouammar Kadhafi) qui le tueront ou le captureront auront l'amnistie garantie par le peuple", a par ailleurs indiqué le chef du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique des rebelles, Moustapha Abdeljalil.
"Le régime de Mouammar Kadhafi ne sera pas fini tant qu'il ne sera pas capturé vivant ou mort", a-t-il dit, en soulignant que "son comportement nous fait redouter une catastrophe", sans plus de précision.
Le mystère reste complet autour du lieu où se trouverait le "Guide" libyen, qui a défié une nouvelle fois la rébellion dans deux messages sonores.
Dans le premier, diffusé dans la nuit par la chaîne de télévision al-Orouba, Mouammar Kadhafi a affirmé qu'il s'était retiré de son QG pour des "raisons tactiques".
"Je me suis promené incognito, sans que les gens me voient, et j'ai vu des jeunes prêts à défendre leur ville", a-t-il par ailleurs affirmé dans le second message, diffusé par la télévision Arrai.
Les combats ont fait plus de 400 morts et 2.000 blessés depuis l'assaut de Tripoli lancé samedi par les rebelles, et près de 600 soldats partisans de Kadhafi y ont été capturés, avait déclaré M. Abdeljalil mardi.
Selon le colonel rebelle Abdallah Abou Afra, le territoire libyen est désormais "à 90% ou 95% sous le contrôle de la rébellion".
Pour autant, sur le front Est, les rebelles ont indiqué faire face à une résistance inattendue des forces loyalistes à Ben Jawad, entravant leur progression vers le fief kadhafiste de Syrte.
Les forces pro-Kadhafi ont mis en place tout un système de lignes de défense pour barrer l'accès à Syrte et n'ont pas donné suite à ce stade aux propositions de négociation.
Mardi, les rebelles avaient rapidement progressé vers Ben Jawad, à 50 km à l'est de Syrte, après avoir pris un autre verrou, Ras Lanouf.
Le président français, Nicolas Sarkozy, et son homologue américain, Barack Obama, sont convenus de "poursuivre leur effort militaire" jusqu'à ce que "Kadhafi et son clan" déposent les armes.
Les Etats-Unis ont aussi indiqué travailler à débloquer dans les prochains jours "entre 1 et 1,5 milliard de dollars" d'avoirs libyens gelés pour venir en aide aux rebelles. Londres et Paris se sont aussi joints aux efforts diplomatiques visant à débloquer certains des actifs libyens gelés.
Toujours réticent, le président russe Dmitri Medvedev a estimé qu'il y avait "deux pouvoirs" en Libye et jugé des négociations nécessaires. Mais il a dit que Moscou serait prêt à établir des relations avec les rebelles s'ils parvenaient à unifier le pays.
Le Nicaragua a dit pour sa part qu'il serait prêt à accorder l'asile à M. Kadhafi, qui voit son régime s'effriter après 42 ans au pouvoir.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 24-Aug-2011 à 22:23:07  Partager:   :  |
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