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Nord ivoirien:Après la guerre,le déluge


[IMG1]Les pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers mois sur plusieurs États africains n’ont pas épargné la Côte d’Ivoire. Reportage au nord du pays, dans les anciennes zones rebelles, où la désorganisation est telle que tout bilan des victimes et des dégâts matériels est impossible et par conséquent les secours.

Les populations du Nord ivoirien redoutent toujours le retour des pluies diluviennes. Même si ces dernières ont baissé un peu d’intensité, rien n’indique encore leur arrêt définitif, en cette fin d'octobre. Depuis août, il pleut abondamment sur plusieurs régions du pays comme la sous-préfecture de Boundiali, située à plus de 730 km au nord d’Abidjan, la métropole économique. Fin septembre, un déluge s'est abattu sur le village de Mourlaye Silué, qui, sous une pluie battante, a dû creuser des rigoles pour évacuer le trop-plein d’eau de ses sept hectares de riz repiqué. Cet homme de 35 ans n'avait jamais vu pareille inondation : dans son champ, l’eau lui arrivait jusqu’aux genoux. "Mon riz est emporté et je ne peux plus faire grand-chose, car la période de repiquage (juin à août, Ndlr) est passée !", se plaint-il, transi d'humidité.

Plusieurs villages et villes du Nord ivoirien, occupé depuis le 19 septembre 2002 par les Forces nouvelles (ex-rebelles) et en voie de réunification avec le Sud "loyaliste", offrent le même spectacle de désolation. Aller de Korhogo à Ferkessedougou en passant par Dikodougou, Sirasso est devenu un calvaire. Partout, des ponts détruits, des pistes rurales et des routes détrempées, des cases, des greniers et des écoles démolis, des champs gorgés d'eau… En l'absence de structures publiques, nul ne peut chiffrer les dégâts causés par les inondations ni faire un bilan complet même approximatif des victimes.

Le 24 septembre dernier, dix personnes sont mortes noyées à Korhogo tandis qu’à Boundiali, une femme sur le point d'accoucher est décédée faute d'avoir pu arriver à temps au centre de santé en raison du mauvais état de la route. Même par temps sec, le transport est malaisé dans cette zone où, pendant près de 5 ans, les belligérants de la crise ont été plus préoccupés par la guerre que par le développement des infrastructures routières.

"Vengeance divine"

Riziculteur à N’agadana, dans la sous-préfecture de M’bengué, Zanaplé Coulibaly, un quadragénaire père de quinze enfants, a perdu à lui seul une quinzaine d’hectares. "Cela fait près de dix ans que nous n’avions plus vu des crues du genre, dit-il d'un ton morne, en tirant à coups réguliers sur sa pipe. Nous pensions que c’était fini et nous avions commencé à cultiver le riz dans les bas-fonds qui bordent le fleuve. Erreur !" Amidou Berthé, conseiller agricole, rectifie : pour lui, cela fait environ vingt ans que pareil phénomène ne s’est plus produit.

"Pendant la saison pluvieuse, nous enregistrions souvent entre 100 à 200 mm de pluie, selon les régions. rappelle-t-il. Mais depuis août dernier, ce chiffre a considérablement augmenté." De combien ? Difficile de le dire tant la confusion est grande. Du fait de la guerre, il n’existe plus de service de météorologie. Avec le processus de paix, l’administration commence seulement à se redéployer au nord du pays.

Le manque de données fiables encourage les rumeurs les plus folles sur les causes de ces inondations. "Pour la plupart de nos compatriotes, la faute est à la guerre qui a répandu le sang de tant d’Ivoiriens, rapporte l’enseignant à la retraite Madouplé Coulibaly. Fâchés, les ancêtres et les génies seraient en train de venger ces morts en faisant tomber de très grosses pluies après les avoir délibérément retardées". Les populations, en majorité analphabètes, ont beau entendre parler d’inondations similaires à Abidjan ainsi que dans d’autres pays africains (Ghana, Togo, Burkina-Faso…), elles ne s'en considèrent pas moins comme victimes d’une vengeance divine.

Le déboisement incriminé

"En fait, explique sous anonymat un technicien agricole, ces pluies sont les conséquences du déboisement accéléré opéré depuis le début de la crise politico-militaire, notamment par les ex-rebelles qui ont exploité anarchiquement les forêts classées et en ont vendu le bois au Burkina-Faso, au Mali et au Ghana." Inquiètes depuis plusieurs années déjà des conséquences du déboisement, des ONG telles que le Programme de santé communautaire et de développement (PSCD) encouragent les ménages à limiter la consommation du bois de chauffe en utilisant les foyers améliorés. En vain…

Pour le moment, la même question hante tout le monde : comment survivre ? Sans grands moyens, les organismes humanitaires locaux n’offrent presque aucune assistance aux sinistrés. "Pour bénéficier d'aide, il nous faudrait savoir avec plus de précisions l’effectif des victimes et les dégâts subis avant d’alerter les partenaires internationaux comme la FAO (Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture)", affirme Sylvain Fraissé de l’Ong Action contre la faim. Installées dans des écoles, certaines victimes passent la journée sur des nattes de fortune, au milieu du cliquetis des ustensiles de cuisine.

Les prévisions de récoltes ne sont pas bonnes et "nous redoutons une disette", s’alarme Benoît Sina Soro de l’Ong Animation rurale de Korhogo. Même crainte de l’infirmier Ernest Kanga qui relève "une augmentation du nombre des malades du palu" tout en se réjouissant cependant qu’il n’y ait pas de cas déclarés de choléra. Chaque jour, les populations redoublent de prières, suppliant les gros nuages noirs qui continuent de s’amonceler de s’éloigner de leurs régions. Les ancêtres vengeurs entendront-ils leurs cris ?

Ditiba Semper Ouaris
''Syfia'', partenaire de Africaguinee.com


  Rubrique: News Afrique  date: 25-Oct-2007 à 01:47:49  Partager:   :

 

 
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